Critique de film

The Wicker man

"The wicker man"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Neil LaBute
  • Pays d'origine : Allemagne, USA
  • Durée : 1h48
  • Budget : 40 millions de dollars
  • Scénariste : Neil LaBute, Anthony Shaffer (scénario 1973)
  • Musique : Angelo Badalamenti
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Nicolas Cage, Ellen Burstyn, Molly Parker, Leelee Sobieski, Kate Beahan, Paul Becker, Christa Campbell, Frances Conroy, Diane Delano, Erika-Shaye Gair
  • Récompenses : CSC Award de la Meilleure photographie en 2007
    Nominé aux Razzie Awards du Pire acteur (Nicolas Cage), Pire image, Pire remake en 2007

Un shérif enquête sur la disparition d'une jeune fille dans une île isolée du côté du Maine. Ses espoirs de la retrouver s'amenuisent lorsqu'il découvre des indices menant à un cas de rituel païen, mélangeant érotisme et dévotion envers d'antiques dieux pour obtenir des récoltes fertiles. Très vite, il se heurte au silence de la communauté qui pratique ces rites. Catholique convaincu, il soupçonne un sacrifice humain...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The wicker man - Cours, Nico, cours !
Par : Chroniqueurs


Par Dante

Démontrant encore une fois les nombreux manques dont souffre la France par rapport aux sorties américaines, The wicker man est l’exemple parfait, du petit film indépendant, sorti en direct-to-vidéo dans nos contrées sans la moindre once de pub. Ce qui ne veut absolument rien dire sur la qualité dudit film, parce qu’il vaut bien n’importe quel blockbuster dont on nous matraque hebdomadairement dans les salles obscures.

Descendu par les critiques qui ont réussi à le voir, Nicolas Cage se verra même décerner un Razzie Award du pire acteur pour sa prestation dans ce film. Mais chacun sait que ce genre de distinction ne vaut que par son caractère insultant et faussement moqueur, qui ne cherche qu’à enfoncer ce qui ne plait pas forcément à l’ensemble des critiques académiques (exemple frappant de l’acharnement qui vire au sadisme du film I know who kill me). Bref passons, car même si les premières minutes du film sont loin d’être révolutionnaires (un policier est hanté par les visions d’une petite fille qu’il a vu mourir devant ses yeux), la violence de ces dits cauchemars évitent la mièvrerie et la nostalgie de bas étage de certains films les utilisant. Malgré ça, la prestation de Cage, qui fut jadis un grand (Volte face) et qui a depuis quelques peu perdu ses lettres de noblesse dans de grosses productions telles que Benjamin Gates ou Ghost Rider, est déstabilisatrice : il a du mal à se démarquer de ses rôles simplistes où il cabotine sans chercher à aller plus loin.

Mais le film change radicalement de décor avec l’arrivée du héros dans une île isolée peuplée par une sorte de communauté féministe et légèrement moyenâgeuse. Le saut est particulièrement brutal car le réalisateur ne semble pas vouloir s’attarder sur les raisons de sa venue, il répond simplement à la demande de son ex-fiancée dont la fille a été kidnappée. La vraisemblance n’étant pas au rendez-vous et Cage ayant du mal à briller, on suit donc d’un œil distrait les scènes d’exposition, à coups de petites blagues qui tombent à plat autant dans le film que pour le spectateur. Bref, le début ressemble davantage à une série B fauchée avec un acteur perdu. Et non pas à une fausse grosse production prétentieuse et cupide comme le dise beaucoup de critique sur internet.

Et puis miracle, alors que le film était en train de partir très vite dans les oubliettes des petites productions américaines, voilà que le scénariste se réveille et que Cage aussi. L’enquête prend alors un tour plus prenant, le réalisateur prend le temps d’instaurer son ambiance à coups de décors magnifiques (la forêt frôle l’irréel) et, même s’il abuse des corbeaux et des mauvais présages rebattus, il permet doucement au spectateur d’entrer dans l’histoire. Alors que l’intrigue se fait de plus en plus tordue et que Cage abandonne ses blagues à deux balles pour devenir un personnage réellement torturé et dépassé par les événements, le film prend alors les allures d’un thriller de bonne facture avec une dose de surréalisme. Le film continue alors dans sa lancée, jusqu’à une fin renversante, à des kilomètres de ce qui se fait actuellement dans le genre twist final ou gros rebondissement. Le métrage glisse alors dans une noirceur insoupçonnée qui en fait oublier des débuts laborieux et nous scotche sur notre siège. Qualité renforcée par le fait que la prestation de Nicolas Cage s’améliore en même temps que le script.

Remake du film The wicker man avec Christopher Lee, qui était plus ancré dans la mode hippie, The wicker man sauce 2007 a tout du film méconnu et surtout incompris par des hordes de critiques élevés à coups de blockbusters qui n’attendent que des effets spéciaux à outrance et des intrigues simplistes. Un film intimiste, sobre, modeste, avec un retour (attendu) de Nicolas Cage à ses performances d’antan.


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