Critique de film

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Daredevil

"Daredevil"
affiche du film

Avocat le jour, super-héros la nuit, Matt Murdoch possède une ouïe, un odorat, une force et une agilité incroyablement développés. Bien qu'il soit aveugle, son sens radar lui permet de se diriger et d'éviter le moindre obstacle. Inlassablement, cet être torturé arpente les rues de New York à la poursuite de criminels en tout genre qu'il ne peut punir au tribunal. Daredevil aura à affronter Kingpin, alias Le Caïd, qui dirige d'une main de fer la mafia new-yorkaise, ainsi que son homme de main Bullseye, alias Le Tireur.

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Trailer - Daredevil (2003)
Par : Damien Taymans


DAREDEVIL - Bande-annonce2 VF par CoteCine

Les critiques à propos de ce film

Critique de Daredevil - A tâtons
Par : Damien Taymans
Tags : Super-héros

Atteint de cécité dès l’enfance, le jeune Matt Murdock a vu ses autres sens se développer à outrance. Devenu adulte, Matt mène une double vie qui l’empêche forcément de se reposer. Avocat le jour, Matt, une fois la nuit tombée, devient Daredevil, vengeur masqué et redresseur des torts, moulé dans sa combinaison de cuir, qui utilise ses randonnées nocturnes pour se venger de la cécité de la justice diurne…

Dans la foulée des Spider-man et X-men sort Daredevil devançant d’une pointure l’accession aux salles obscures du second volet des X-Men et de l’adaptation du géant vert Hulk pas Ang Lee. Imposition stratégique d’un projet quelque peu chaotique. Car, en matière d’envergure, l’affiche laisse à désirer. Le transparent Ben Affleck incarnant l’un des héros les plus sombres et humains des comic books, un réalisateur quasiment novice qui n’a fait ses armes que sur le seul Simon Birch cinq ans auparavant, des fx intégralement restitués par les technologies informatiques. Se mettant à dos les fans daredeviliens (l’affublement sandomasochiste des héros y étant pour beaucoup) amoureux de la bande originale créée en 1964 par Stan Lee (qui se paie un petit caméo) et Bill Bennett, le métrage de Mark Steven Johnson ne rassure guère les néophytes qui furent séduits par les essais de Sam Raimi et Bryan Singer et gardent une délicieuse saveur de cette résurrection des super conquérants.

L’œuvre dénote totalement avec les visées adulescentes (un âge sis quelque part entre les poussées d’acné et le concubinage) des envolées de l’homme-araignée. Destiné à une assemblée plus mûre, Daredevil puise son originalité dans la noirceur de ses propos et dans les méandres psychologiques de son héros torturé, peu enclin au sentimentalisme débonnaire de ses concurrents, n’hésitant pas à assouvir sa soif de vengeance sur les rescapés d’une justice plus aveugle que lui. Sans s’accorder une seule seconde à en définir les obscurs contours, Johnson affuble son anti-héros d’une combinaison moulante, légitimant le double emploi de l’apostrophe « maître » (seyant à l’avocat diurne et au dominateur SM nocturne), et l’encombre d’une relation doucereuse avec Elektra, vengeresse à la poitrine avantageuse et à la tenue affriolante. Comme à l’accoutumée, pour se satisfaire (en toute relativité), il faut lorgner du côté des méchants, représentés par un Michael Clarke Duncan invisible et un Colin Farrell extravagant qui redonne quelque peu de punch à des personnages mous du genou.

De punch, l’intrigue n’en manque pas. Tel le héros non-voyant (doux euphémisme), le métrage dégringole d’échafaudage en échafaudage au sein d’une histoire en chantier qui ne se résume qu’en de trop nombreuses scènes de combats flanquées d’un montage ultra-cut, de bullet times omniprésents et d’un resserrement du cadrage qui, combinés, rendent les scènes totalement illisibles au grand désarroi du spectateur plus enclin à vomir qu’à applaudir devant ces tergiversations incontrôlées. Pourtant, lorsque la caméra prend la peine de se poser, les séquences sont visuellement irréprochables mais celles-ci sont alors noyées dans une telle averse (la scène de la pluie notamment) de réflexions pudibondes que c’en devient écoeurant. Ainsi, notre diablotin masqué s’écrie-t-il avec force conviction : « Ce n’est pas moi le méchant ! », effectuant un retournement des plus opportunistes pour se racheter une conduite et ainsi séduire le plus grand nombre.

Daredevil tend à prouver que son rôle-titre n’est pas un bad guy. En revanche, il l’inscrit de fort belle manière en tant que bad hero dans le panorama cinématographique fantastique. Seule courte compensation : Jennifer Garner en cuir durant quatre minutes montre en main. C’est peu, mais c’est déjà ça…


Oeuvres liées :

Elektra (2005)

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