Critique de film

VHS 2

"S-VHS"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : --

Séquelle de l'anthologie VHS

Les critiques à propos de ce film

Critique de V/H/S 2 - Soyez sympas, éjectez
Par : Damien Taymans




Nouvelle compilation de found footage sur cassettes vidéos et nouvelle équipe pour renouveler le genre. Un programme apte à rassurer les déçus du premier livret convoquant le gratin de la production indépendante parmi lesquels l’expatrié Gareth Evans, auteur de l’actioner survitaminé The Raid, son compère indonésien Timo Tjahjanto qui s’est fait remarquer avec Macabre et le segment le plus virulent de l’anthologie ABC’s of Death, le chevronné Eduardo Sanchez qui a gagné ses galons par l’intermédiaire du documenteur The Blair witch Project et le grindhouse-maker Jason Eisener (Hobo with a shotgun). Un gratin pour une compilation gratinée...

L’histoire de liaison présente un privé et sa complice enquêtant sur la disparition d’un jeune homme. Dans sa garçonnière, ils tombent sur une pile de VHS que la détective est chargée de consulter afin de faire progresser l’enquête. Le procédé n’a pas évolué d’un iota depuis le précédent épisode : un florilège composé de vestiges vidéoscopés, refilés sous le manteau, pris sur le vif par des vidéastes amateurs qui ont immortalisé des séquences effrayantes se retrouve dans une pièce à l’ambiance mortifère. L’objectif desdites séquences ne varie pas : proposer aux spectateurs une autre idée de ce que le "point of view" peut offrir en diversifiant les points d’entrée techniques, plus incongrus les uns que les autres (un des segments est camescopé par un clébard, un second fait appel à une technologie plus avancée, à savoir un globe oculaire serti d’une caméra espion) quand le b.a.-ba du found footage réclame des caméras de surveillance à tous les coins de la casbah ou, au mieux, emmanchées sur un pied de ventilo. Ensuite, la bande de trublions s’adonne au found footage de gueule en bonne et due forme et dissèque, avec leur médium particulier, des situations singulières comme cette épidémie zombiesque focalisée sur le point de vue du mort-vivant (le sketch de Sanchez) ou cet enlèvement d’extraterrestres nettement plus explicite que le malheureux The Fourth Kind. Mais la seule vraie surprise réside dans le segment des Indonésiens Timo Tjahjanto et Gareth Evans (immigré tardif venant du Pays de Galles), Safe Haven, suit une équipe de vidéastes qui s’invite dans le temple d’une secte pour tenter de confondre le gourou et éclairer l’extérieur sur ses pratiques douteuses (dont une pédophilie implicitement dénoncée). A l’irrévérence succède la terreur soutenue par un montage épileptique mais un vrai sens du cadrage qui met en valeur chacun des éléments horrifiques du récit.

Une gouttelette de créativité dans un océan de portnawak destiné à en mettre plein la vue aux spectateurs (du gore à la louche, des jump scares à faire balbutier le pacemaker des plus fébriles) au détriment de la moindre inventivité. Mieux vaut se tourner vers l’utilisation plus classique et classieux du found footage opérée par Barry Levinson dans The Bay. Mais, tant que les cœurs Américains battront la chamade pour ce genre d’exercice, nous continuerons à nous coltiner ces fonds de tiroir désincarnés...


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