Critique de film

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The Dark Knight, le chevalier noir

"The Dark Knight"
affiche du film

Batman, avec l'aide du Lieutenant Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, continue sa guerre contre le crime. Bien que ce partenariat entre les trois figures de Gotham semble porter ses fruits, les trois hommes vont vite se retrouver en proie à un véritable chaos émanant du criminel le plus intelligent et le plus terrifiant qu'ils n'aient jamais rencontré, connu sous le nom du Joker.

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Trailer - The dark knight (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Dark knight - Sombre héros
Par : Chroniqueurs
Tags : Super-héros

Par Swan

SupermanBatman ReturnsThe CrowSpider-Man 2… Les authentiques chefs-d’oeuvre parmi les films de super-héros se comptent sur les doigts d’une main. A cette liste particulièrement chiche, avant d’avoir des nouvelles de Hellboy 2 vient désormais s’ajouter The Dark Knight, qu’en préambule de cette critique je n’hésite pas à décréter officiellement : « le meilleur film de superhéros de tous les temps. » Et pourtant, dans le cas du nouveau film de Christopher Nolan cette étiquette va très vite s’avérer extrêmement réductrice.

The Dark Knight n’est finalement pas tant un film de superhéros qu’un film de héros récalcitrant. Quand nous retrouvons Batman (Christian Bale), quelques temps après les évènements décrits dans Batman Begins, le vigilante aux oreilles pointues est bien décidé à raccrocher sa cape et à laisser sa place de sauveur public au procureur Harvey Dent (Aaron Eckhart), un justicier populaire, déterminé et droit, admiré par les électeurs et craint par la pègre. Avec l’aide inestimable de Dent et du Commissaire Jim Gordon (Gary Oldman), le Caped Crusader entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de Gotham sous la tutelle du parrain Salvatore Maroni (Eric Roberts). Leur association s’avère efficace mais c’est sans compter sur l’apparition d’un nouveau génie du crime bien décidé à semer le chaos et la terreur sur la ville : le Joker (Heath Ledger) dont l’art de la manipulation et un goût prononcé pour l’anarchie la plus explosive vont changer la donne de manière irréversible.

Batman aura connu à l’écran (petit ou grand) des fortunes diverses : pantin coloré secondé par sa copine Robin dans le feuilleton art-déco kitschissime des années 60 (Bang ! Splash ! Whack ! Pow !), héros torturé dans le premier opus de Tim Burton, éclipsé par ses adversaires dans ce chef-d’œuvre gothique qu’était Batman Returns, il redevient ensuite sous la direction de cette grande folle de Joel Schumacher un faire-valoir sans intérêt (si l’on excepte des tétons en cuir sur son costume et un postérieur bien moulé !) dans Batman Forever et, que Dieu leur pardonne, dans Batman & Robin, une abomination filmique fluorescente aux accents gay, abyssale de crétinerie qui plombera la franchise pendant presque une décennie et à propos de laquelle George Clooney s’excuse encore. Les admirateurs de la chauve souris devront se rabattre sur l’excellente série Batman – The Animated Series où le héros créé par Bob Kane retrouvait de sa superbe dans des aventures sombres et fascinantes très proches du comic. Avec sa relecture du mythe Batman Begins, Christopher Nolan nous proposait les origines d’un Batman plus sérieux, plus ancré dans le réel et posait les jalons d’une nouvelle franchise prometteuse. Si son film souffrant de quelques scories était néanmoins de très bonne facture, rien ne nous avait préparé à cette bombe cinématographique qu’est The Dark Knight, sans aucun doute possible le meilleur film de son auteur.

