Critique de film

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Darkness

"Darkness"
affiche du film

Il y a quelque chose dans cette maison, quelque chose d'ancien et de sombre qui demeure caché, immobile et silencieux. L'obscurité est son univers. ELLE ne se déplace que quand il fait noir. ELLE en tire même son nom. ELLE vit là depuis quarante ans, dans cette maison au passé terrible, écrin d'un acte odieux, d'une barbarie épouvantable : sept enfants, des gens sans visages, un rituel bien rodé, et du sang, beaucoup de sang... Mais un grain de sable interrompt le rituel et en fige les acteurs. C'est pourquoi ELLE attend là depuis quarante ans, ELLE attend une délivrance. Une nouvelle famille emménage dans la maison, il y a un petit garçon. Un papa extrêmement nerveux, qui contrôle mal ses excès de colère. Une famille idéale, une cible idéale, au bon endoit au bon moment, enfin...

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Trailer - Darkness (2002)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Darkness - Le peuple des ténèbres
Par : Damien Taymans
Tags : Fantômes

Une famille installée en Amérique revient en terre paternelle en retrouvant l’Espagne enfantine toujours habitée par le grand-père médecin. Nouvelle vie, nouveau départ pour la famille qui connut de nombreux soucis outre-Atlantique notamment à cause des crises fréquentes dont le paternel est apparemment sorti guéri. La maison dans laquelle ils emménagent semble être peuplée de fantômes malfaisants qui s’en prennent à Paul, petit frère de Regina, persuadée que les marques qu’il porte sur le corps émanent de son père qui replonge peu à peu dans une folie destructrice…

Trois ans après s’être imposé dans le panorama ibérique du cinéma de genre avec son polar à suspense La secte sans nom, Jaume Balaguero, porte-drapeau de la nouvelle génération fantasticophile hispanique, revient avec ce Darkness, davantage engoncé dans la veine que le réalisateur affectionne tout particulièrement, à savoir l’épouvante pure et dure. Produit par Brian Yuzna et sa firme Filmax, le métrage de Balaguero se révèle teinté d’une envie inhérente de se tourner vers un cinéma plus international notamment par le biais d’un casting cosmopolite (Anna X-men Paquin, Giancarlo Hannibal Giannini, Lena La neuvième porte Olin) et d’une anglicisation des dialogues. Ne se réduisant pas à un package destiné à séduire les Angles et Saxons situés outre-Manche et outre-Atlantique, Darkness conserve des racines solidement implantées dans le sol ibère en arborant un cinéma davantage expositif que fonctionnel (malgré quelques belles scènes de trouille) et une intrigue empreinte de la fibre merveilleuse des récits fantastiques méridionaux.

Exploitant la peur du noir comme d’autres œuvres à la même époque (Le peuple des ténèbres ou le quasi homonyme Darkness falls), Darkness repose sur une trame narrative minimaliste empruntant largement aux classiques des maisons hantées (notamment Shining, Amityville, avec lesquels il partage la thématique de la cellule familiale qui se désagrège en raison d’un paternel modifié dans sa chair et son esprit, et La maison près du cimetière pour les apparitions fantomatiques et leur introduction dans le monde des humains) pour mieux imposer une atmosphère inquiétante, relativement anxiogène, remarquablement soutenue par les multiples expositions volontairement inertes et les travellings qui étendent le champ tout en se concentrant sur les éléments qui s’y trouvent, offrant du même coup une visualisation globale mais encadrée, propice à l’effroi claustrophobique. Des procédés filmiques convenus mais efficaces qui entrent en opposition avec le phénomène ghost story asiatique qui se développe, par imitation et limitation, dans le cinéma occidental. Cinéma atmosphérique encombré, il est vrai, d’un flagrant manque de rythme et de personnages enquillés jusqu’au cou par l’esquisse maladroite de leur personnalité (le père devenant fou, l’enfant martyrisé, la grande sœur attentive, la mère absente, une foule de poncifs largement épuisés), une minimalisation contrebalancée par des acteurs sublimes ou chancelants qui habitent du mieux qu’ils peuvent les caractères qui leur sont confiés. C’est qu’il n’est pas évident d’évoluer au sein d’une entreprise plus visuelle que narrative, davantage centrée sur la forme que sur le fond. Scénaristiquement lacunaire, le métrage de Balaguero compense, à l’instar de son précédent opus, par une peinture ténébreuse au sein de laquelle l’obscurité devient le protagoniste principal.

Décrit par certains comme un usurpateur qui calfeutre des histoires insipides lézardées par de la poudre aux yeux, Balaguero prouve une fois de plus qu’il n’est pas de ceux-là et que, fort de ses expériences, il grandit avec le temps, imposant du même coup petit à petit un style hybride autant teinté de l’univers romantique méridional que de celui, plus brut, des nostalgiques anglophones, un style personnel en somme, en phase avec un créateur expérimentateur en passe de devenir l’un des meilleurs artisans de cette résurrection ibérique.

Commentaires sur le film

Balaguero, mon idole

4 etoiles

Excellent film de Balaguero, l’un des maîtres de ces dernières années...

19 septembre 2008 à 17:09 | Par jp22
Noir c’est noir.

3 etoiles

En dépit d’un usage très sélectif et manichéen, et donc réducteur, du symbole d’ouroboros, Darkness porte admirablement les fêlures essentielles de son temps. Entre des parents qui n’ont que leur propre détresse à offrir à leurs enfants, et toute une civilisation occidentale qui conduit fatalement sa descendance dans les ténèbres et le chaos, comme si c’était inévitable, le film de Balaguero frappe un grand coup sur la table. Ce n’est certes qu’un poing qui tape sur la table. Mais l’esthétique est remarquable.

24 août 2011 à 14:08 | Par Fred Bau

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