Critique de film

Willow Creek

"Willow Creek"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Documentaire
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h30
  • Musique : Matt Kollar
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Jim est véritablement obsédé par le Bigfoot. Un jour, Il décide d’emmener sa copine Kelly à Willow Creek, véritable Disneyland du Yéti, où les forêts impénétrables abriteraient la tanière du monstre velu.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Willow Creek - Return to Blair Witch Project
Par : Samuel Tubez




Ancien acteur grimaçant présent dans nombre de comédies eighties (Zed dans Police Academy, c’est lui !) Bobcat Goldthwait s’est depuis quelques années tourné vers la réalisation avec notamment le pamphlet anti-télé réalité God Bless America. Loin de se cantonner à un seul registre, il nous livre cette fois une tentative de found footage dans la lignée du tout premier Blair Witch Project, en lançant un jeune couple sur les traces du mythique Bigfoot.

Le film amateur tourné en 1967 par Roger Patterson et Robert Gimlin dans lequel on trouve les premières images d’une créature velue s’apparentant au Sasquatch a fortement marqué Jim qui a décidé de partir avec sa petite amie, Kelly, dans la région de Willow Creek en Californie pour y tourner son propre film sur l’affaire. Dans cette véritable capitale dédiée au primate humanoïde où l’on trouve des statues à son effigie à tous les coins de rue, le couple débute un voyage de prime abord touristique avant que tout cela ne tourne, bien évidemment, au cauchemar champêtre…

Bénéficiant de peu de moyens, Willow Creek a été tourné en mode camping par une équipe réduite, ce qui sied parfaitement au sujet. Une bonne partie du métrage présente ainsi des lieux touristiques réels (musée dédié à la bête, fast-food où l’on mange des burgers en forme de pattes géantes) et fait même parfois intervenir des autochtones sur le sujet, ce qui aminci très habilement les limites entre docu et fiction, et qui devrait au passage titiller les férus de cryptozoologie. Cocasse lorsque nos deux curieux filment un habitant entonner une chanson sur le Bigfoot, « l’enregistrement trouvé » se transforme sans surprise dans sa dernière partie en quelque chose de beaucoup plus chaotique et angoissant. Ou en tous cas, essaie. Car si Bobcat Goldthwait parvient à livrer un véritable found footage sans artifice (la vidéo que nous regardons s’apparente véritablement à des rushes brutes – sans montage, donc - et les cadrages donnent envie de vomir), il peine néanmoins à nous filer les pétoches et à surprendre, si ce n’est dans son choix délibéré de ne rien nous dévoiler de la créature. La frustration sera grande pour les fans de films de monstres ! Vous n’aurez en effet que très peu de choses à vous mettre sous la dent : quelques poils accrochés à une écorce d’arbre et une ultime image non explicite qui renvoie au final du Projet Blair Witch en lorgnant subrepticement du côté de Rec. De quoi laisser de marbre une bonne partie des spectateurs tandis que d’autres s’amuseront à développer des hypothèses toutes plus farfelues les unes que les autres. Il n’empêche, on ne peut véritablement dénigrer le jusqu’au-boutisme du réalisateur qui est donc parvenu à livrer un véritable found footage (même s’il est un peu tard, tout le monde commençant à en avoir ras-le-bol du procédé) et qui se permet même au passage un long plan séquence (près de 18 minutes !) où les protagonistes restent tétanisés à l’écoute des inquiétants bruits du Sasquatch approchant leur tente au beau milieu de la nuit. Un joli travail sur le son et une belle prestation d’acteurs à souligner ! Pour le reste, ça s’avère tout de même relativement ennuyant et bien moins ensorcelant que son modèle prenant place dans la forêt de Blair. Vous ne croyez pas qu’on en a fait définitivement le tour, là, du found footage ?

Bobcat Goldthwait tente un retour aux sources du found footage en gardant Le Projet Blair Witch en tête. Si la démarche est louable et le résultat d’une belle authenticité, le tout s’avère toutefois sacrément ennuyant et frustrera les amateurs de gros monstres poilus.


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