S’il est une chose qui fait de ce Dark Knight le meilleur film de superhéros de tous les temps, c’est paradoxalement le fait que JAMAIS Nolan ne nous donne l’impression de regarder un film de superhéros : Batman et ses ennemis évoluent dans un monde réel et tangible, loin des divertissements popcorn estivaux à la Iron Man ou The Incredible Hulk destinés à un public d’ados. Leurs masques et costumes les marginalisent encore un peu plus dans ce Gotham terrifiant parce que gangrené par le crime et la corruption, faisant d’eux des « freaks » plutôt que les habituels héros / méchants. Christopher Nolan signe ici, non pas un comic book movie mais bel et bien une fresque policière aux accents shakespeariens, un film de gangsters urbain qui rapproche son film des œuvres de Michael Mann, aussi bien au niveau du ton, irrémédiablement adulte, qu’au niveau esthétique. La gestion de l’espace est tout simplement remarquable : Gotham City devient sous nos yeux un personnage à part entière, antichambre des enfers et métaphore alarmante de nos vraies métropoles. La scène d’ouverture, un braquage de banque organisé par le Joker est une expérience immersive percutante et une vraie leçon de mise en scène. Ce Gotham mémorable plongé dans les ténèbres est donc ici le théâtre rendu réaliste et crédible d’une foire aux monstres où l’implication émotionnelle du spectateur est totale. La violence est sèche, le spectacle est épique (2h32 !) et les scènes d’action sont toutes superbes, haletantes et spectaculaires, Nolan ayant visiblement appris de ses erreurs sur Batman Begins. Les mioches qui pensent assister à un nouveau Batman & Robin (antithèse complète de ce film) en sortiront traumatisés ! D’une noirceur absolue, anti-commercial, courageux et casse-gueule ! Christopher Nolan dont le talent n’a jamais été aussi éclatant transcende la franchise.

Son scénario cosigné par son frère Jonathan est pratiquement parfait. Peu intéressés à l’idée de tourner « une suite », les frères Nolan nous proposent une œuvre très dense et se suffisant à elle-même. Leur écriture préfère fouiller la psyché des personnages et soigner la construction dramatique en définissant au préalable le thème principal de leur film. Là où le premier volet traitait de la peur et de la schizophrénie, The Dark Knight aborde quant à lui le thème du pouvoir et de ses ramifications menant à la folie ou au crime. L’ampleur de la mise en scène et la qualité de la narration permet à tous les personnages, même les plus secondaires d’exister dans ce maelström de scènes, toutes indispensables (pas une seconde de trop !) avec un équilibre stupéfiant.

Contrairement à Batman Begins dans lequel certains protagonistes (Liam Neeson, Ken Watanabe, Katie Holmes et Morgan Freeman) avaient bien du mal à trouver leur place, ici, ils ont tous sans la moindre exception l’occasion de briller : Michael Caine toujours aussi digne et classieux en majordome (son speech relatant une chasse à l’homme de son passé est une merveille d’écriture), Morgan Freeman malicieux en Lucius Fox, Eric Roberts visqueux en mafieux, Maggie Gyllenhaal belle et lumineuse en Rachel Dawes, et surtout Gary Oldman terriblement attachant en Commissaire Gordon, le dernier flic intègre de Gotham, un rôle qui s’est particulièrement étoffé depuis la dernière fois ! Tous sont excellents et secondent trois têtes d’affiche au diapason.

A l’annonce du casting de Heath Ledger dans le rôle du Joker beaucoup de dents ont grincé. Trop beau, trop lisse, trop « jeune premier » ! Les critiques faisaient déjà la fine bouche : on ne remplace pas Jack Nicholson impunément ! Why so serious ? La performance exceptionnelle et d’anthologie du jeune acteur en étonnera plus d’un dans ce qui restera malheureusement son avant-dernier film. A mi-chemin entre le Alex d’Orange Mécanique et le Daniel Day-Lewis de There Will Be Blood, aux antipodes du bouffon sautillant et cabotin incarné par Nicholson dans le premier Batman, son Joker est une aberration, un cancer en phase terminale qui ronge Gotham à grande vitesse. Ce Joker-là est une purulence, un effrayant psychopathe, cruel, malsain et menaçant qui distille sa violence brutale et son humour noir de mauvais goût (« Je vais vous montrer un tour de magie : je vais faire disparaître ce crayon devant vos yeux… » s’exclame-t-il avant de planter l’objet dans l’œil d’une victime…) sans jamais se départir de son sourire sinistre de mort-vivant prolongé par un tic facial troublant et des cicatrices infectieuses qu’il s’est lui-même infligées… Une véritable ordure sans passé et sans autre motif que sa douleur et sa folie furieuse destructrices. Ce Joker-ci n’œuvre que pour la violence et le chaos. L’argent ne l’intéresse pas. Ce qu’il veut c’est la tête de Batman au bout d’une lance. « I want to see the world burn ! » Les dialogues récités avec fièvre par Ledger sont particulièrement savoureux : il faut le voir se moquer de ses victimes en improvisant pour chaque nouvelle cible un speech totalement différent, justifiant ses soi-disant « motivations », du genre « mon papa ne m’aimait pas… », ridiculisant ainsi la tradition hollywoodienne qui veut qu’un méchant de cinéma ait forcément eu une enfance malheureuse. Magnétique, Heath Ledger bouffe l’écran : un acteur touché par la grâce disparu bien trop tôt et qui signe ici un véritable tour de force qui fait froid dans le dos. Le film est dédié à sa mémoire.

