Critique de film

Ultimate Game

"Gamer"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mark Neveldine, Brian Taylor
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h35
  • Scénariste : Mark Neveldine, Brian Taylor
  • Musique : Robb Williamson, Geoff Zanelli
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Gerard Butler, Michael C. Hall, Zoe Bell, Milo Ventimiglia, Alison Lohman, John Leguizamo, Logan Lerman, Amber Valletta, Kyra Sedgwick, Keith David,...
  • Récompenses : Meilleure bande-annonce aux Golden Trailer Awards 2009

Dans un futur, la technologie a ravagé la société. Des humains contrôlent d'autres humains. Dans ce contexte un milliardaire reclus, Ken Castle a créé une forme de divertissement controversé portant le nom de Chasseurs. Ce jeu très populaire permet à des millions de personnes de réaliser tous leurs désirs, leurs fantasmes, en ligne, à la face de tous. Mais le jeu a évolué vers une nouvelle dimension, celle du contrôle de l'esprit et de la manipulation. Kable est un héros culte du jeu "Chasseurs", il est un personnage ultra violent du jeu. Kable est contrôlé par Simon, un jeune joueur, une véritable star qui mène Kable à la victoire chaque semaine. Enlevé à sa famille, emprisonné puis contraint à se battre, Kable est un gladiateur des temps modernes. Il doit survivre assez longtemps pour sortir du jeu et libérer sa famille et tenter d'anéantir le technologie barbare de Castle.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ultimate Game - Du n’importe quoi 2.0
Par : Romain Mollet




En cette année 2009, rares sont les films d’actions à gros budget réellement réussis. D’un côté Terminator Renaissance parvenait avec difficulté à devenir une série B très efficace, mais restait aux antipodes des chefs-d’œuvre de James Cameron, tandis que Transformers 2, de son côté, devenait irritant à force de mettre les bouchées doubles. Quant à G.I Joe, l’auteur de ces lignes ne l’a pas vu, et mes confrères chroniqueurs vous en parleront donc certainement mieux que moi.

Dès lors, comment ne pas appréhender Ultimate Game, nouveau métrage du tandem déjanté de Hyper tension, Mark Neveldine et Brian Taylor ? Arrive l’heure du constat : Gamer, de son vrai nom, ne rénove en rien le genre du cinéma d’action d’anticipation, au contraire même, puisqu’il se contente de puiser ses influences à droite, à gauche. Pourtant, on ne peut nier qu’il se démarque très aisément des autres produits du genre, et ce pour plusieurs bonnes raisons. Tout d’abord, à l’instar de leur saga avec Jason Statham, les deux compères parviennent à faire du jeu vidéo au cinéma. Fini l’influence de Grand Theft Auto, le film devient une bonne illustration de ce que pourrait donner Counter Strike en live. Porté par une réalisation épileptique, l’avalanche de fusillades, d’hémoglobine et d’explosions en tous genres devient vite immersive. Slayers, le jeu de simulation virtuelle dans lequel s’aventure l’excellent Gerard Butler, est un univers tellement "bigger than "bigger than life"" qu’il en devient soit jouissif soit excessif, selon le point de vue.

Mais au-delà de ces moments d’action bourrins et réussis, le métrage s’avère réellement intéressant dans sa volonté de dénoncer, de façon plutôt pertinente, l’addiction actuelle de notre société aux évasions médiatiques virtuelles. A une heure où une grande partie de la planète possède déjà un alter-égo virtuel qu’il utilise dans divers FPS en ligne ou tout simplement sur Second Life, il n’est pas impossible de craindre les répercussions que cela pourrait avoir sur la société future.
Et c’est le parti-pris efficacement mené des deux auteurs, à savoir dénoncer à travers l’exagération pure et simple les dangers de ces médias. Dans le futur "pas si lointain" qu’ils nous proposent, il n’y a plus d’êtres à l’intelligence artificielle dans les jeux, remplacés par de vrais êtres humains, faits de chair et d’os. Certains sont condamnés à y mourir, d’autres sont payés pour être dirigés par d’autres, comme dans Society, communauté utopique en apparence, mais mentalement déviante en réalité. En effet, dans les deux cas, les joueurs trouvent en ces jeux le moyen de sublimer toutes leurs pulsions, d’accéder à un sadisme qu’ils ne pourraient se permettre dans la réalité. Ainsi, derrière l’une des icônes sexys et vivantes de Society peut se cacher un pervers obèse, comme derrière un simple soldat s’exprimerait la soif de violence d’un jeune adolescent. Un véritable "Etat de Nature" virtuel en quelque sorte, idée toute aussi intrigante que casse-gueule, ce à quoi n’échappe pas l’oeuvre.

Cette anticipation chaotique et improbable donne d’abord lieu à des scènes subversives rappelant parfois l’aspect décalé de RoboCop. Le chef-d’oeuvre de Verhoeven critiquait la puissance du capitalisme dans une Amérique où les flics faisaient grève et où les politiciens n’avaient plus aucun pouvoir, à travers le personnage d’Alex Murphy, homme devenu machine à tuer sauvé par le restant de son humanité. Chez Neveldine/Taylor, c’est le contrôle de plus en plus total du monde par les médias vidéoludiques qui est visé, et c’est à un homme injustement condamné à mort (et pourtant acclamé par les foules) et à qui on a enlevé toute humanité qui trouvera la force de se rebeller contre le système. Une idée de départ politiquement incorrecte qui finira malheureusement par s’estomper au fur et à mesure.

Là où le film culte réussissait à être à la fois ironique, émouvant et violent, Gamer échoue terriblement sur les points essentiels. Si au niveau de la violence le résultat est très efficace (même si certains gimmicks empêchent le tout d’être parfait), le film ne parvient pas à garder cette même ironie tout au long de son déroulement et commence à s’essouffler au moment où Kable, héros du film, devient un fugitif avec sa femme ("actrice" dans Society, jouée par la belle Amber Valletta) tel Schwarzy dans Running Man. Une relation qui forge tout le caractère de son personnage, mais qui est hélas maladroitement traité par le tandem, l’émotion ne touchant jamais le spectateur. Efficace durant une heure, Ultimate Game commence à montrer ses limites dans un final bâclé, à défaut d’être amusant et imprévisible. Butler y affronte inutilement ses ennemis un par un, aidé par son alter-égo adolescent (sic), avant d’arriver enfin au grand méchant de l’histoire, Ken Castle milliardaire excentrique et manipulateur, rôle dans lequel Michael C. Hall cabotine plus que jamais, loin de l’image culte de son personnage Dexter. La fin, trop expédiée, dont l’idée s’avère parfois en contradiction avec les thèmes précédents, plombe finalement le tout plus qu’autre chose.

Malgré un ensemble assez régressif et parfois hallucinant de connerie, cette sympathique série B (pour ne pas dire nanar) saura faire office de véritable plaisir coupable auprès d’un certain public (ami geek, ce film est pour toi !), et ainsi se glisser parmi les meilleurs films de SF/action de l’année. Enfin, "meilleur" est un bien grand mot, on aimerait bien voir mieux que ça à l’écran tout de même, et c’est bien dommage que Ultimate Game, malgré ses intentions, ne soit pas aussi cool qu’il aurait probablement pu l’être.

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