Critique de film

Vamp

"Vamp"
affiche du film
  • Genre : Comédie horrifique - Vampires
  • Année de production : 1986
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Richard Wenk
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h33
  • Budget : 1,9 millions de dollars
  • Scénariste : Donald P. Borchers, Richard Wenk
  • Musique : Jonathan Elias
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Sandy Baron, Grace Jones, Chris Makepeace, Dedee Pfeiffer, Robert Rusler, Billy Drago, Brad Logan, Gedde Watanabe
  • Récompenses : Aucune

A la recherche d'une stripteaseuse devant être la vedette de leur prochaine party, deux jeunes amis se rendent à l'After Dark Club, un endroit sinistre. Peu après leur arrivée, ils découvrent qu'il s'agit d'un repaire de vampires...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Vamp - Les strip-teaseuses ont les crocs
Par : Fred Pizzoferrato


Cette petite production sympathique, typique des années ’80, doit sa relative notoriété à la présence, en haut de l’affiche, de la chanteuse Grace Jones, laquelle n’y a pourtant qu’un rôle relativement bref. Le métrage, pour sa part, alterne passages sérieux et humour potache avec une certaine efficacité et se suit sans déplaisir même si son scénario parait fort convenu et sans surprise.

Deux copains, Keith et AJ, souhaitent intégrer une prestigieuse confrérie estudiantine dont ils jugent les cérémonies d’initiation bien ternes. Soucieux d’organiser une fête mémorable, les deux amis, accompagnés d’un jeune « Nerd » prénommé Duncan, prennent leur voiture pour gagner la grande ville, où ils espèrent dénicher une strip-teaseuse talentueuse. Leur quête les conduit dans un club branché, le After Dark, dirigé par l’étrange Vic et dont la vedette se nomme Katrina. Malheureusement, les danseuses qui fréquentent l’établissement ont les dents longues et AJ ne tarde pas à succomber sous les charmes de Katrina. Il devient lui aussi un vampire tandis que Duncan, Keith et une demoiselle non « infectée » tentent de fuir, poursuivis par les créatures de la nuit.

Dans la lignée de Vampire, vous avez dit vampire ? (et dans une moindre mesure de Génération perdue), l’œuvre de Richard Wenk (qui inspira probablement Bordello of blood et Une nuit en enfer) amorce un mouvement cinématographique visant, d’une part, à rajeunir les protagonistes des histoires de vampires et, d’autre part, à rendre les créatures de la nuit plus attirantes et glamour. Une tendance ensuite poursuivie par les adaptations d’Anne Rice (Entretien avec un vampire, La reine des damnés) et, bien sûr, la saga Twilight.

Revu aujourd’hui avec tendresse et nostalgique, Vamp reste un film sans prétention qui vise uniquement à divertir et y parvient à plusieurs reprises. Délaissant tout souci de réalisme, Richard Wenk transforme la ville où échouent ses jeunes héros en une zone étrange littéralement noyée sous les couleurs vives et contrastées. Le cinéaste projette en effet sur chaque décor des lumières rouges et vertes, lesquelles se détachent agressivement sur les ténèbres de la nuit. A la manière des cinéastes populaires italiens (Bava et Argento en tête), Wenk compose un univers personnel à mi chemin entre le conte de fées macabre et l’esthétique vidéoclip, alors en vogue. Sorte de décalque cauchemardesque de After hours, le film ne perd guère de temps à expédier ses principaux protagonistes dans ce monde dépravé (« nous ne sommes plus au Texas » cite malicieusement l’un d’eux) dans lequel tout, et surtout le pire, peut arriver. Malheureusement, si certains passages fonctionnent toujours, du moins avec un minimum d’indulgence, d’autres, par contre, apparaissent aujourd’hui particulièrement datés et gentiment ringards, ce parti pris tape à l’œil n’ayant pas spécialement bien vieilli. Heureusement, Vamp bénéficie de quelques solides atouts pour demeurer plaisant.

Les dialogues, tout d’abord, sont amusants sans que le métrage ne verse totalement dans la parodie. Par exemple lorsqu’un personnage s’exclame « Tous ces gens sont des vampires », un autre lui rétorque « Ca n’en fait pas nécessairement de mauvaises personnes pour autant ». Pour illustrer ce propos, Vamp transforme d’ailleurs un des collégiens en vampire mais ce dernier demeure, contre toute attente, un ami fidèle désireux d’aider ses compagnons à survivre à cette terrible nuit. Cette situation originale permet des séquences à la fois humoristiques et touchantes, étonnantes dans un produit (en apparence) de consommation courante.

De leur côté, les acteurs semblent s’amuser, en particuliers le trio comprenant Robert Rusler (Une créature de rêve, La revanche de Freddy), Chris Makepeace et Gedde Watanabe (16 bougies pour Sam), auxquels s’ajoutent Dedde Pfeiffer (House 3 - The horror show), le vétéran Sandy Baron et l’impressionnant Billy Drago (Invasion USA, Delta force 2, Hunter’s blood) en psychopathe albinos.
Placée en tête d’affiche, Grace Jones, toute auréolée de la célébrité acquise via Conan le destructeur et Dangereusement vôtre, incarne, elle, une reine vampire millénaire aussi sexy que redoutable. Un rôle court mais mémorable de part sa sensualité animale exacerbée.

Si Richard Wenk a montré, avec Vamp, de prometteuses dispositions pour le fantastique, il ne fit malheureusement guère parler de lui par la suite. Néanmoins, il écrivit le scénario d’un film d’action potable (16 blocks avec Bruce Willis) et codirigea, en 2002, Wishcraft. Sa mise en scène particulièrement outrancière et tape à l’œil accuse aujourd’hui un sérieux coup de vieux mais inscrit cependant le métrage dans son époque et lui confère, au moins, un certain panache visuel et une véritable identité, quoique pas toujours réussie.

En dépit des ravages du temps, de quelques longueurs et d’effets visuels datés, Vamp demeure un plaisant divertissement et se laisse voir avec le sourire et une bonne dose de nostalgie. Ce qui n’est déjà pas si mal pour ce genre de série B.


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