Aaron Eckhart donne lui-aussi la pleine mesure de son talent dans le double rôle difficile de Harvey Dent. D’abord héros frustré, adulé par la foule, charmant, charismatique en diable, idéaliste et amoureux transi, ce « chevalier blanc » ferait presque de l’ombre à Batman aux yeux du public. Une cruelle désillusion et une rencontre inopinée avec le Joker le transformeront en monstre à deux faces (Two Face), un retournement de situation poignant qui transformera le jeune procureur en créature de Frankenstein sanguinaire. Sa souffrance et ses tourments, son destin tragique et son regard intense en bouleverseront plus d’un.

Ce qui fut souvent reproché aux deux excellents films de Tim Burton, c’est d’avoir laissé Batman de côté pour mieux s’intéresser à ses antagonistes. Ici, pas d’inquiétude : The Dark Knight est avant tout LE film de Batman. Toujours interprété par le ténébreux Christian Bale, le Chevalier Noir a gagné en assurance et en motivation. Mais derrière ces apparences trompeuses, Batman / Bruce Wayne est confronté à un véritable dilemme moral quand il réalise qu’avec le pouvoir s’accumulent les responsabilités qu’il ne veut endosser. Gotham a-t-elle encore besoin de lui ? A-t-il le droit de rendre sa propre justice quand ses imitateurs (une troupe de « faux Batman » qui tendent un piège à Maroni) se retrouvent incarcérés ? Batman s’érige en juge et jury mais refuse de devenir exécuteur. Ce pouvoir qu’il possède va bientôt s’avérer lui aussi être à double face et il va petit à petit le rejeter, se déchargeant de ce poids sur Harvey Dent, son remplaçant potentiel et surtout, légitime. Ici, Batman n’est donc pas tant un héros qu’un homme déguisé en chiroptère toujours en proie à ses démons et ses doutes, entre ombres et lumière, d’une compassion et d’une profondeur que Val Kilmer et George Clooney réunis ne peuvent pas même rêver d’atteindre. Le plan final du film, ambigu à souhait, replace le héros dans une perspective morale risquée mais fascinante et prometteuse pour un éventuel troisième chapitre.

Par son souffle épique digne des plus grands cinéastes, son style étourdissant, son ampleur narrative, son scénario aux arcanes fascinantes, sa maestria dans les scènes d’action comme dans les scènes intimistes, par l’excellence de son casting d’exception, par la qualité d’un score puissant cosigné par James Newton Howard et Hans Zimmer, The Dark Knight est tellement plus qu’un nouveau film de Batman ! C’est un chef-d’œuvre précieux, romanesque en diable et dense, qui demande une attention de tous les instants. Un véritable film d’auteur qui va faire date et redéfinir de manière irrévocable la notion de superhéros à l’écran. En compagnie de Batman, plongez dans les ténèbres et expérimentez des émotions inédites dans ce genre de cinéma. Attention au choc ! Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous a pas prévenus !...

Ce soir, quelque part dans une ruelle sombre de Gotham City, Joel Schumacher appelle sa maman…


Critique de The Dark Knight - Gotham brûle
Par : Samuel Tubez

Oubliez les adaptations branchées de comics, jetez aux chiottes les deux bouses de Joel Shumacher (ça, ça devrait être fait depuis longtemps), mettez entre parenthèse les deux petites merveilles de Tim Burton, le Caped Crusader est de retour sous la direction de Christopher Nolan dans un second opus absolument épatant qui prouve que les histoires mettant en scène des héros masqués face à des vilains pas beaux, ce n’est pas seulement destiné aux ados.

