Critique de film

Transformers 2 La revanche

"Transformers : Revenge of the Fallen"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Michael Bay
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h28
  • Budget : 200 millions de dollars
  • Scénariste : Ehren Kruger, Roberto Orci, Alex Kurtzman
  • Musique : Steve Jablonsky
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Shia LaBeouf, Megan Fox, Hugo Weaving, Rainn Wilson, Josh Duhamel, John Turturro, America Olivo, Isabel Lucas, Tyrese Gibson, Matthew Marsden, Peter Cullen
  • Récompenses : Aucune

Deux ans se sont écoulés depuis que Sam Witwicky a sauvé l'univers d'une bataille décisive entre les deux clans rivaux de robots extraterrestres. Malgré ses exploits, Sam reste un adolescent préoccupé par les soucis des jeunes gens de son âge : alors qu'il s'apprête à entrer à l'université, il doit se séparer de sa petite amie Mikaela et de ses parents pour la première fois de sa vie. Il lui faut aussi tenter d'expliquer son départ à son nouvel ami, le robot Bumblebee. Sam aspire à vivre une vie normale d'étudiant, mais il doit tourner le dos à son destin pour y parvenir. Si Sam a fait ce qu'il a pu pour tirer un trait sur le conflit qui a eu lieu à Mission City et revenir à ses préoccupations quotidiennes, la guerre entre les Autobots et les Decepticons, tout en étant classée secret défense, a entraîné plusieurs changements. Le Secteur 7 a ainsi été dissout et son plus fidèle soldat, l'agent Simmons, a été révoqué sans ménagement. Résultat : une nouvelle agence, NEST, a été mise en place...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Transformers 2 - Trop fun
Par : Chroniqueurs




Par Dan Sinclair

Michael Bay aurait pu l’intituler « Le retour », son deuxième film de robots géants. Ou alors « Le fils de la vengeance », voire même « On a retrouvé Optimus ». Bref, un truc un peu marrant et original, mais non, il a choisi « Revenge of the fallen ». Tu parles d’une revanche ! Megatron prend dans ce deuxième volet une nouvelle dérouillée, encore plus tsunamesque que dans le premier. Et cette fois-ci, pour le même prix, son maître tout puissant déguste avec lui !

Mais calmons-nous deux secondes, et commençons par le commencement : le synopsis. Après une séquence d’intro, toujours narrée par le bel Autobot bleu-rouge et qui se situe 17.000 ans avant Jésus-Christ, on retrouve au temps présent Sam Witwicky, quittant le douillet nid familial pour rejoindre un campus universitaire. Bumblebee écrase une larme. Mikaela, elle, customise des motos dans l’atelier paternel, ce qui nous vaut au passage un plan quasiment piqué aux pages centrales de « Playboy ». Sam est couvé et materné comme il se doit par des parents inquiets. Faut les comprendre : dans les films de Michael Bay, un campus, c’est un repaire de nerds rêvant d’osmose avec Internet, alors qu’à l’extérieur rôdent des bombasses roulées comme dans un clip de gangsta rap, dragueuses jusqu’à n’en plus finir du footballeur américain type, c’est-à-dire musclé mais bête comme une paire de sandales.

Pendant ce temps, Optimus Prime et ses camarades travaillent de concert avec les soldats du Nest, l’unité d’élite constituée autour du soldat Lennox de l’épisode un. Au programme du jour : une partie de chasse au Constructicon. Qu’est-ce qu’un Constructicon ? C’est un Decepticon de chantier. Autrement dit : un méchant robot alien, de taille respectable, déguisé par exemple en pelleteuse ou en bétonnière. On se souviendra aussi que Megatron, le chef des Decepticons rétamés en 2007, gît au fond de l’océan. Eh bien plus pour longtemps, nous rassurent Ehren Kruger, Roberto Orci et Alex Kurtzman, les scénaristes du présent épisode. Parce que le Allspark, le cube géant qui permet de créer des mondes, n’a pas été entièrement détruit. Et quelques fragments éparpillés intéressent donc de nouveaux trublions, plus violents et retors encore que leurs prédécesseurs. Le genre de nouvelle qui tombe mal : un conseiller à la sécurité nationale, persuadé que les USA sont désormais assez grands que pour défendre seuls la planète, entend dissoudre le Nest et remballer chez eux tous les robots. Le con !

Pendant ce temps (je sais, ça fait beaucoup de « pendant ce temps », mais les auteurs ont volontairement multiplié les pistes narratives de départ pour qu’on pense voir autre chose que juste un film de Michael Bay). Bref, pendant ce temps, Sam est assailli par la vision répétée d’étranges symboles et coursé par une fille aussi voluptueuse qu’étrangement insistante. Ensuite ? Il vous reste à peu près 150 minutes pour le découvrir, entre quelques bagarres énormes, le pilonnage en règle de vos tympans (visionnez le film à distance prudente des baffles), des transformations toujours plus ahurissantes et toujours plus fluides, le tout avant une séquence finale avec l’hallucinant Devastator, au pied de la Grande Pyramide dont vous découvrirez au passage le vrai secret que même E.P. Jacobs n’y avait pas pensé !

Avouons-le : sous ce scénario tortueux et qui emprunte un peu à droite et à gauche (difficile de ne pas voir Darth Vador et l’Empereur dans la relation entre Megatron et son patron), animé en outre par le rock lourdingue de Linkin Park, se cache surtout une arme cinématographique de destruction massive. Une dose d’humour pas trop subtil, une autre de romantisme, des robots à la personnalité quasiment plus développée que celle des humains, et un maximum d’action. Sans oublier, et peut-être plus encore dans ce deuxième film, une sorte de panégyrique de l’armée américaine qui, en vrai, a prêté au réalisateur quelques-unes de ses machines les plus récentes, et dans le film s’engage armes aux poings dans les sables du Moyen-Orient. Là, le sujet fun essentiellement destiné à un public mâle éventuellement adepte de tuning prend une allure tout de suite plus bizarre. Non ?

Avec Transformers 2, Michael Bay atteint un sommet dans l’art de l’entertainment total gonflé, aux limites de l’excès et férocement régressif. Construisant sur les acquis du premier volet un produit techniquement plus impressionnant encore, son film fait l’impasse sur la moindre note de réalisme. Au risque de faire cliché : il ne séduira ici que les accros déjà acquis à sa cause.


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