Critique de film

Zodiac

"Zodiac"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Serial Killer
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : David Fincher
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h38
  • Budget : 80 millions de Dollars
  • Scénariste : James Vanderbilt, Robert Graysmith
  • Musique : David Shire
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards, Robert Downey Jr., Brian Cox
  • Récompenses : Palme d'or pour David Fincher (Cannes 2007)
    Prix des jeunes pour Jake Gyllenhaal (Teen Choice Awards 2007)
    Meilleur Bande Originale de l'année aux World Soundtrack Awards 2007

Zodiac, l'insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l'Eventreur de l'Amérique. Prodigue en messages cryptés, il semait les indices comme autant de cailloux blancs, et prenait un malin plaisir à narguer la presse et la police. Il s'attribua une trentaine d'assassinats, mais fit bien d'autres dégâts collatéraux parmi ceux qui le traquèrent en vain. Robert Graysmith, jeune et timide dessinateur de presse, n'avait ni l'expérience ni les relations de son brillant collègue Paul Avery, spécialiste des affaires criminelles au San Francisco Chronicle. Extérieur à l'enquête, il n'avait pas accès aux données et témoignages dont disposait le charismatique Inspecteur David Toschi et son méticuleux partenaire, l'Inspecteur William Armstrong. Le Zodiac n'en deviendrait pas moins l'affaire de sa vie, à laquelle il consacrerait dix ans d'efforts et deux ouvrages d'une vertigineuse précision...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Zodiac - Horoscope sanglant
Par : Damien Taymans


L’histoire du Zodiaque est l’une de celles qui a fait trembler le plus les Américains tant son ombre a plané longtemps et continue encore de le faire actuellement. Beaucoup de films ont mis en lumière les agissements de ce serial killer toujours en liberté. L’inspecteur Harry affronte un tueur semblable nommé Scorpio et on ne peut pas éviter le fameux tueur Gémaux du troisième volet de la saga de L’Exorciste. Bien plus près de nous, une adaptation plus fidèle à l’histoire du tueur a été créée par Alexander Bulkley (The Zodiac) dans laquelle on mentionne cette fameuse dernière lettre du tueur réclamant qu’on réalise un bon film sur lui. Ce n’est certainement pas le métrage de Bulkley qui l’aura contenté. Mais le film de Fincher l’aura sans aucun doute séduit.

Réalisateur de renom et de génie (The Game, Se7en, Panic room), Fincher est l’un des auteurs en vogue de ces dernières années. Il a réussi à imposer un style tout à fait nouveau aux Etats-Unis. Des films à chaque fois bouleversants et originaux. En réalisant ce film, Fincher va à l’encontre du cinéma qui a fait sa gloire. Dans Zodiac, point de suite ininterrompue d’actions, point de final renversant. C’est que le réalisateur n’a pas le choix : ne connaissant toujours pas l’identité de l’assassin, il a adopté un style particulier, très proche de celui d’Oliver Stone pour JFK. Au lieu de se tourner du côté d’un assassin invisible, Fincher a choisi la même route que Bulkley et a opté pour une explication du déroulement de l’enquête.

Autrement dit, l’histoire est vue par une pléiade de personnages dont la vie va être bouleversée par les crimes du Zodiaque. Fincher se penche aussi bien sur les policiers chargés d’enquêter que sur les journalistes du San Francisco Chronicle, notamment Robert Graysmith (Jake Gyllenhaal). Le réalisateur de Fight club brosse ici le portrait de ces personnalités obsédées par ce tueur impossible à attraper.

La différence avec le film de Bulkley et celui-ci tient à la qualité du réalisateur. Fincher a passé énormément de temps à se documenter. Epluchant les archives, consultant les dossiers tel un des enquêteurs du film, il a réussi à amasser une telle somme d’informations sur le tueur que même certains policiers alors en charge de l’enquête prétendent n’avoir pas disposé d’autant de pièces. Comme pour ces précédents films, Fincher a effectué un travail méticuleux et extrêmement précis.

Si cette donnée est réelle pour ce qui est du fond du film, ça n’en est pas moins vrai pour la forme. Car, comme pour chaque métrage, il exige le meilleur travail possible des comédiens. Faisant rejouer la même séquence un nombre incalculable de fois, Fincher épuise ses acteurs et parviendrait même à les dégoûter du cinéma. Pour le premier plan du premier jour, il y a eu 67 prises, de quoi rendre cinglé bon nombre de débutants. C’est ce que souligne Robert Downey Jr. lorsqu’il déclare : "Si vous êtes un acteur expert, vous survivrez. Dans le cas contraire, vous détesterez David Fincher." Ces prises innombrables permettent au réalisateur de choisir les meilleures scènes lors du montage, si bien qu’il se retrouve à la fin du film avec des milliers de plans différents.

La photographie du film est réussie. Fincher avait la volonté de tourner en HD car cela donne une image sublime et réaliste, ce qui convient parfaitement pour le film. Outre cette beauté picturale, on se doit de souligner la bonne performance d’acteurs tels que Gyllenhaal ou encore Downey Jr...

Deux réserves sont à apporter toutefois : le métrage est très long (2h38 en tout) et peut rebuter nombre de spectateurs. De plus, les scènes d’action étant très rares voire inexistantes, il arrive parfois que l’on s’ennuie un peu. Malgré ces zones d’ombre, le film reste très bon et mérite notre approbation. Si vous aimez Fincher, vous pouvez aller le voir et passerez un bon moment. Si vous adorez les films comme The game ou Se7en, ne bougez pas de chez vous, ça ne vaut pas la peine car vous ressortirez déçus.


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