Critique de film

Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées

"The Hobbit: The Battle of the Five Armies"
affiche du film
  • Genre : Aventures, Fantasy
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA, Nouvelle-Zélande
  • Durée : 2h40
  • Musique : Howard Shore
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Atteignant enfin la Montagne Solitaire, Thorin et les Nains, aidés par Bilbon le Hobbit, ont réussi à récupérer leur royaume et leur trésor. Mais ils ont également réveillé le dragon Smaug qui déchaîne désormais sa colère sur les habitants de Lac-ville. A présent, les Nains, les Elfes, les Humains mais aussi les Wrags et les Orques menés par le Nécromancien, convoitent les richesses de la Montagne Solitaire. La bataille des cinq armées est imminente et Bilbon est le seul à pouvoir unir ses amis contre les puissances obscures de Sauron.

Les critiques à propos de ce film

Critique du Hobbit : La bataille des Cinq Armées - Le retour du roi nain
Par : Samuel Tubez




Se finissant sur un cliffhanger aussi feuilletonesque que frustrant, La désolation de Smaug nous abandonnait sur l’envol du majestueux dragon se dirigeant vers Lac-ville. Bien planqué dans leur royaume recouvré, les Nains menés par un Thorin de plus en plus cupide et possessif attisent quant à eux les convoitises des Elfes, des Humains, des Orques et des Wrags de par leur situation stratégique et leur richesse qui ferait pâlir de jalousie l’oncle Picsou. Bref, « This is War » comme dirait l’autre.

Si presque tous les critiques se sont arrêtés à la gargantuesque et « vaine » bataille s’étirant sur plus de 45 minutes, peu se sont étonnamment penchés sur le traitement réservé aux deux principaux personnages de cette trilogie, pourtant ici plus que jamais au cœur de l’intrigue : Bilbo et Thorin. Ce dernier se révèle être l’Arkenstone du récit, la pierre angulaire de ce grand final. Sa rapide plongée dans la folie est ainsi observée par le bienveillant semi-homme avec une belle acuité. Durant ces séquences, Peter Jackson et ses scénaristes retrouvent l’essence-même du roman de Tolkien que l’on connaissait très interloqué par la cupidité des hommes et leur penchant pour la guerre. Pacifistes et belligérants, amis et ennemis s’opposent, s’unissent et s’entretuent ainsi (car oui, il y a des morts, fait suffisamment rare dans un divertissement grand public pour être signalé) dans cette bataille inouïe qui nous est ici présentée et qui ne fait qu’exprimer, comme l’a toujours fait Tolkien au travers du regard de ses innocents hobbits, la bêtise des hommes. En cela et quoiqu’on en dise, Peter Jackson, Fran Walsh et Philippa Boyens ont une fois de plus parfaitement saisit l’œuvre originale et en livrent une adaptation cinématographique que peu de cinéastes auraient été capable d’accomplir.
Mais tout n’est pas parfait dans cette version cinéma incroyablement tronquée qui nous est ici présentée. Beaucoup d’éléments ont été expédiés, les enjeux bâclés, des personnages sacrifiés. Ainsi, la séquence à Dol Guldur, même si elle fait le lien avec Le Seigneur des anneaux, tombe un peu comme un cheveu dans la soupe. Mais cela se ressent surtout lors du combat titanesque où certains personnages sont très peu présents (Bard pour n’en citer qu’un) ou apparaissent et disparaissent de l’image de manière fulgurante (Radagast, l’homme-ours Beorn). Même si certains éléments seront sans nul doute développés dans la version longue (qui serait augmentée d’une bonne demi-heure), difficile de croire que tout sera rectifié. Mais il suffit de se plonger dans le director’s cut de La désolation de Smaug, au montage plus fluide et aux ajouts primordiaux (contrairement à ceux d’Un voyage inattendu), pour se convaincre que Peter Jackson en a gardé sous le coude pour son opus final, et certainement pas des moindres. Bref, n’en déplaise aux détracteurs, on n’en a pas encore tout à fait fini avec Le Hobbit et le meilleur reste peut-être à venir !

Débutant par l’assaut destructeur de Smaug, se poursuivant sur un peu d’introspection avec Thorin et Bilbo pour se finir en film de siège qui dépote, la version cinéma qui nous est présentée de La Bataille des cinq armées s’avère paradoxalement à la fois gavante et frustrante à plus d’un titre. Une bataille démentielle mais incomplète, donc, présentant des enjeux bâclés et à contrario des séquences qui s’étirent à n’en plus finir…on en a à la fois un peu trop et pas assez. Le spectacle reste bien sûr de haute volée, mais est quelque peu gâché par une version s’apparentant bien trop à un brouillon qu’à une œuvre achevée. On attend donc la vraie version qui déboulera en DVD/Blu-ray dans les mois à venir mais aussi, et surtout finalement, que Peter Jackson sorte quelque peu de l’univers des blockbusters pour revenir à un cinéma plus intime.


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