Critique de film

X-Men: Apocalypse

"X-Men: Apocalypse"
affiche du film

Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d'années et désillusionné par le monde qu'il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l'humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l'humanité d'une destruction totale.

Les critiques à propos de ce film

Critique de X-Men : Apocalypse - Plus grand, plus fort ?
Par : Samuel Tubez


La réussite de la saga X-Men au cinéma tient en grande partie au talent de Bryan Singer qui, de près ou de loin (exception faite du médiocre X-Men – L’affrontement final auquel il n’était nullement attaché) a toujours gardé un œil sur ses mutants chéris. Après l’époustouflant Days of Future Past, le réalisateur reste aux manettes d’Apocalypse afin, à la fois, de conclure six films dédiés aux trajectoires agitées des élèves du professeur Xavier, d’achever l’arc narratif de l’ère First Class mais aussi de proposer une véritable renaissance de l’équipe X-Men. Mais serait-ce trop pour un seul film ?

L’idée de mettre en scène Apocalypse (de son vrai nom En Sabah Nur), considéré comme le tout premier mutant, pour parler de genèse et ainsi mettre les super-héros face à leur géniteur était des plus prometteuses. Au final, après que la jeune équipe des X-Men se soit composée autour de Charles Xavier et qu’Apocalypse ait convaincu quatre mutants (dont Magneto) à rejoindre sa troupe, tout cela ne nous amène, à l’image d’autres œuvres super-héroïques qui pullulent sur nos écrans, qu’à un affrontement titanesque avec un super méchant aux pouvoirs toujours plus destructeurs. « Les X-Men vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l’humanité d’une destruction totale. »

Cette phrase, on ne peut plus banale, extraite du synopsis, résume hélas un peu trop bien les 2h24 du film de Singer. Apocalypse (Oscar Isaac, figé sous une tonne de maquillage) manque de substance et sa présence n’apporte nullement d’éclaircissement sur le gène mutant (tout juste apporte-t-il une réflexion, assez légère, sur la toute-puissance). On passe donc totalement à côté du potentiel du personnage (de même en ce qui concerne ses pouvoirs censés être incommensurables) qui finit par n’être qu’un méchant de plus, guère plus étoffé qu’un terroriste de base (il veut purifier le monde des humains pour le rendre aux mutants). Étonnant de la part de Singer et de ses scénaristes, auparavant si attaché aux sentiments troubles de leurs mutants ! La tendance semble même envahir la relation entre Xavier, Magneto et Mystique qui piétine franchement. Dénué des aspects politiques qui enrichissaient Days of Future Past, amputé d’idées neuves réellement électrisantes, Apocalypse se contente d’être une simple « origin story » thématiquement limitée mais qui soigne la majeure partie de ses protagonistes.
Car, heureusement, Singer aime toujours autant ses mutants vedettes et leur réserve un traitement de valeur. Xavier, Magneto, Mystique, Le Fauve, Diablo, Quicksilver (qui bénéficie une fois encore de la meilleure scène du film), Jean Grey ou encore Cyclope, la liste des personnages est impressionnante et quasi tous ont droit à un traitement à leur (dé)mesure. Leurs trajectoires s’entrecroisent avec une fluidité rare et font avancer naturellement l’intrigue sans que cette affluence ne s’assimile à un cahier des charges bien trop fourni à respecter à tout prix. Même l’apparition délicieusement « fan service » de Wolverine trouve un écho pertinent, annonçant de futures intrigues autour de l’Arme X (voir séquence post-générique). De quoi satisfaire les plus passionnés mais aussi contenter les autres qui trouveront en cet X-Men Apocalypse un divertissement de choix, certes inégal et par moment incomplet (Magneto, pourtant mis en avant dans la première partie, semble un peu abandonné par la suite), mais malgré tout toujours perché un rang au-dessus de ses concurrents habillés en spandex qui ne cessent de s’agiter sur nos grands écrans.

Moins riche thématiquement que par le passé et s’assimilant un peu trop à une énième intrigue de fin du monde, X-Men Apocalypse reste malheureusement en-deçà des deux précédents opus de la prélogie. La tentation de citer les protagonistes qui sortent d’une projection du Retour du Jedi en affirmant que « Le trois est toujours le plus mauvais » (belle pique au film de Brett Ratner !) est grande, mais nous préférons tempérer en affirmant qu’il s’agit du moins bon, car, Dieu merci, il a de très beaux restes !


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