Critique de film

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Danse macabre

"Danza macabra"
affiche du film

Londres, au XIXe siècle. Le journaliste Allen Forster débarque dans une taverne afin dâ

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Trailer - Danse macabre (1964)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Danse macabre - Une valse a mis le temps...
Par : Damien Taymans
Tags : Fantômes

Un journaliste prend le pari (pour dix livres, putain l’arnaque !) de passer une nuit entière dans un château hanté, peu impressionné par les esprits frappeurs et autres énergumènes qui passent leur temps (l’éternité) à trimbaler un boulet à leur pied. Mais l’esprit cartésien de ce gentleman tend doucement à sombrer dans la folie devant le spectacle qui s’offre à lui durant ladite nuitée…

Antonio Margheriti, réal bisseux transalpin aux oeuvres volontiers comparées aux performances de Roger Corman, signe avec Danse macabre un incontournable du gothique italien. Non loin de l’univers d’Edgar Allan Poe, dont Margheriti est fervent admirateur, l’intrigue déclinée approfondit la filiation en incorporant dans ses rangs le personnage de Poe, présenté comme un incomparable conteur aux mille et une histoires croustillantes dont il éblouit l’assemblée présente au sein de l’estaminet dans lequel il se trouve. Lieu de rencontre entre l’auteur et le journaliste Alan Foster venu sur place dans l’espoir d’interviewer le célèbre romancier qui navigue continuellement entre réalité et fiction, s’escrimant souvent à prouver que les récits qu’il rédige ne sont que le reflet d’une réalité véridique à peine améliorée par l’un ou l’autre menu détail de son cru. Foster, cartésien inébranlable, se retrouve pris au piège d’un pari stupide destiné à mettre à mal son incrédulité.

Passé cette entame au verbiage ennuyeux, le décor se dresse. Le château hanté et ses jardins flanqués d’arbres anthropomorphes est noyé sous une brume épaisse, apanage obligatoire des contes gothiques fantomatiques. Une brume qui continuera d’envahir l’espace dans lequel évolue Foster. Brouillonne, extrêmement floue, la valse maléfique à laquelle il est convié amalgame sans vergogne passé et présent, mélangeant les repères temporels au gré des événements si bien que les personnages qui hantent le manoir ne sont jamais clairement identifiés comme entités spectrales ni comme humains de chair et d’os. Barbara Steele, égérie du cinéma gothique aux mimiques si théâtralisées qu’elles en deviennent savoureuses, sublime le somptueux noir et blanc de sa présence mi-corporelle mi-spirituelle, terminant de jeter le trouble dans l’esprit tourmenté d’un héros incapable de résister à la descente aux enfers à laquelle il succombe lentement. Jusqu’à ce que le dernier tiers du métrage ne s’accélère pour livrer des réponses claires et audacieuses (le quatuor amoureux où sexualité adultère, taboue et légitime se côtoient par-delà la mort) aux mystères irrésolus, offrant du même coup une séquence traumatisante et cauchemardesque durant laquelle les corps qui s’étaient entassés jusqu’alors reprennent vie dans une marche glaciale à la conquête de leur nouvelle victime.

Danse macabre de se clôturer avec un dénouement des plus sarcastique jouant faussement sur l’équivocité des relations post-mortem entretenues par le couple maudit. Une œuvre proche de la perfection qui restitue au gothique transalpin ses lettres de noblesse.

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