Critique de film

Tideland

"Tideland"
affiche du film
  • Genre : Drame surréaliste
  • Année de production : 2005
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Terry Gilliam
  • Pays d'origine : Grande-Bretagne/Canada
  • Durée : 1h57
  • Budget : 12 millions de dollars
  • Scénariste : Terry Gilliam & Tony Grisoni
  • Musique : Mychael Danna & Jeff Dana
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jodelle Ferland, Jeff Bridges, Jennifer Tilly, Brendan Fletcher, Janet McTeer,…
  • Récompenses : FIPRESCI Prize au Festival de San Sebastian

Une jeune fille de la campagne texane s'invente un monde imaginaire avec pour compagnes quatre poupées désarticulées afin d'échapper à la douleur engendrée par le décès de sa mère.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Tideland - Jeliza-Rose au pays des cauchemars
Par : Samuel Tubez




Situé entre un film alimentaire (Les frères Grimm) et un film maudit (Don Quixote), Tideland est un projet personnel du cinéaste culte Terry Gilliam qui s’avère subversif à souhait, divisant les opinions et ne plaisant ainsi pas à tout le monde. Tant mieux…

Suite au décès de sa mère, la petite Jeliza-rose (Jodelle Ferland, vue dans Silent Hill) part vivre dans une vielle ferme avec son père, Noah (Jeff Bridges, toujours en « voyage »), un rockeur héroïnomane à la masse. Ne différenciant plus véritablement ce qui est bien de ce qui ne l’est pas, la fille s’échappe de plus en plus dans un monde imaginaire où ses seules compagnes sont ses 4 poupées dont il ne reste plus que les têtes. Un jour, elle rencontre Dickens, un jeune homme dont l’esprit est celui d’un gosse de 10 ans. Ensemble, ils vont vivre un voyage incroyable sans cesse nourri par leur imagination foisonnante…

Terry Gilliam est un génie du délire et de la fantasmagorie sur pellicule. Nombre de ses films, s’ils ne sont pas des chefs-d’œuvre comme Sacré Graal ou Brazil, sont en tous cas des œuvres inclassables et marquantes voire même subversives. Tideland est à la fois les trois. Inclassable, il l’est assurément par son exploration de l’imaginaire (ici, celui d’une petite fille dont les repères sont anéantis), et par son mélange de délire, d’humour (très noir), de drame, d’amour et d’horreur. Le tout donnant un résultat étonnant où les scènes dramatiques font place à l’humour et où le merveilleux fait place au macabre. Marqué et touché, impossible de ne pas l’être face à l’interprétation époustouflante de la jeune actrice Jodelle Ferland. Celle-ci compose à merveille une Jeliza-Rose livrée à elle-même face à des situations difficiles voire épouvantables, et dont les différentes facettes de sa propre personnalité se reflètent dans ses poupées. Enfin, subversif, Tideland l’est aussi par les quelques thèmes abordés (terrorisme, nécrophilie, pédophilie) qui risquent d’en bousculer plus d’un et notamment en ce qui concerne la relation à caractère « pédophile » entre Jeliza-Rose et Dickens (relation pourtant très soft) sur laquelle quelques critiques et spectateurs outrés sont restés bloqués. Tant pis pour ceux-là, ils seront passé à côté d’une œuvre riche qui risque de prendre un peu plus de sens et de valeur à chaque vision.

Que l’on soit partisan ou non du cinéma et de l’univers de ce grand artiste qu’est Terry Gilliam, Tideland est un film qui ne laisse aucun spectateur indifférent. Adoptant le point de vue d’une petite fille, il nous rappelle que, derrière leur apparente innocence, les enfants peuvent être des êtres solides. Entre le conte de fées et le film d’épouvante, Tideland est une perle noire qui, plus d’une fois, a été boudée et incomprise. C’est, quelque fois, le sort réservé aux grands films, malheureusement.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage