Critique de film

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Death Bed: The Bed That Eats

"Death Bed: The Bed That Eats"
affiche du film

L'histoire d'un pieu qui mange. Rien de moins...

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Clip - Death Bed : The Bed That Eats (1977)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Death Bed : The Bed That Eats - Bed and breakfast
Par : Seb Brunclair

Death Bed : The Bed That Eats. Rarement un titre de film n’avait aussi bien délimité son concept. Parce que oui, je vous le donne en mille : le film raconte l’histoire d’un lit…qui mange. Des gens, des fruits, des fleurs,… Le bougre n’est pas très difficile. Mais cela ne l’empêche pas d’être civilisé, attention : quand il dévore une pomme, il recrache le trognon. Quand il s’enfile du poulet frit, il laisse les os et le seau. Parce que oui monsieur, on peut être un lit possédé par une entité démoniaque, mais rien n’oblige à se comporter comme un sauvageon.

Mais n’allez pas croire que notre cher gourmet se ballade librement dans la nature en quête de son prochain casse-croûte. Non, en tant que « simple » mobilier, le lit-démon est immobile et attend bien sagement dans une maisonnette au fin fond d’un bois ses prochaines victimes, impatientes de s’allonger dans un endroit glauque au milieu de nulle part (et croyez-le ou non, mais cela semble être une activité courante dans le monde de Death Bed). Entre deux repas, un artiste prisonnier de sa propre peinture lui tape la causette et fait office de narrateur.

Pas besoin d’en dire plus sur le « scénario » : après avoir parcouru ces quelques lignes (voire à la simple lecture du titre), vous savez déjà probablement si vous allez vénérer ce film, ou vite passer à autre chose. Porté par un pitch ahurissant, Death Bed : The Bed That Eats est tout ce que son titre promet : une plongée dans le merveilleux monde du n’importe quoi. Pur produit des seventies, le (seul et unique) métrage de George Barry est probablement issu d’un long trip sous acide.

Ici, tout transpire l’amateurisme, du jeu des acteurs, aussi enthousiastes qu’un Derrick des grands jours, à la post-synchro désastreuse en passant par les décors réduits au strict minimum. Et pourtant…Death Bed captive. Oui, carrément. Avec son atmosphère combinant l’inquiétant (le film débute sur un fond noir d’une minute, accompagné du son d’une pomme en train de se faire croquer) et le franchement risible(le rejet des restes de nourriture), ses plans nichons totalement gratuits et ses flash-backs réguliers sur l’histoire du lit démoniaque, le film se révèle fascinant à sa façon. On est clairement face à un cas à part, à mille lieues des exigences des studios. Pour la petite histoire, George Barry n’a d’ailleurs jamais trouvé de distributeur à l’époque. C’est seulement en 2003, en constatant que des copies circulaient, que le réalisateur d’un jour s’est souvenu qu’il l’avait réalisé (!) et a décidé de le sortir en DVD.

Perdu dans les méandres du cinéma de genre, Death Bed : The Bed That Eats (comment peut-on se lasser d’un tel titre ?) est un mauvais film qui mérite d’être vu rien que pour son concept surpuissant, et parvient à faire regretter que George Barry n’ait pas persévéré dans le métier. En bref : une friandise hautement recommandée pour les adeptes de bizarreries filmiques.


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