Critique de film

The Ward

"The ward"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Thriller
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : John Carpenter
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h28
  • Budget : 10 millions de dollars
  • Scénariste : Michael Rasmussen, Shawn Rasmussen
  • Musique : Mark Kilian
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Amber Heard, Danielle Panabaker, Mika Boorem, Lyndsy Fonseca, Mamie Gummer, Jared Harris, Laura-Leigh
  • Récompenses : Aucune

Une jeune femme est prise au piège dans une institution mentale avec un fantôme malveillant. Alors que le danger s’approche, elle réalise que le fantôme est encore bien plus sombre qu’il n’y paraît.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The ward - L’hôpital de la terreur
Par : Chroniqueurs


Par Nicolas Szafranski

John Carpenter était resté muet depuis le flop de son Ghosts Of Mars (qui n’est certainement pas l’œuvre la plus aboutie du maître, mais qui n’en possédait pas moins une certaine folie et une cohérence digne de la mythologie carpentérienne). Refoulé, son dernier film, The Ward, a arpenté les festivals pour finalement atterrir, en France, dans les bacs des direct-To-Video.

Des rayons dans lesquelles on trouve toutefois quelques pépites, mais malheureusement, The Ward ne figurera pas dans cette liste. Premièrement, parce qu’on a déjà vu ce scénario bien mieux adapté sur grand écran. Identity notamment, l’une des références qui vient instantanément en tête lors de l’énoncé du twist final, semblait plus maitrisé et surtout plus passionnant. Là ou Mangold jouait avec les codes du thriller psychiatrique comme un gosse, Carpenter semble uniquement les régurgiter sans apporter ni ludisme, ni plaisir, ce qui rend inévitablement le parcours assez peu frissonnant. Seul quelques mises à mort fort sympathiques viennent entrecouper l’ennui poli que nous réserve un scénario sans surprise et parfois incohérent. La relecture à laquelle invite le climax semble d’ailleurs totalement abstrait tant The Ward fait abstraction d’une quelconque profondeur, à l’image du passé de l’héroïne, expédié par deux ou trois micro-flashbacks peu compréhensifs et, surtout, mal intégrés dans le continuum filmique. Autant dire que l’on a pas forcément envie de replonger instantanément notre nez dans le film, si ce n’est peut-être pour le talent du réalisateur à livrer de magnifiques cadrages, propices à la création d’une atmosphère sinon monstrueuse, au moins délicatement sinistre.

Ensuite, le casting n’est pas des plus réussi. Si Amber Heard se dépatouille assez bien en tant qu’héroïne, dont la virilité féminine apparente colle parfaitement au gabarit des personnages cultes de l’auteur, le reste de la distribution ne semble pas tout à fait au diapason de cette performance. Jared Harris, que l’on avait vu parfaitement à l’aise dans le costume de Moriarty dans le dernier Sherlock Holmes, n’est ici qu’une silhouette vaporeuse peu charismatique, et les actrices satellites ne sont guère plus convaincantes, certaines s’avérant même assez irritantes (les mimiques buccales de Mamie Gummer deviennent vite insoutenables). Enfin, techniquement, mis à part la réalisation toujours maitrisée de Carpenter, on ne peut décemment pas crier au génie. Les bus-effects sont d’une rare lourdeur, appuyés par la partition de Mark Kilian, qui s’avère être également peu inspiré, ne décollant que lors des rares moments ou le compositeur laisse éclore de très belles orchestrations atmosphériques.

Au bout du compte, The Ward est une déception. Si le talent graphique du réalisateur est toujours présent (signalons également le look de notre tueuse, très réussit), et si une certaine efficacité se dégage tout de même du tout, force est de constater que John Carpenter a perdu son plaisir dans cette intrigue brumeuse, sans aucune originalité, ni folie.


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