Renouveau intéressant, Batman Begins souffrait de légers défauts (des scènes d’action manquant quelque peu d’envergure, des bad guys moyens, une Katie Holmes qui n’avait rien à faire là,…) mais formait un préliminaire très excitant pour la nouvelle carrière cinématographique du justicier chauve-souris. Suite à son plan final où Batman découvrait une des fameuses cartes de visite du Joker, Christopher Nolan nous laissait avec un beau braquemart dans le pantalon à l’issue de la projection. En cet été 2008, le réalisateur parvient carrément à nous mener à l’orgasme grâce à cette suite qui devrait en combler plus d’un. Pas une seconde de trop, pas un personnage qui soit sous-traité, aucune trahison ni d’effets spéciaux numériques tape à l’œil ne viennent entraver cette reconstitution hallucinante d’une Gotham City rongée par le crime et peu à peu envahie par le chaos. Car bien plus qu’un film de super-héros, The Dark Knight est une grande fresque policière (ou criminelle, choisis ton camp camarade !) située dans une mégapole imaginaire. Grâce à une approche réaliste et sombre ainsi qu’à des scènes d’action tendues, le film se rapproche davantage du cinéma de Michael Mann que de celui de Tim Burton, et ce, dès l’excellente scène d’ouverture. De même, il est inutile de le comparer avec ses aïeuls ou avec les autres adaptations de comic books qui pullulent actuellement sur les écrans car le film de Nolan n’a rien à voir avec tout cela, hormis le fait qu’il respecte l’univers et les personnages de l’écurie DC Comics.

Les personnages, justement. Cette fois, aucun d’eux n’est mis de côté et tous bénéficient de prestations remarquables. Aux côtés de ceux qui rempilent (mention spéciale à Gary Oldman qui campe un lieutenant Gordon des plus attachants), les nouveaux venus dépotent sérieusement dont, bien entendu, le regretté Heath Ledger dans la peau du Joker. Le comédien livre une prestation absolument démente de cette perfide incarnation du mal et du désordre. C’est simple, après les agissements du Joker, plus personne n’est le même à Gotham City, et des vilains d’une nouvelle race peuvent alors voir le jour. Harvey Dent (Aaron Heckhart, parfait lui aussi) devient ainsi Pile ou face (joli maquillage croquignolet !), preuve inéluctable que le Mal se répand, forçant même le justicier masqué à passer d’une certaine manière du côté obscur (à nouveau, le final est passionnant et on a hâte de voir la suite).

On pourrait s’attarder et analyser durant des plombes cette œuvre incroyablement dense qu’est The Dark Knight. Thèmes et interrogations faisant écho à notre réalité, multitudes de points de vue, richesse de la mise en scène, rythme et montage diablement maîtrisé, scènes d’action inoubliables, thèmes musicaux obsédants (orchestrés par le tandem Hans Zimmer et James Newton Howard), sentiment de violence omniprésent (et ce, sans verser une seule goutte de sang, PG 13 oblige !), gadgets high-tech, maquillages et détails croustillants (Le Joker, l’horrible visage de Two Face, le téléphone portable abdominal),…. C’est bien simple, en sortant de la projection, on a qu’une seule envie, c’est d’y retourner. Et lorsqu’on y est retourné une seconde fois (pour ceux qui le peuvent, je conseille vivement une projection en digital et en version originale, bien sûr), on ne peut s’empêcher de déjà rêver à l’éventuelle version longue qui pourrait sortir en dvd (le film devait à l’origine durer 3h). Un achat à coup sûr indispensable en attendant que Nolan nous concocte un troisième opus !


