Critique de film

We Are Monsters

"We Are Monsters"
affiche du film
  • Genre : Epouvante-Horreur
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Suède
  • Durée : 1h14
  • Musique : Samir El Alaoui
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Anna est une businesswoman australienne venant aux US pour affaire. Après un rendez-vous, elle est agressée dans un taxi. Elle se réveille attachée à une chaise.

Les critiques à propos de ce film

Critique de We Are Monsters - Abats sans Gold
Par : Damien Taymans

Emma est une businesswoman australienne qui se paie des heures d’avion pour signer un contrat pétrolier vachement controversé. Prétendre que pas mal d’individus ne voient pas ce pacte d’un bon œil est un doux euphémisme et la belle Emma y gagnerait à se méfier de cette terre hostile et de ses habitants. Pourtant, aucun sympathisant écolo n’attend la richissime femme d’affaires pour l’envoyer au vert. Juste une taximan pour la conduire à sa conférence de presse. Enfin, pas tout à fait : chloroformée par la conductrice, Emma se retrouve bientôt ligotée dans un gourbi avec deux beaux gros cinglés qui entendent bien la séquestrer un peu et, si faire se peut, tester chacun de ses orifices. Mais Emma ne l’entend pas de cette oreille. Et on n’aborde là qu’un seul des dits orifices...

Précédé d’une réputation sulfureuse, We Are Monsters est présenté comme une oeuvre trash qui s’épanche dans un gore prononcé et ressemble davantage à une coloscopie sans péridurale qu’à un inoffensif torture porn niaiseux. Calibrée pour l’international, cette modeste production suédoise troque l’atmosphère IKEA pour une Amérique profonde et cradingue où sévissent des tripotées de rednecks en manque de sensations. Juste pour l’adrénaline, ces rebuts enlèvent à tour de bras de jeunes donzelles et s’offrent une spéléo anatomique sans y être conviés avant de liquider l’importune une fois le tour du propriétaire opéré. C’est que les Suédois Sonny Laguna, Tommy Wiklund et David Liljeblad, amis d’enfance férus de cinoche horrifique, désirent mettre le pied à l’étrier et se tailler durablement une place dans le septième art après trois productions plus ou moins remarquées et optent pour un uppercut assez violent et graphique pour marquer durablement la rétine.

Le hic, c’est que ce genre d’entreprise ne saurait exister dans les circuits traditionnels et que le film passe pour anachronique en reprenant à la lettre les mêmes tics et thèmes que la plupart des rape and revenge des 70’s. Traquant sans cesse I Spit on your Grave et La Dernière Maison sur la gauche, le trio suédois n’en reproduit que l’ombre et décide in fine de plonger profondément ses mains dans les abats (Logique, non ?). S’enclenche alors, après quelques péripéties échevelées, un déluge de destructions anatomiques sitôt la partie ’"revenge" mise sur les rails, allant de la scarification à l’émasculation. Un renversement des rôles plutôt couru dans le genre bien qu’à contre-courant du label de la société montée par les créateurs pour produire leurs œuvrettes, Stockholm Syndrome Film.

Winklund et Laguna (Sonny, même pas Renaud) reprennent donc tous les codes et les réinjectent dans cette bande aussi extrême que basique. We Are Monsters se pose comme un décalque à la fois trop sage pour les amateurs et trop extrême pour les néophytes des fleurons du rape and revenge.


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