Critique de film

Vacuum killer

"Vacuum killer"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Doctor Chris
  • Pays d'origine : Belgique
  • Durée : 1h13
  • Budget : 25 000 euros
  • Scénariste : Christophe Lamot
  • Musique : Celsius, Shaper
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Christophe Lamot, Jacques Verbist, Aldo Palucci, Olivier Addons, Claudy Delfosse
  • Récompenses : Aucune

Une femme de ménage travaillant dans une major de l'industrie du disque se fait virer. Désespérée, elle se suicide. Chris, son fils assistant de laboratoire, tente de la ressusciter, mais l'expérience tourne au drame. Blessé gravement au bras droit, il se réfugie alors chez Jim Lalien, un ami dealer, où il se drogue pour atténuer la douleur. Dans un moment de folie, il se greffe un aspirateur à l'avant-bras et se transforme en un justicier vengeur : le Vacuum Killer. Il est maintenant prêt à entamer un grand nettoyage de la société !

Les critiques à propos de ce film

Critique de Vacuum killer - Machine man
Par : Damien Taymans




Une musique digne des foires campagnardes. Un plateau de télé miteux. Un jeu : « Tuer c’est gagner ». Deux concurrents jouent à la roulette russe devant quelques spectateurs et une foule de téléspectateurs. Le vainqueur reçoit un chèque de mille euros tandis que la famille du défunt se contente d’un abonnement à « Suicide Mag » et d’une crémation gratuite. Le présentateur un peu pataud interroge la veuve pas si éplorée que ça : « Je suis un peu déçue de la prestation de Polo. Mais le mois prochain, je vous enverrai le p’tit. »

Pas de doute, Vacuum killer est bien un mad movie. Indubitablement, ce produit atypique émane du plat pays qui est le mien. Cette Belgique chérie peu encline à proposer des œuvres de genre parce que l’étiquette sied mal aux apparats très BCBG du cinéma intellectualiste belge. Alors, il faut se repaître des créations prototypiques de quelques génies (C’est arrivé près de chez vous et Calvaire en sont des exemples frappants). Dans ce contexte difficile, Christophe Lamot, alias Doctor Chris, éprouve bien des difficultés à mettre son métrage sur pied. Toisé par les producteurs, méprisé par ses pairs, Chris n’a pas les moyens de ses ambitions mais se démène comme un beau diable pour faire aboutir son projet.

Les productions indépendantes ne sont généralement pas vues d’un bon œil en raison des défauts majeurs qu’elles accumulent par faute de moyens ou… de talent. Scénario simpliste, acteurs peu crédibles recrutés à la sortie de Salut les musclés, effets spéciaux risibles nécessitant des pots entiers de ketchup Heinz® sont les ingrédients constitutifs de la majorité de ces films poliment estampillés d’underground à défaut de les cataloguer dans le Z. Si Vacuum killer n’évite pas complètement tous ces écueils (le film tourne quelque peu en rond une fois l’heure passée), l’ensemble est contrebalancé par une générosité de tous les instants et une originalité sans faille.

Plongeant volontiers ses deux mains dans le cambouis, Christophe Lamot ne fait jamais dans la demi-mesure. Souhaitant créer une œuvre originale, le réalisateur-scénariste-producteur pond un pitch pour le moins singulier qui lorgne du côté de Evil Dead 2 pour remplacer la tronçonneuse ashienne par un aspirateur dernier cri, clin d’œil au métier de la mère du héros et symbole du « nettoyage » qu’entend effectuer Chris Burst. Œuvre hommage que ce Vacuum killer qui navigue du film de super-héros au vigilante pur et dur en n’excluant pas son étiquette goresque ni l’esquisse sociétale réalisée « à la queue de vache ». Les personnages atypiques volontairement têtes à claques ne dénotent pas tellement avec la lie de la société actuelle symbolisée par le père alcoolique, le dealer zoophile, la poufiasse adepte de la promotion canapé et le big boss qui ne pense qu’au cul et au fric.

Légèrement exagéré, complètement décalé, ce Vacuum killer mérite incontestablement de se hisser au panthéon du cinéma Z qu’il revendique. Foutrement original bien que quelque peu inégal, le métrage constitue incontestablement l’un des porte-drapeaux de ce cinéma un peu autre, un peu étrange, mais tellement plaisant et jouissif qu’on lui pardonne ses excès et fautes de goût.

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