Critique de film

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Dark Tourist

"The Grief Tourist"
affiche du film

Un jeune homme dérangé voit son obsession des serial killers se retourner contre lui.

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Trailer - Dark Tourist (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dark Tourist - Sombre héros
Par : Seb Brunclair
Tags : BIFFF 2014

Jim Tahna, veilleur de nuit solitaire, est ce qu’on appelle un « dark tourist ». Pas question pour lui de passer ses vacances à se dorer la pilule au bord d’une piscine dans un hôtel ultra-fréquenté : son truc, c’est de visiter des lieux tristement célèbres pour avoir été les terrains de jeux de psychopathes en tout genre. Cette fois, il jette son dévolu sur Carl Marznap, un célèbre pyromane, et se rend dans sa ville natale pour suivre le parcours de ce dingue de l’allumette. Petit à petit, au contact de cette ambiance macabre, Jim va voir ressurgir ses propres souffrances, au risque d’éveiller en lui certaines pulsions peu recommandables…

Dark Tourist pourrait être qualifié de « feel bad movie », tant son réalisateur Suri Krishnamma et son scénariste Frank John Hugues s’escriment durant toute la durée du métrage à installer une ambiance sombre, pesante et malsaine, sans la moindre nuance d’optimisme ou d’humour pour mieux faire passer la pilule. Même l’idylle naissante entre le personnage principal et une serveuse jouée par la botoxée, mais toujours charmante, Melanie Griffith sent mauvais dès le départ, tant le personnage de Jim s’enfonce d’emblée dans des mensonges éhontés sans aucun respect pour cette femme qu’il sait vulnérable. Et forcément, on comprend immédiatement que tout ça ne pourra que finir mal.

Et si certains thrillers arrivent sans peine à manier une atmosphère poisseuse et des personnages perdus d’avance, ce n’est aucunement le cas ici. À force de pessimisme, le tout en devient carrément risible, à l’image de ce patron de motel miteux à l’accent russe, clope au bec et tatouages proéminents, tout droit sorti du grand livre des clichés ambulants. En parlant de clichés, on n’échappera pas à l’insupportable voix off omniprésente de Jim, l’artifice préféré des réalisateurs peu inspirés visuellement, qui alourdit considérablement le rythme du film.

Dans cette mêlasse interminable, seulement secouée par dix dernières minutes brutales mais vaines, c’est au pauvre Michael Cudlitz qu’il incombe de porter tout le projet sur ses épaules, qui se révèlent bien solides : intense et possédé par le rôle, le comédien est le seul élément qui permet à Dark Tourist de ne pas s’effondrer dès la première scène. Plutôt habitué aux seconds rôles et aux séries télé, sa performance donne vraiment envie de le revoir au premier plan dans des projets plus aboutis.

Gonflant là où il devrait se montrer prenant, Dark Tourist souffre d’un premier degré étouffant tant le réalisateur semble décidé à nous mettre mal à l’aise, quitte à se vautrer dans le ridicule. Le film joue donc avec nos nerfs, mais malheureusement pas comme il l’aurait souhaité.

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