Critique de film

Vendredi 13

"Friday the 13th"
affiche du film
  • Genre : Horreur, slasher
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 2009-02-11
  • Réalisateur : Marcus Nispel
  • Pays d'origine : USA
  • Budget : 16 millions de dollars
  • Scénariste : Mark Swift & Damian Shannon
  • Musique : Steve Jablonsky
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jared Padalecki, Derek Mears, Amanda Righetti, Ryan Hansen,...
  • Récompenses : aucune

Un groupe d'adolescents se met en tête d'explorer le vieux camp de Crystal Lake. Très tôt, ce qu'ils pensaient être un week-end de rêve se transforme en horrible cauchemar quand ils se retrouvent chacun leur tour confronté à la machette du maniaque connu sous le nom de Jason Voorhees.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Vendredi 13 - Synthèse presque parfaite
Par : Quentin Meignant


1980. Alors que le monde entier peine à se remettre du coup de boutoir asséné par Carpenter avec son Halloween deux ans plus tôt, le film d’un inconnu, Sean S.Cunningham, récidive et conforte la mode du slasher. Ce film, c’est bien entendu le légendaire Vendredi 13 qui, malgré un déroulement fort classique et un budget filiforme de 700.000 dollars, fait le tour du monde et charme des générations entières de fantasticophiles. A l’origine d’une saga de 10 épisodes et du crossover Freddy contre Jason, l’œuvre de Cunningham inspira aussi de nombreux réals prêts, eux aussi, à tenter leur chance dans le domaine. Du poisseux Massacre au Camp d’été au foireux Camp Blood, nombre de cinéastes s’essaient à un art qui, s’il se veut classique, se révèle être particulièrement impressionnant. Le genre slasher, balisé qu’il était par Halloween et Vendredi 13, peinait néanmoins à se renouveler et il fallut attendre le début des années 2000 pour espérer un renouveau par le biais de remakes. Platinum Dunes, la firme créée au début de ce siècle par Michael Bay, s’empara bien vite du phénomène en piochant allègrement dans la mythologie de Leatherface afin de constituer un nouveau Massacre à la tronçonneuse. Véritable succès mondial, cette relecture aura pour effet de révéler au grand public le talent du clippeur Marcus Nispel qui, même s’il ne signe pas le meilleur remake qui soit, parvient à restaurer l’atmosphère poisseuse de l’œuvre originale. Renforcée par cette heureuse expérience et par sa préquelle, Massacre à la tronçonneuse : Le commencement, Platinum Dunes envisage alors de s’attaquer à une autre œuvre horrifique historique : Vendredi 13. Nispel ayant fait ses preuves, il fut choisi sans autre forme de procès par la production pour assurer le spectacle dans ce film qui, à proprement parler, n’est pas un remake du métrage de Cunningham, comme le prouve le pitch. A la recherche de sa sœur disparue, Clay pénètre dans les mystérieux bois qui entourent le légendaire site de Crystal Lake pour y découvrir une cabane abandonnée, livrée au bon vouloir des arbres et plantes environnantes. Contre l’avis de la police locale, qui tente de l’avertir quant au drame s’étant déroulé en ces lieux des années auparavant, il poursuit son enquête avec le peu d’indices qu’il a en sa possession et fait bientôt la rencontre d’une jeune femme, venue avec ses amis pour vivre un week-end riche en sensations fortes. Et ils ne seront pas déçus de ce côté-là car, sans le savoir, ils viennent de pénétrer sur le territoire d’un des plus terrifiants tueurs sévissant aux Etats-Unis. Machette aiguisée en main, Jason Voorhees se lance dans un nouveau jeu de massacre...

Dès l’instant où la première image apparaît sur l’écran, Nispel, en bon clipper qu’il a été, se lance dans une course à l’esthétique rare. Sombre à souhait, la première séquence revisite le mythe de Jason et de sa maman en cinq minutes chrono. Seul élément véritablement tiré de l’œuvre de Cunningham, le décès de la génitrice du tueur est remodelé de fort belle manière, ne laissant que peu de répit au spectateur. Arrive ensuite la première partie d’une aventure qui verra Jason se lancer dans un véritable jeu de massacre. Mise en scène d’adolescents obnubilés par les drogues et le sexe, l’entame de ce nouveau Vendredi 13 se veut fun et humoristique. Des répliques crues de très bonne qualité ainsi qu’un objectif un brin décalé (les héros sont en quête d’un champ de cannabis) sont au programme d’un réalisateur qui ne tarde néanmoins pas à sonner l’ouverture de la chasse. Un tueur vif et violent à souhait apparaît alors pour massacrer du djeunz dégénéré, ancrant toujours plus le métrage dans la vague slasher des 80’s. Malheureusement, si les répliques d’anthologie continuent à fuser par ci par là, le spectacle n’est quant à lui pas au rendez-vous. La frilosité de Nispel à montrer l’atrocité des actes de Jason ne favorise guère une intrigue au rythme pourtant échevelé. Malgré le caractère oppressant lié à la vitesse dont se déroulent les événements, la première partie de l’œuvre tombe donc à plat.

C’est alors que le cinéaste fait preuve d’une originalité certaine en exterminant très vite ses victimes qu’il remplace par… une deuxième fournée, toujours constituée de mecs accro à la fumette et de jeunes filles à la vertu un peu mince. Le simple fait de laisser son métrage partir sur de nouvelle base, à peine liées avec celles de la première moitié de l’œuvre, semble réveiller le metteur en scène. Toujours avide de bons mots, celui-ci balance avec une verve certaine un humour encore plus prononcé avant de se livrer à un jeu du chat et de la souris cette fois parfaitement maîtrisé. Jason, qui se montre enfin carrément affolant et qui se retrouve chanceusement affublé d’un masque de hockey au design incomparable, se livre enfin au spectateur dans sa plus profonde brutalité. Après quelques bavardages assez sympathiques, Nispel offre une scène aquatique qui donnera enfin, avec force de détails, un spectacle aux relents gores et poisseux digne de ce nom. Trépanations et énucléations sont alors soumises à l’attention de futures victimes stressant généreusement à l’approche de l’habitant de Crystal Lake. Glissant petit à petit sur le terrain du survival, Vendredi 13 acquiert alors un rythme encore supérieur dégageant une bonne dose d’adrénaline. Cette dernière se verra prolongée vers un final qui use un peu par sa longueur et par son côté fleur bleue, chose que Nispel corrigera par un dernier plan salvateur.

Du mythe créé par un slasher classique, Nispel est parvenu à tirer la quintessence pour engendrer la synthèse parfaite d’une saga toute entière. Maniant à merveille l’art du rythme et peaufinant son montage au fil du temps, le cinéaste offre un merveilleux moment de cinéma, véritable hommage que les fans de la série Vendredi 13 apprécieront comme il se doit. Platinum Dunes avait annoncé un slasher fun et l’a livré sans problème, ce qui n’était pourtant pas chose aisée. Voilà qui rassure donc dans l’optique de la relecture déjà programmée d’un autre mythe : Freddy Krueger !


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