Critique de film

Wilderness

"Wilderness"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Thriller horrifique
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Michael J. Bassett
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h34
  • Budget : 3 millions de livres
  • Scénariste : Dario Poloni
  • Musique : Mark Thomas
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Sean Pertwee, Alex Reid, Toby Kebbell, Stephen Wight, Luke Neal, Ben McKay
  • Récompenses : Aucune

Après avoir poussé au suicide un de leurs compagnons de cellule, une bande de jeunes délinquants est envoyée sur une île pour un stage de réinsertion et d'apprentissage de la survie en groupe. Ils se croyaient seuls mais leur séjour va tourner au carnage.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Wilderness - Y a pas plus sauvage ?
Par : Damien Taymans




Relancée par le fameux Battle royale de Kinji Fukasaku, la grande tradition du survival draine un public largement acquis à sa cause depuis quelques années. Public impudiquement assoiffé de tripes et d’effusions sanguines qui devinrent les ingrédients sine qua non de ce type d’œuvre. Néanmoins, si la recette est connue de tous, il en est tout de même qui parviennent à faire tourner maladroitement la sauce au point de livrer un mets âpre au goût et dénué de toute consistance. Mais il existe également des exceptions tout à fait charmantes comme en témoigne le récent Détour mortel de Rob Schmidt.

Film de clôture du festival de Gérardmer, Wilderness tente de faire croire naïvement en sa bonne facture dès le début (à l’instar de son réalisateur, maître en illusion péremptoire, affirmant que son métrage va en répugner plus d’un). Prenant ses racines dans des exemples classiques comme Délivrance, Wilderness ne parvient jamais vraiment à se hisser au niveau de son modèle et n’a pour ainsi dire de sauvage que le titre qu’il arbore.

Pourtant, le film démarre sur les chapeaux de roue avec vingt premières minutes d’une intensité déconcertante. Action centrée sur un quartier pénitentiaire où s’exerce la loi du plus fort. Loi que subissent deux pensionnaires martyrisées physiquement et psychologiquement par certains de leurs congénères qui se plaisent à leur asséner maints coups agrémentés d’une sauce urologique. Cette cérémonie d’humiliation est à la limite du supportable (rappelant l’intimidation de L’expérience) et laisse présager de très bonnes choses. Mais, au fil du film, on se rend compte que cette entrée en matière n’était que gageure et que les promesses faites sont loin d’être tenues.

Envoyés sur une île déserte pour les punir de leur comportement suite au suicide d’un des deux souffre-douleurs, les prisonniers vadrouillent comme ils le souhaitent sur cette île aux atours plus paradisiaques que terrifiants. Difficile de croire une seule seconde en cette punition grotesque puisque les seules épreuves imposées aux vilains assassins sont de l’ordre des corvées quotidiennes de la ménagère de moins de cinquante ans. Uniquement obligés d’aller quérir de l’eau à la rivière ou d’allumer le feu de camp providentiel, les détenus ont tout le loisir de vagabonder à leur aise dans ce camp de vacances gigantesque qui ravirait le cœur des scouts les plus amoureux de Dame Nature. Le comble du ridicule est atteint lorsque le groupe en question en rencontre un autre (composé d’éléments exclusivement féminins, tiens donc !) en mission sur l’île pour la même raison obscure.

Garder son sérieux devant tant d’absurdités devient mission impossible. Les propos tenus sont tellement irréalistes qu’on se laisse surprendre lorsque le genre survival se rappelle à nos bons souvenirs. Les troupes sont alors (enfin !) attaquées par un personnage mystérieux (bien qu’on ait déjà une petite idée de son identité, faut pas nous prendre pour des cons non plus) et sa horde de chiens avides de chair fraîche. Mis à part quelques rares scènes de bon acabit (l’attaque de Jed par les chiens ou le piège à loup qui se referme sur la gueule d’un détenu), le métrage ne se cantonne qu’à entasser maladresses sur maladresses et provoque bien plus de rictus dus aux zygomatiques rudement mis à contribution qu’à une quelconque expression de peur. On passera volontairement sous silence la présence de ce tueur très convenu, dénué de personnalité qui ne parviendrait même pas à surprendre des bambins atteints de cécité précoce.

A l’autre extrême de Délivrance, à des années-lumière de Détour mortel, Wilderness accuse de lourds défauts et ne se détache des autres films du genre que par la nature sèche de ses victimes (plus de bimbos mais des skinheads à même de se défendre)… A ne voir qu’une fois, juste par curiosité ou pour s’accorder à mon point de vue…


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