Critique de film

Wolf Creek 2

"Wolf Creek 2"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Slasher
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Greg McLean
  • Scénariste : Greg McLean
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Deux routards décident de partir dans l'outback australien et tombent sur le plus dangereux prédateur du coin : le psychopathe Mick Taylor.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Wolf Creek 2 - Man vs Wild
Par : Seb Lecocq


C’est après s’être fait remarquer à Sitges, que la suite du premier film de Greg McLean s’est assurée une place dans la sélection de cette édition 2013 du PIFFF. Pas n’importe quelle place puisque Wolf Creek II avait la lourde tâche de clôturer les débats en beauté. Et contrairement aux années précédentes où Détention et Silent Hill 3D avaient quelque peu gâché la fête, il a relevé le défi haut la main, offrant aux spectateurs une dernière décharge d’adrénaline accompagnée d’une bonne giclée d’hémoglobine. McLean a fait sien la devise « bigger, stronger, faster » chère à toutes les suites qui se respectent.

Si Wolf Creek prenait le temps d’installer son univers, le sauvage outback australien et son méchant, le patibulaire Mick Taylor, cette suite rentre directement dans le vif du sujet via la meurtre sauvage et brutal de deux flics trop zélés qui ont voulu jouer aux petits malins avec la mauvaise personne : Mick Taylor, autoproclamé tueur de porcs et légende de l’outback. Le réalisateur marque des points d’emblée car dès les premiers plans, on se retrouve en terrain connu, le désert, la chaleur, les longues routes désertes et l’effrayante silhouette au chapeau sortant d’une camionnette déglinguée. Dès lors, le massacre peut commencer. Et quel massacre ! Après avoir dézingué les deux flics, l’inimitable Mick va prendre en chasse un couple de touristes allemands. En même temps comment lui en vouloir quand on sait de quel degré de nuisance sont capables les voyageurs teutons.

Cette séquelle enfile à nouveau le costume de son prédécesseur mais a visiblement grandi et la veste est devenue trop étroite, les coutures explosent, le survival se mue en une hybridation monstrueuse mêlant road movie, survival, torutre porn et comédie noire. Mick Taylor lui aussi délaisse son fusil à lunette et son couteau pour se constituer un arsenal plus méchant et se lancer dans une relecture australienne du Duel de Spielberg lord d’une longue séquence de poursuite entre une voiture et un camion. Wolf Creek II surprend par ses nombreuses références et emprunts au cinéma de genre. Duel donc mais aussi Mad Max ou Hitcher. L’un des deux touristes allemands ne s’appelle pas Rutger pour rien. McLean décide de se faire plaisir, de s’amuser, le film est très brutal, riche en headshots hyper gore et en sévices de toute sorte.

Fidèle à lui-même le réalisateur signe un film à la facture visuelle soignée, les plans sont magnifiques, le montage énergique mais lisible et la photographie riche en tonalités chaudes qui ajoutent encore quelques degrés à la canicule ambiante. McLean confirme une fois pour toutes qu’il est un solide metteur en scène. Si le premier opus pouvait pêcher par une trop longue exposition et quelques passages passablement ennuyeux, celui-ci souffre de l’excès inverse. Trop riche, trop généreux, il prend par moments des allures de one-man show foutraque et légèrement bordélique passant du coq à l’âne sans coup férir. En outre, le métrage est porté par la bon vouloir de son comédien principal qui livre encore une fois une performance incroyable qui rend attachant une des pires ordures du cinéma d’horreur contemporain. Et puis le film est drôle, un humour noir et très cynique, ce qui provoque d’étranges rupture sde ton, lors notamment d’une hallucinante partie de Question pour Un Champion entre le bourreau et sa victime, véritable ride d’horreur qui réussit à passer de l’hilarité grasse à une extrême tension en une fraction de seconde. Un vrai tour de force de la part de McLean.

Centré sur le personnage de Mick Taylor, l’oeuvre nous plonge plus encore au cœur de la Bête et dévoile son antre qui n’est pas sans rappeler celle du Creeper de Victor Salva. Souterraine, labyrinthique, elle respire la mort et la souffrance. Là, le film pèche par excès de facilité en récitant les poncifs les plus grossiers du torture porn : lumière blafarde, victimes attachées, dénudées et torturées. Un terrier qui ne correspond pas vraiment au caractère jovial et exubérant du boogeyman australien. La fin du film est un peu plus décevante car il ne possède pas de clôture à proprement parler, le dénouement est expédié via un carton explicatif qui relate les faits de façon très froide. Une petite déception car jusque-là, Wolf Creek II était un réjouissant ride horrifique tendu du slip, brutal, sauvage et drôle, à l’image de son assassin qui vampirise chaque millimètre de pellicule. Mais après un court fondu au noir, une image vient nous mettre l’eau à la bouche. Une image qui promet un hypothétique troisième épisode dantesque.

Une suite réussie qui transcende son cahier des charges puis franchement comment pourrait-on en vouloir à un homme qui a simplement envie de débarrasser son pays des touristes allemands et anglais ?


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