Critique de film

Un jour sans fin

"Groundhog Day"
affiche du film
  • Genre : Comédie fantastique
  • Année de production : 1993
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h43
  • Budget : 14.600.000 dollars
  • Musique : George Fenton
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Phil Connors, journaliste à la télévision et responsable de la météo, part faire son reportage annuel dans la bourgade de Punxsutawney où l'on fête le "Groundhog Day" : "Jour de la marmotte". Dans l'impossibilité de rentrer chez lui à Pittsburgh pour cause d'intempéries, il se voit forcé de passer une nuit de plus dans cette ville perdue. Réveillé très tôt le lendemain, il constate que tout se produit exactement comme la veille et réalise qu'il est condamné à revivre indéfiniment la même journée, celle du 2 février...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Un Jour sans fin - La ritournelle du bonheur
Par : Nicolas Zinque


Depuis Un Jour sans fin, hiver et marmottes sont indissociablement liés. Le film d’Harold Ramis aura popularisé cette coutume américaine, selon laquelle le rongeur est censé prédire la fin plus ou moins proche de la saison blanche. Mais au-delà de l’anecdote drôle, cette comédie d’apparence inoffensive aura eu un impact étonnant, dépassant les cadres du grand écran.

Le projet est porté par deux hommes : le plus connu est naturellement Bill Murray, acteur alors au sommet de sa gloire après des succès comme Le Golf en folie, Les Bleus et SOS Fantômes. Trois films dont les scripts sont justement signés Harold Ramis, un faiseur de comédies dont on sous-estime souvent l’importance. Scénariste, acteur et réalisateur, il est le co-auteur d’œuvres aujourd’hui entrées au panthéon du cinéma. A côté de leurs ressorts humoristiques, elles excellent par leurs concepts simples mais puissants, comme dans ce Jour sans fin.
Au commencement, il y a cette histoire, aujourd’hui connue de tous : Phil Connors, un Monsieur Météo à l’orgueil stratosphérique, est envoyé à Punxsutawney pour couvrir le fameux Jour de la Marmotte en compagnie d’un caméraman et de la productrice Rita. Quelques sarcasmes et puis s’en va… du moins c’est ce qu’il croit : cueilli à froid par une tempête de neige, il se voit contraint de passer la nuit dans le bled. A son réveil, il constate avec stupéfaction, consternation et horreur que les évènements de la veille se reproduisent… encore et encore ! Pris dans une boucle temporelle inexplicable et inexpliquée, il semble condamné à revivre indéfiniment cette journée hivernale !

Sur le plan cinématographique, l’apport de cette œuvre se situe plus dans cette structure en boucle puisqu’elle a, sinon fondé un sous-genre des voyages temporels, en a du moins fait une valeur sûre, régulièrement rafraichie. Une idée sans laquelle The Groundhog day n’aurait été qu’une sympathique mais inoffensive comédie romantique dont il reprend d’ailleurs les caractéristiques principales. Ainsi, la transformation d’un personnage arrogant en un être attentionné et l’happy end amoureux sont-ils très classiques. On retrouve également cette construction narrative courante du couple qui se rapproche une première fois sans succès, avant de se retrouver pour de bon. Harold Ramis (et le co-scénariste Danny Rubin) se démarque toutefois en altérant légèrement la progression linéaire habituelle, puisque les autres personnages ne peuvent pas vraiment évoluer. Une force et une faiblesse, l’intrigue tournant régulièrement à vide. Nombre de scènes se suivent de manière décousue et sont interchangeables : elles s’avèrent souvent inutiles sur le plan narratif et n’ont pour seul but que de faire rire, en insistant sur le comique de répétition, auquel se prête magnifiquement la boucle temporelle. Elles font pourtant le charme de cette histoire, capable de susciter des émotions variées, entre la joie et la tristesse, lors de quelques séquences véritablement touchantes.
Ce n’est que vers la fin que la situation se débloque, lorsque Phil comprend, de manière inconsciente, la raison de cette prison temporelle. Un Jour sans fin s’affirme alors comme le récit d’une renaissance, d’une seconde chance saisie par un personnage qui trouve l’épanouissement en se mettant au service des autres de manière désintéressée. C’est la réunion de cette philosophie et d’une structure narrative inhabituelle qui lui a conféré une portée universelle.

Tel Phil Connors, qui a pris du temps pour arriver à maturité, Un Jour sans fin a mis des années à atteindre son statut de classique. Rentable mais tout de même loin du triomphe public à sa sortie, il est aujourd’hui régulièrement cité dans les listes reprenant les meilleurs films du XXe siècle. Peut-être est-ce parce qu’il reste une gentille petite comédie dont les sous-textes n’apparaissent qu’après plusieurs visionnages….


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