Critique de film

Welcome to the jungle

"Welcome to the jungle"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jonathan Hensleigh
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h23
  • Scénariste : Jonathan Hensleigh
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Sandy Gardiner, Callard Harris, Nick Richey, Veronica Sywak, Rich Morris
  • Récompenses : Aucune

L'histoire effrayante de deux couples partis en vacances soit disant organisées. Croyants qu'ils pourraient retrouver Michael Rockfeller, ils s'aventurent dans la plus profonde jungle de Nouvelle Guinée. Totalement hors de leurs environnements habituels, très vite ils se disputent et décident de se séparer sans connaître l'horreur qui les attend...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Welcome to the jungle - Où est Georges ?
Par : Damien Taymans






Deux couples formés sur le tard partent en expédition de fortune en Nouvelle-Guinée à la recherche de Mickaël Rockfeller, fils du vice-président qui disparut de la surface de la Terre et que personne n’a jamais retrouvé depuis malgré des recherches approfondies. Or, des sources non sûres (vous vous fieriez à des Guinéens, vous ?) affirment avoir vu un vieil homme blanc gambader dans la jungle lors d’un survol héliporté. Persuadés qu’il s’agit là du disparu notoire devenu depuis grabataire écolo, nos quatre aventuriers en culottes longues s’embarquent dans l’enfer sauvage de la jungle pour le pister et le retrouver afin de ... (ben, y a pas de raison en efait), enfin, ils partent...

Quand le réal du vigilante Punisher se prend à tourner une lointaine séquelle du génial Cannibal Holocaust pour le compte du prod de Terminator et Aliens, la rêverie s’empare de nous, espérant fébriles une boucherie amazonienne comme on en fait plus. D’autant que, adoptant le style documentaire qui fit la renommée du métrage de Deodato, Hensleigh semble tirer le meilleur de l’oeuvre dont il s’inspire afin de contenter le commun des cannibal’s fans. Un procédé qui contraint le métrage à évoluer sur le fil du rasoir puisqu’il draine à lui par ce processus toute une génération d’adorateurs de la pseudo-réalité en même temps qu’il se met à dos des fans horrifiques largement gavés par les récentes utilisations parfois haletantes souvent pompantes de cette technique rébarbative qui consiste la plupart du temps à filmer mal en légitimant son cadrage foireux et son scénar’ rachitique par le truchement d’une soi-disant imitation de la réalité (n’est-ce pas là l’apanage du cinéma ?). Mais c’est que Hensleigh a une idée de génie pour sortir du formatage filmique imposé : fonctionner avec deux films émanant de deux caméras différentes. Un dédoublement filmique qui permet au réal de se doter du don d’ubiquité et de suivre successivement les deux couples dont les routes vont malencontreusement se séparer pour finir, chacun son tour, dans la gueule des cannibales (nous passerons volontairement le malheureux champ/contre-champ improbable lors d’une discussion liminaire qui ruine la véracité des images montrées).

Car, à ne pas s’y tromper, en digne successeur du classique Cannibal holocaust, Welcome to the jungle se doit de mettre en avant quelques meurtres barbares, quelques excès gores tout en dépeignant des rites et coutumes antédiluviens sur fond de plantations sylvestres aux baobabs gigantesques dont le bois, à peine effleuré par les caïmans et autres boas qui s’y frottent, sert de matériau de construction aux huttes modestes regroupées autour de l’habitation tape-à-l’œil du chef du village. Pourtant, les seuls sauvages qui daignent peupler l’écran sont d’origine américaine et font montre de leur savoir-vivre occidental à la noix tout au long de l’œuvre, à tel point qu’on n’éprouve jamais la moindre empathie devant leurs mésaventures. Les seuls épanchements gore se voient réduits à néants par l’emploi d’une shakycam peu maîtrisée (reste un clin d’oeil inévitable au modèle déodatien avec l’empalement buccal d’une victime). Quant aux descriptions exotiques des us et coutumes des sauvageons, elles glissent rapidement d’intéressantes (les gamins-suicides posés sur la route pour arrêter les bagnoles) à inexistantes, si bien que le titre lui-même passe bientôt pour une imposture monumentale. Alors, certes, on ne peut jamais refuser un petit massacre en bonne et due forme de djeunz amerloques alcolos et drogués qui se croient les rois du monde dans un pays étranger, mais de là à accepter pour autant l’inanité de propos implicites rébarbatifs et l’incapacité patente d’effrayer ou de répugner malgré des promesses explicites (successeur d’Holocaust, and my bottom is it some chicken ?), il y a un pas immense que je ne franchirai pas.

Au moment même où Deodato entend continuer son œuvre grâce à son Cannibals (titre simpliste mais évocateur), Welcome to the jungle redonne une aura relative au film culte dont il s’inspire en en fournissant une suite officieuse longuette, sympathique parfois ennuyeuse, souvent. Quant au style documentaire, on lui préférera The Zombie Diaries, son cousin de distrib’ largement plus abouti.


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