Critique de film

pub

The Dead

"The Dead"
affiche du film

Après le crash d’un vol d’évacuation, le lieutenant Brian Murphy doit survivre en milieu hostile : un territoire dominé par les morts-vivants en pleine Afrique de l’Ouest.

pub


Trailer - The dead (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Dead - Africa Addio
Par : Seb Lecocq
Tags : PIFFF 2011

Il y a des petits films comme ça dont on n’attend rien et qui nous mettent une bonne mandale dans la tronche. C’est le cas de The Dead, découvert au PIFFF. Lassé des morts-vivants qui, sur 100 m, mettent 2 secondes dans la vue à Usain Bolt, quelle ne fut pas ma surprise d’en voir un blafard titubant, avec une jambe à moitié arrachée, dans le désert du Burkina Faso. Si j’étais Marcel Proust, The dead serait ma madeleine. Dès que les images heurtèrent mes rétines, un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. Cette essence, c’est celle émanant des zombies flick de Romero et Fulci que je découvris adolescent et qui ont tout entier forgé mon amour pour le cinéma de genre.

The Dead c’est l’histoire toute simple d’un militaire américain perdu dans une Afrique de l’Ouest ravagée par une invasion de zombies. L’esprit du film, résolument old school, peut se résumer dans une seule scène qui met en lumière toutes les qualités mais aussi les défauts de cette œuvre aussi imparfaite qu’attachante. Cette scène met aux prises Bryan Murphy, ledit lieutenant américain, à un zombie désarticulé. Ce dernier marche vers l’Américain qui, lui, se contente de faire un pas de côté pour l’éviter et poursuit sa route. Toute la substance et la moelle du film est contenue dans ces quelques plans. Un rythme lent, qui prend son temps. Les frères anglais s’inspirent de Romero et de Fulci plus que du survitaminé Zack Snyder, la mise en scène est classique, les plans sont bien cadrés, pas de shaky cam, les décors naturels stupéfiants de l’Afrique Noire magnifient cette histoire et posent les bases d’un univers inédit et novateur. De Fulci, les frères Ford retrouvent ces ambiances apocalyptiques d’un monde désenchanté et en déliquescence totale. Une certaine idée du gore aussi, un gore sale et gras, des zombies putréfiés et apathique puis des villages fantômes, en putréfaction, d’où s’exhale l’odeur de la mort et de l’abandon. De Romero, ils conservent les zombies, lents, empruntés et maladroits. Inoffensifs pris individuellement mais extrêmement dangereux en masse. Et des morts-vivants, The Dead en regorge par milliers. Ils surgissent n’importe où, n’importe quand, créant un danger de tous les instants, obligeant les survivants à être sans cesse sur leur garde. Les frères Ford introduisent aussi une petite touche politique au travers de certains dialogues entre les Africains et cet Américain perdu. On peut aussi, bien entendu, opérer un parallèle entre ces zombies et l’histoire d’une Afrique colonisée et pillée par le passé. Les frères Ford remontent encore plus loin dans l’histoire du film de zombies en rendant de furtifs hommages au White Zombie et aux origines du mythe haïtien originel du zumbi.

The Dead fourmille de qualités de mise en scène, de production value et de réalisme dans le fantastique héritées des deux grandes figures citées plus haut. Mais de leurs deux maitres à penser, les frangins ont aussi hérité des défauts. Le rythme est très aléatoire, certains moments creux plombent un peu le déroulement de l’histoire et instaurent un rythme flottant, en sommeil, attendant l’arrivée des morts vivants pour se réveiller. Un scénario dépouillé, vide diront les mauvaises langues, qui, de par sa construction et son déroulement, emprunte énormément au road movie. Le héros, lui aussi, est très italien dans sa maladresse. Son manque de charisme rappelle en effet tout un tas de comédiens américains partis cachetonner dans des série B ou Z transalpines. Ce jeu rajoute encore une couche au côté « années 80 » de l’ensemble. La vraie force du film est de transformer ses défauts en qualités : un héros maladroit et un peu « boulet » sur les bords devient attachant et incroyablement humain, le rythme aléatoire voire ennuyeux rend le film plus réaliste, hypnotique même. Le seul vrais gros défaut de The Dead est son absence de scope, agrément incontournable face à tant de magnificence au niveau de l’arrière-plan. Les frères Ford parviennent à hisser très haut une petite série B, en tirant des profits maximums d’un budget restreints et des circonstances d’un tournage qui s’est avéré épique.

Les frères Ford signent là un excellent film de zombies, innovant et réussi, rendant hommage à leurs maitres mais sans sombrer dans le plagiat ni la déférence impersonnelle car The Dead ressemble avant tout à lui-même grâce à des images sublimes, des paysages désolés et une ambiance vraiment macabre. Un road movie désincarné, désenchanté résolument old school qui fait des Frères Ford, un duo à suivre de près.


Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 18313
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017
affiche du film
The Circle
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage