Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Cela fait plus d'un an que l'Epidémie s'est déclarée. Notre société s'est effondrée et le monde a sombré dans le chaos, transformant les humains en cadavres zombiesques. Elvis et Twitter les deux derniers êtres vivants décident d'unir leurs forces pour fuir les Etats-Unis vers une île lointaine des Caraïbes. Sur cette île, ils trouvent une nouvelle communauté qui resiste tant bien que mal à une armée de zombies, ils vont devoir se plier à leurs règles et s'unir pour tenter de survivre.
Et un nouveau film de zombies, un. Vous l’avez sûrement remarqué : que ça soit au cinéma, dans les jeux vidéo ou la littérature, impossible d’échapper aux bouffeurs de chair humaine. Difficile dans ce cas de se faire une place au soleil. De soleil, il en est question dans ce Dead Season, qui envoie les immondes créatures transformer de pauvres survivants en bouillie sur une île tropicale. Mais est-ce qu’un changement d’air est suffisant pour sortir la tête de l’eau (turquoise, dans le cas présent) ?
La base du récit est classique : suite à une épidémie ayant conduit les morts à se réveiller et à manger tout ce qui leur passe sous la dent, la population mondiale a pris un gros coup dans la tronche. Deux rescapés, Elvis et Tweeter, pensent trouver la clé de leur survie en embarquant pour une île isolée, supposée loin de toute cette folie. Sur place, ils se rendent compte qu’ils auraient mieux faire de lire plus attentivement la brochure et se retrouvent face à d’autres zombies, mais pas seulement.
Une colonie de survivants a élu domicile sur l’île et met bien vite, menaces à l’appui, les nouveaux arrivants au courant des règles qu’ils devront respecter s’ils veulent faire partie de cette communauté. Entre des valeurs parfois corrompues et une conception bien particulière de la vie humaine, autant dire que la colocation s’annonce difficile…
A l’instar de la saga The Walking Dead, l’équipe derrière Dead Season a tenu à se focaliser sur les aspects humain et psychologique d’une invasion zombiesque et à éviter autant que possible des scènes d’affrontement superficielles et gratuites. Pas la peine donc d’espérer des explosions de crâne au fusil à pompe et autres vols de tripailles toutes les 5 minutes, du moins pas durant la majeure partie du film. Sa plus grande force est d’ailleurs de parvenir à installer une belle progression dans son rythme, passant de manière cohérente de scènes d’un calme relatif à un final bourrin mais parfaitement maîtrisé, le tout sur fond d’une tension de plus en plus grandissante.
Le réalisateur et ses co-scénaristes ont également pris soin de contourner au maximum tout manichéisme : dans un monde dévasté où les humains luttent pour leur propre survie et celle de leurs proches, n’importe qui est susceptible de devenir un monstre si le besoin s’en fait sentir. Les personnages, sans être des modèles de charisme, sont donc majoritairement bien écrits et leurs motivations sont réalistes. Ils sont interprétés par d’illustres inconnus, dont Marissa Merrill, une charmante jeune femme aux faux airs de Milla Jovovich, pour le plus grand plaisir des yeux (et oui, bande de pervers, il y a du plan nichon).
Il ne faut évidemment pas attendre une révolution du genre de la part de Dead Season. Sans jamais vraiment s’éloigner des codes, et malgré des scènes d’action manquant parfois de punch (petit budget oblige) et quelques petits coups de mou, le film parvient néanmoins à retenir l’attention jusqu’au dénouement, frénétique et réellement efficace. Un film de zombies de plus, certes, mais de qualité.
Dans le genre zombiesque, Dead Season ne fait peut-être rien de nouveau, mais il le fait bien. Sorte de fils illégitime de The Walking Dead et du jeu vidéo Dead Island, le film d’Adam Deyoe est une agréable, bien qu’imparfaite, promenade en territoire zombie qui satisfera ceux qui attendent du genre autre chose qu’un énième jeu de massacre. Espérons voir débarquer plus d’œuvres de cet acabit, pleines de bonne volonté, et à mille lieues de bouses opportunistes comme Eaters.
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