Critique de film

X-men

"X-men"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Science-fiction
  • Année de production : 2000
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Bryan Singer
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h44
  • Budget : 75 millions de dollars
  • Scénariste : Tom DeSanto, Bryan Singer, David Hayter
  • Musique : Michael Kamen
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  • Bande annonce
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  • Casting : Hugh Jackman, Ian McKellen, Patrick Stewart, Famke Janssen, Halle Berry, James Marsden, Anna Paquin, Tyler Mane, Ray Park, Rebecca Romijn-Stamos, Bruce Davison
  • Récompenses : Saturn awards du Meilleur acteur (Hugh Jackman), Meilleur réalisateur, Meilleurs costumes, Meilleur film de SF, Meilleur scénario et Meilleure actrice de second rôle (Rebecca Romijn) en 2001
    BMI Film Music Award en 2001
    Bogey Award en 2000
    Empire Award du Meilleur réalisateur en 2001

Les mutants sont une réalité et ils vivent parmi nous. Le Professeur X a fondé une école pour canaliser les pouvoirs extraordinaires de ces entités, qui vivent en marge de la société. Mais tous les mutants ne luttent pas pour le bien : Magneto et son groupe ont déclaré la guerre à l'humanité...

Les critiques à propos de ce film

Critique de X-men - Les hommes de l’ombre
Par : Damien Taymans


La jeune Marie a failli provoquer la mort instantanée de son petit ami rien qu’en lui effleurant les lèvres (une de mes ex, c’était en retirant son corsage comme quoi). Du coup, la pauvre gamine s’enfuit, s’affuble d’un surnom plus ténébreux (Malicia) et tombe dans un bar miteux sur Wolverine, sorte de bad boy aux rouflaquettes et aux griffes acérées…

Remarqué grâce à son Usual suspects, Bryan Singer se voit confier par Richard et Lauren Donner l’adaptation de l’un des comics books les plus riches qui soit. Créés en 1963 par Stan Lee et Jack Kirby, les X-men sont un groupe constitué de mutants tendance super-héros qui connut une faune des plus hétéroclites depuis une trentaine d’années. Colossus, Wolverine, Cyclope, Diablo, Polaris, Marveil Girl, Dents-de-Sabre, Iceberg, Malicia, et j’en passe réunis sous la coupelle du professeur Xavier, directeur d’une école pour enfants surdoués touchés par des mutations en tous genres.

Face à une telle hétérogénéité de personnages, Singer tranche dans le vif, n’en saisissant que quelques-uns pour les distinguer en deux camps opposés : celui de Xavier, protecteur des mutants et des hommes, et celui de Magnéto, chef d’une branche dissidente visant à l’extermination des hommes au profit des "génétiquement chamboulés". Lutte double pour chacun des ténors qui vise un seul et unique but : faire des mutants des individus à part entière en usant de moyens radicalement différents. Sous couvert d’une intrigue super-héroïque, Singer privilégie les considérations ontologiques de ces êtres différents, victimes de l’ostracisme humain en faisant ressurgir deux tendances courantes de notre société contemporaine : la xénophobie volontaire (étymologiquement étrange) et la peur de l’inconnu.

Poursuivant cette trame honorable, réunissant l’espace d’une heure et demie des personnages de toutes décennies confondues, le réalisateur d’Un élève doué donne une véritable leçon de synthèse. Pourtant, sa formule synthétique nuit à l’ensemble : devant la multiplicité des personnages, Singer a dû opérer des choix et sacrifier sur l’autel certaines figures qu’il juge secondaires. Cyclope et Tornade sont mis de côté (dans un film sur l’exclusion, c’est pas sympa !), le professeur Xavier, figure emblématique des comics, est transformé en relais moralisateur, Jean est confinée à un choix cornélien entre la grâce maniérée de son chéri transparent et aveugle et la virilité brutale de Wolverine. L’homme griffu (l’excellent Hugh Jackman) et sa jeune compagne Malicia (la très délicate Anna Paquin) sont dès lors les véritables héros de l’œuvre. Torturés par leurs disgrâces génétiques, les deux protagonistes se cherchent et tentent de s’intégrer dans une société qui les rejette quitte à les transformer en bêtes de foire (Wolverine dans le bar). Dans l’autre camp, Magnéto tient la tête de l’affiche. Flash-back sur sa douloureuse expérience de déportation, résumé rapide de son ascension, le vilain (terme quelque peu erroné) dispose même du mot de la fin, preuve ultime de l’intérêt porté par le réalisateur pour des méchants finalement peu critiquables puisque leurs motivations génocidaires sont légitimées par l’exclusion déshumanisante.

Pêchant par excès, Singer laisse volontairement de côté une série de figures intéressantes (Mystique notamment) au profit d’un scénario certes porteur de sens mais largement miné par son rythme aléatoire et son manque de péripéties. Néanmoins, on ne peut que s’incliner face à la brillante mise en scène de Singer qui parvient avec ses X-men, malgré une narration brouillonne, à redonner un second souffle aux œuvres de super-héros en perte de vitesse.


Oeuvres liées :

X-men 2 (2003)
X-men, l'affrontement final (2006)

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