Critique de The Dark Knight - "Introduce a little anarchy."
Par : Romain Mollet

Après un premier opus terriblement novateur et efficace malgré quelques défauts bien sentis, l’Homme Chauve-Souris version Nolan revient en force sur nos grands écrans... pour notre grand plaisir ? Non, bien plus que ça. Déjà fort d’un hallucinant marketing pour geeks (que l’auteur de ces lignes à suivi du début jusqu’à la toute fin), le film avait tout pour combler les attentes des cinéphiles tout comme des Batfans ou du public lambda. Mais pourtant, comme on l’espérait tous, The Dark Knight dépasse largement sa condition de blockbuster de super-héros (si l’on peut dire) pour lorgner plus vers le genre du polar, tout en gardant une place privilégiée pour la psychologie. Et Dieu que la psychologie est importante cette fois-ci.

On retrouve donc le Batman, mythe urbain dans les rues insalubres et incertaines d’une Gotham City rongée par le crime. Gotham a fait de Bruce Wayne un vigilante masqué, et à son tour le Batman a fait de Gotham ce qu’elle est aujourd’hui : un immense et luxueux trou à rat où le danger, omniprésent, attise tous les détraqués du monde. C’est là que Le Joker entre en jeu, un manipulateur psychopathe sans pitié et sans morale qui compte bien enfler le flot de folie que contient la ville, quitte à utiliser la pègre et les habitants de la ville. Comme un terrain de jeu, en quelque sorte. Après tout, c’est bien un cinglé costumé qui veille sur elle, avec l’aide de quelques policiers et politiciens honnêtes, Jim Gordon et Harvey Dent en tête, deux héros... deux vrais héros.
Ce qui suffit à notre héros pour ne pas sombrer dans la folie, du moins pas encore. Car Le Joker a plus d’un tour de magie (j’en rigole encore) dans son sac, et c’est bien ce qu’il compte faire : propager l’anarchie dans cette ville infernale, semer la panique et rendre les gens normaux aussi fous que les deux originaux qui règnent sur la ville.

C’est ainsi que "TDK" frappe fort, le film possède un thème omniprésent et obsédant, celui de la folie. Une folie malsaine qui touche tout le monde. Aussi bien le héros aux oreilles pointues, dépassé par ses conditions, que le procureur général adulé de tous mais borderline lorsque sa vie est menacée, jusqu’au coup d’éclat final : une horrible défiguration à l’image de la dangereuse ville, d’un côté le Bien, de l’autre le Mal. Une ville à l’ambiance quasiment inspirée par les univers nocturnes de Michael Mann, mais surtout très réaliste par rapport à notre époque, où l’avenir de chacun est incertain à cause de la folie ambiante qui règne sur le Monde, le vrai, celui dominé par le terrorisme.
"Terroriste". C’est le terme que l’on pourrait utiliser pour Le Joker si on ne lui préférait pas les termes de "freak" ou de "cinglé" "manipulateur". Ca oui, ce Joker change des versions criardes de Cesar Romero et Jack Nicholson. Mon Dieu, oui. Ce passionnant Joker est l’incarnation parfaite de la peur. La peur menaçante, qui inspire un malaise certain chez le spectateur qui, troublé, ne sait plus s’il doit en rire ou en trembler. Car le bougre fouille au plus profond de chacun, et sait déceler les parties sensibles de notre personnalité, il contrôle à volonté quiconque se trouve à sa portée. Ainsi, lorsqu’il raconte les deux différentes origines de ses cicatrices, elles sont toutes deux adaptées à son "public". Et lorsqu’il rencontre le Batman, la symbiose des deux êtres est évidente à l’écran. Ils se complètent, et bien que Batman meure d’envie d’achever ce salopard, il n’y parviendra jamais.

Tout ça, c’est grce à la performance incroyable de feu Heath Ledger, une interprétation quasi-schizophrénique dérangeante, dont le "duo" avec le génial Christian Bale restera dans les mémoires. Ce dernier fait de Bruce Wayne/Batman deux personnes distinctes : l’une complètement perdue dans ses actes et ses émotions (voire la relation torturée avec Rachel Dawes), l’autre tout simplement brutale et sans véritable état d’âme apparent, passionné par ses gadgets (passionnants, il est vrai) et son désir d’éradiquer le Mal de Gotham, sans jamais franchir LA limite.
L’autre point fort de ce casting, à part les excellents seconds rôles (Gary Oldman en tête, dont le James Gordon prend une impressionnante ampleur, tout comme la géniale Maggie Gylenhaal) : Aaron Eckhart, qui crève l’écran en Harvey Pile-Ou-Face, un personnage dont la personnalité était déjà intrigante dans les comics, et qui se révèle particulièrement dense chez Nolan. D’une complexité passionnante, c’est grâce à son désir de vengeance qu’il devient un vigilante aux méthodes extrêmes, guidé par la voie du crime ouverte par le Joker. Il donne alors au final un impact aussi traumatisant que celui ci est inattendu.

