Critique de film

We Are What We Are

"We Are What We Are"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h40
  • Musique : Jeff Grace, Darren Morris, Phil Mossman
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un petit village perdu dans une région montagneuse des Etats-Unis. La famille Parker est sans histoire et connue pour sa grande discrétion. Mais derrière les portes closes et les silences apeurés se cache un terrible secret que les autorités locales vont peu à peu découvrir. Au cœur d’une tempête, dans une maison plongée dans la pénombre et dirigée par un patriarche froid et autoritaire, les personnages évoluent dans une atmosphère lugubre et nous entrainent au cœur d’un conte moderne monstrueux.

Les critiques à propos de ce film

Critique de We are what we are - A table !
Par : Damien Taymans


Les Parker sont des gens discrets et appréciés dans le village. Une famille aimante, pieuse qui plus est, qui loge sur son terrain de pauvres hères pour une croûte de pain. Après le décès soudain de la mère, les jeunes Iris et Rose voient leur hotte se charger de nouvelles responsabilités. Elles doivent s’occuper de leur petit frère Rory, soulager les maux de leur père et reprendre le flambeau de la ménagère disparue. Ce qui passe par le lavage du linge de maison et la préparation du dîner. Pas toujours des plus conventionnels. Puisque une fois l’an, la célébration du Jour de l’Agneau leur incombe. Enfin, un agneau qui ne bêle pas forcément et qui se promène la plupart du temps sur deux pattes. Oui, un humain, quoi...

S’il ne fallait rien attendre d’un énième remake américain d’une péloche étrangère (en l’occurrence Ne nous jugez pas de Jorge Michel Grau remarqué à Sundance puis à la Quinzaine des réalisateurs), c’était sans compter sur la présence derrière le gouvernail de cette embarcation à la dérive de l’un des plus cinéastes les plus prometteurs de l’industrie yankee. Après un encourageant film de monstres grouillants filmé à l’arrache (Mulberry street) et un brillant road-movie vampirique (Stake Land), Jim Mickle reprend cette sombre histoire d’anthropophagie pour l’assombrir encore davantage. Dans cette Amérique profonde plongée en plein chaos par une tempête, misère et désœuvrement sont le lot de chaque membre de la communauté. La carte postale de La Petite maison dans la prairie a considérablement jauni : les robes dentelées des jeunes filles perdent leur éclat avec la photographie sous exposée de Ryan Samul (déjà à l’œuvre sur les précédents travaux du cinéaste), le patriarche délaisse les responsabilités à l’aînée depuis que son épouse a trouvé la mort, les traditions ont la peau dure et tout un chacun se sacrifie à la gloire du Tout-puissant. Sur ce point, la peinture de Nick Damici et Jim Mickle se révèle glaciale : l’intégrisme religieux dicte aux membres de la famille les comportements à adopter pour perpétuer la lignée et conserver un héritage ancestral d’ordre éthique, religieux mais surtout alimentaire. Aussi, dans cette bergerie peuplée de loups déguisés en agneaux, l’on invoque le nom de Dieu pour légitimer l’innommable.

Mais, sur l’autel, le sacrifice se révèle pourtant vain. Progressivement, les personnages se limitent à leurs silhouettes, les émotions s’avèrent feintes, les effets se montrent maladroits (cette scène sacrilège de coït en plein cimetière), la mise en scène est moins inspirée, l’œuvre cède à la facilité (le final grand-guignol dénote avec l’ensemble). We are what we are est à envisager comme une autre proposition du métrage originel qui s’appuie sur une heure brillamment orchestrée avant de se prendre le bout du godillot dans les franges du tapis.


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