Critique de film

Transformers : l'âge de l'extinction

"Transformers: Age of Extinction"
affiche du film
  • Genre : Action, Science-fiction
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Michael Bay
  • Pays d'origine : USA, Chine
  • Budget : 165 000 000 de dollars
  • Musique : Steve Jablonsky
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Quatre ans après les événements mouvementés de "Transformers : La Face cachée de la Lune", un groupe de puissants scientifiques cherchent à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie. Au même moment, un père de famille texan, Cade Yeager, découvre un vieux camion qui n’est autre qu’Optimus Prime. Cette découverte va lui de attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer les Transformers. Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Décepticons refait surface…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Transformers : l’âge de l’extinction
Par : Fred Pizzoferrato




Après un premier épisode sympathique ayant généré de colossales recettes, la saga « Transformers » prit la voie de la surenchère avec une séquelle ratée et un troisième épisode potable quoique boursouflé. Ayant terminé sa « première trilogie », Michael Bay reprend la série avec de nouveaux personnages humains mais laisse comme toujours la véritable vedette à l’inévitable Optimus Prime.

Trois ans après la bataille finale entre les Autobots et les Decepticon, Chicago est toujours un tas de cendres à reconstruire. Les robots extraterrestres, déclarés hors la loi, sont victimes d’opérations d’extermination menées par le gouvernement américain. Pendant ce temps, un inventeur texan désargenté, Cade Yaeger, fait l’acquisition d’un vieux camion qu’il se propose de retaper. A sa grande surprise, le véhicule se révèle être le fugitif Optimus Prime, lequel rassemble ses alliés, les derniers Autobots. L’inventeur, sa fille et son copain se lancent de leur côté à la poursuite d’un industriel, Joyce, qui récupère le métal transformique alien pour créer ses propres machines de combats, menés par Galvatron, alias Megatron revenu à la « vie ».

Débordant d’action, Transformers 4 s’avère malheureusement plus éreintant que passionnant. Après un premiers tiers d’exposition lourdement explicatif mais acceptable, Bay lance la machine sans la moindre finesse. La caractérisation des humains est donc rapidement sacrifiée (le héros n’éprouve aucune réaction à la mort de son meilleur ami mais traverse le film au bord de l’hystérie parce que sa fille a un copain !) au profit d’une déferlante d’action. Si le côté spectaculaire fait illusion, le (trop) long-métrage s’effondre malheureusement, victime de ses excès : les 90 (!!!) dernières minutes alignent les destructions massives sans jamais accorder la moindre respiration à son intrigue nébuleuse et rachitique. Difficile, d’ailleurs, de comprendre vraiment les tenants et aboutissants d’un scénario qui empile les scènes sans se soucier de construire une trame un tant soit peu intéressante. Bay, de son côté, se lâche dans une mise en scène frénétique dans laquelle aucun plan ne dure plus d’une seconde et où la caméra devient parkinsonienne lors des poursuites en voiture.
Dès lors comment encore s’intéresser aux explosions successives qui, par leur niveau sonore assourdissant, fatigueront les plus indulgents. En dépit d’effets spéciaux démentiels prouvant que tout (oui tout !) peut, à présent, être concrétisé sur un écran de cinéma pour peu que l’on s’en donne les moyens, Transformers 4 finit donc par ennuyer…un comble pour ce qui devait être un simple gros divertissement estival.
L’humour, incroyablement lourd, n’aide guère à digérer tout ça même si, accumulation oblige, certaines répliquent décrocheront un sourire aux plus indulgents. Hors des scènes d’action, Transformers 4 apparaît, en outre, horriblement bavard et gavé de dialogues pseudo-scientifiques dénué d’intérêt. Notons enfin que les dinobots, largement mis en avant par la campagne publicitaire, n’apparaissent en réalité que durant les dix dernières minutes.
Dans ce fatras frénétique, difficile d’isoler certaines scènes plus efficaces. Pourtant quelques passages fonctionnent agréablement : la fuite des héros sur des câbles pourchassés par des canidés mécaniques s’avère prenante et le final avec le vaisseau alien possède une certaine puissance destructrice appréciable. Malheureusement, noyées dans un magma de pyrotechnie incessante, elles finissent par perdre tout impact, Bay se sabordant lui-même par ses excès.
Comme de nombreuses superproductions récentes, une large partie de Transformers 4 se déroule en Chine, devenu la nouvelle terre promise des cinéastes hollywoodiens en quête de rentabilité immédiate. Ce qui permet surtout un placement de produits encore plus agressif que dans les trois précédents opus. La seule véritable nouveauté est la nouvelle attitude de la franchise : jadis clairement du côté des forces américaines triomphantes, Bay les présente à présent comme les salopards tandis qu’il prend fait et cause pour le « vrai américain », représenté par un Mark Wahlberg désargenté et travailleur avec sa casquette de baseball et son adolescente rebelle.

Loin du divertissement popcorn réjouissant qu’était le premier volet, ce quatrième épisode s’enfonce encore davantage dans la surenchère stérile et le spectacle non-stop. Son colossal budget (plus de 200 millions de dollars) ne l’ayant pas empêché de triompher partout dans le monde (plus de 700 briques en une semaine), il est à craindre que l’inévitable cinquième épisode aille encore plus loin dans l’excès.


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