Une fin surprenante, car en fin de compte en véritable décalage avec tous les autres films de super-héros basique (suivez mon regard...), mais en parfaite logique avec l’aspect mature du Croisé Masqué depuis les années 80 avec Frank Miller, Alan Moore et cie, époque à partir de laquelle Batman s’est délivré de son étiquette de super-héros tout beau-tout fort-tout gentil pour devenir un justicier sanguinaire au destin bouleversé par le chaos qu’il a provoqué à Gotham depuis sa "naissance". Et c’est exactement ce qui se passe dans l’univers de Gotham. Ra’s Al Ghul, L’Epouvantail, le Joker... Tout ça n’est qu’un début.

Alors oui, comme on l’attendait, The Dark Knight est un chef-d’oeuvre. Un blockbuster qui mêle action (le braquage du début et la course poursuite dans les rues de Gotham relèvent du génie) et film d’auteur avec brio, mené de main de maître par Christopher Nolan, un cinéaste qui a su s’emparer du début jusqu’à la fin de son sujet, et de sa dureté, pour enfin en faire une réflexion à peine cachée sur notre Monde : la place des héros dans celui-ci, la puissance de la pègre et du terrorisme, et surtout les choix d’un peuple, qui a parfois besoin d’un honnête exemple à suivre pour survivre... Ce que n’est justement pas le Batman.


Oeuvres liées

Batman (1989)
Batman le défi (1992)
Batman forever (1995)
Batman et Robin (1997)
Batman begins (2005)

Commentaires sur le film

the best !!!!

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

C’est L’ADAPTATION par excellence,chapeau MR Nolan et merci.

30 avril 2009 à 13:04 | Par Krypton
11 Septembre

1 etoiles

daube Daube !

Ce film est un thriller ou un polar comme vous voulez.
En soi ce n’ est pas un film fantastique.
Gotham City n’ existe plus... on est à Chicago.
Batman/Bruce Wayne est aux abonnés absents.
Harvey Dent/Double-Face arrive à la fin sur le tard.
Le Joker semble représenter tout l’ intérêt de ce film.
Ce Joker trappu, vil, sale, arrogant qui n’ a de cesse de rappeler que le terrorisme est toujours là.
Seule Gordon, policier intègre semble tirer son épingle du jeu.
Le film n’ est pas si original que ça. Le scénario est assez banal. Les scènes d’ action et de courses poursuites deviennent à la longue fatigantes, que d’ explosions inutiles à l’ intrigue.
Finallement, ce film représente de par son réalisme revendiqué, un condensé des peurs et des doutes d’ une Amérique post 11 Septembre.

2 mai 2009 à 07:05 | Par Gelimer

0 etoiles

15 mai 2009 à 15:05
SUPER !!!

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Enfin un Batman digne de ce nom !!!...et un joker aussi...

15 mai 2009 à 15:05
dark nigh

5 etoiles

il etait genial super j ai aime le joker il etait geniale

21 mai 2009 à 09:05
excellent

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Christian BALE est le BATMAN à la fois sombre et charismatique, en tout cas bien plus convaincant que les VAL KILMER, KEATON ou autres CLOONEY. Quand au JOKER, difficile de faire mieux que Jack Nicholson, mais Heath Ledger apporte une vraie dimension au personnage pour un film qui se veut plus sombre et met BATMAN face à des peurs qui lui était inconnues. Une vraie terreur psychologique mise en scène par l’excellent Nolan. Mais j’ai un petit faible pour le premier car plus percutant et intense, notamment car c’était le renouveau du thème du chevalier noir, avec des gadgets de folie et la présence du très peu connu Cillian Murphy et l’impeccable Gary Oldman !

28 avril 2010 à 23:04 | Par Cinémaniac

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