Critique de film

Torture

"Gag"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Scott W. Mckinlay
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h16
  • Scénariste : Kirk Sever
  • Musique : Dennis Dreith
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Brian Kolodziej, Gerald Emerick, Vince Marinelli
  • Récompenses : Aucune

Deux cambrioleurs, ayant découvert un homme sauvagement torturé dans une maison isolée, se retrouvent pris dans un effroyable piège...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Torture - Ca captive E.T.
Par : Damien Taymans


Depuis le très mitigé Captivity de Roland Joffé, le genre torture porn movie fait peur. Non pas que les effets mis en place provoquent des retournements stomacaux chez les spectateurs. La peur vient bien avant : au moment de saisir le DVD dans ses mains. A ce moment précis, toute une série d’appréhensions vous inondent, si bien que vous hésitez longtemps à ouvrir votre portefeuille peu garni pour débourser le moindre cent pour ce type de film. En l’occurrence, s’agissant de Torture, la période de stress est plus longue encore puisqu’il s’agit d’un Z DTV tourné pour quatre euros six cents (ancien adage français transformé depuis le conformisme monétaire européen) par quelques amis passionnés de cinéma mais sans une once de talent.

La scène d’entrée confirme l’appartenance au genre. Une femme liée et bâillonnée subit les pires sévices de la part de son ravisseur. A défaut de pouvoir contempler les détails des dites tortures, on se console de pouvoir ouïr les hurlements de la sauvageonne qui secouent les tympans plus qu’il ne faut. Peu après, deux cambrioleurs débarquent dans la maison en question et trouvent un homme lié à un cadran de lit avec une belle grosse boule noire dans la bouche. Les deux imbéciles n’hésitent pas un seul instant : ils demandent à la victime de leur donner le code du coffre-fort (?!) avant de se faire lâchement assommer par le bourreau sur le retour.

Embarqués dans une trame des plus convenues faite de séquestrations psychologiques et de tortures physiques, on est relativement surpris lorsque le réalisateur nous propose une torsion narrative dès la demi-heure, torsion que je ne peux vous révéler sans vous gâcher l’effet de surprise. Pourtant, McKinlay, producteur de Toxic Avenger 4 et ici accessoirement réalisateur, ne profite aucunement de l’étonnant mini twist réalisé puisque, prenant le spectateur lambda pour un crétin notoire, ce dernier rappelle incessamment ce qui vient de se produire comme si nos neurones déconnectés n’en avaient pas saisi le sens. Ensuite, comme par crainte de paraître original, le réal se reconcentre sur le sujet du métrage à savoir les martyrs et leur sort.

Après quelques cruautés pour le moins exotiques, Torture retombe dans le conformisme le plus complet en assénant coup sur coup la traditionnelle chasse menée par l’agresseur à l’encontre de l’une de ses victimes qui a miraculeusement réussi à s’échapper, la lutte entre les deux hommes et le final banal qui consiste en la confrontation des seuls survivants. D’un bout à l’autre, les lieux communs ne sont plus jamais évités et le métrage tombe même dans un ridicule sans nom en raison des nombreuses incohérences qu’il propose : l’un des cambrioleurs se libère un nombre incalculable de fois sans jamais prendre la peine de s’enfuir, le bourreau persévère à affubler de menottes le pauvre hère malgré les évasions qu’il a déjà réalisées, …

En raison de ce qu’il nous impose durant une très courte heure et demie, Torture porte indéniablement bien son nom. Au passage, constatons que son titre original (« Gag ») constituait un présage tout aussi fidèle de la médiocrité relative de l’œuvre.


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