Critique de film

These Final Hours

"These Final Hours"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Science-fiction
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Australie
  • Durée : 1h27
  • Musique : Cornel Wilczek
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Perth, Australie. D’ici quelques heures, un événement cataclysmique éradiquera toute vie sur Terre. Se frayant un chemin à travers la ville désormais à feu et à sang, James tente de rejoindre un ami qui organise une orgie ultime. Sur le chemin, il assiste à une horrible scène de barbarie. L’espace de quelques minutes, il délaisse son égoïsme et sauve Rose, une fillette séparée de sa famille. Ce sauvetage inattendu investit James d’une nouvelle responsabilité et ses perspectives de fin du monde s’en trouvent légèrement modifiées.

Les critiques à propos de ce film

Critique de These final hours - 2 heures moins le quart avant l’Apocalypse
Par : Damien Taymans


La fin du monde est on ne peut plus proche. Le cataclysme a déjà ravagé les continents américain et européen et touche désormais l’Asie. Il ne reste aux Aussies qu’une poignée d’heures avant que l’Océanie ne sombre à son tour. Dans ce chaos, un homme comme tant d’autres, débardeur souillé et muscles saillants, erre sans but : il vient de délaisser sa copine enceinte jusqu’à l’os et s’apprête à arpenter le macadam pour la dernière fiesta déjantée du siècle. Mais en chemin, il croise Rose, petite gamine kidnappée par deux saligauds qui comptent profiter de l’impunité totale qu’offrent ces dernières heures pour explorer les fondements de la jeunette. Moralement, notre héros ne peut que s’interposer. Résultat : il se choppe aux miches cette traîne-savate qui n’a pour ambition que de retrouver son papa pour voir la fin du monde dans ses bras.

Si le genre post-apo a livré au cinéma fantastique de nombreux fleurons, son homologue pré-apo a semé quelques graines parfois tout aussi enthousiasmantes comme l’illustrent Les Fils de l’homme ou Take Shelter. Sur un ton légèrement plus âpre que le Last Night de Don McKellar, These final hours prend les atours d’un road movie pour dépeindre à la sauvette une galerie de personnages aussi fantasques que creux, tuant dans l’œuf le concept même - plutôt jouissif - sur lequel il reposait. Au cours de ses pérégrinations, le héros anonyme croise la route de détraqués sexuels glauques à souhait, d’une mère éplorée prompte à transformer chaque petite gamine en sa propre progéniture, d’une centaine de décadents profitant des dernières heures pour plonger tête basse dans le stupre et la luxure, d’un père de famille à deux doigts de signer un suicide collectif. Du désespoir à la louche illustré de manière si pataude et stéréotypée qu’il devient impossible pour l’auteur de forcer la moindre empathie. Pourtant, la volonté d’appuyer la touche lacrymale est clairement affichée par l’entremise d’une voix-off de plus en plus pesante et d’une musique de plus en plus boursouflée.

Si bien que, à mesure que le personnage central gagne en épaisseur, une multitude d’êtres décharnés l’entourent et amenuisent tous les efforts du narrateur. Zak Hilditch provoque un chaos pré-apo chaotique, une fin du monde ultra-bordélique qui verse dans le grotesque en empruntant une série d’impasses narratives tout en suivant - c’est un comble - une trame cousue de fil blanc. La sensation du dernier festival de Cannes (le film était présenté dans la Quinzaine des réalisateurs) est un sacré pétard mouillé aussi bien dirigé que mal écrit. Ces deux heures moins le quart avant la fin du monde épousent plus qu’à leur tour la vacuité des villes australiennes au crépuscule de l’humanité.


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