Critique de film

Tripper (The)

"The Tripper"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Slasher
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : David Arquette
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h33
  • Scénariste : David Arquette, Joe Harris
  • Musique : Jimmy Haun, David Wittman
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : David Arquette, Richmond Arquette, Courteney Cox, Paz de la Huerta, Ben Gardiner, Balthazar Getty, Lukas Haas, Josh Hammond, Stephen Heath, Brad Hunt
  • Récompenses : Aucune

Une satire politique sanglante autour d'un groupe d'amis qui se rend à un grand concert du type Woodstock pour un week-end de débauche. Ils se feront suivre par un tueur fanatique déterminé à finir ce qu'il a commencé des années auparavant.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The tripper - A very bad trip...
Par : Damien Taymans


La fin des années 90 et le début des années 2000 vit une renaissance croissante des films de slashers, génération post-Scream dont les produits ne furent que rarement à la hauteur des espérances. Ainsi, on eut droit aux suites Souviens-toi l’été dernier, aux Urban legends et, plus récemment, à Behind the mask ou encore The hatchet. Fort de l’expérience en tant qu’acteur au sein de la trilogie qui relança cette mode, David Arquette décide de passer de l’autre côté de la caméra pour nous fournir sa propre vision des choses avec The tripper.

Nul doute que sieur Arquette, le chanceux mari de la magnifique Courteney Cox qui co-produit le film, est un véritable fan des films de genre et que sous l’œil avisé de Wes Craven, il a pu apprendre bon nombre de ficelles concernant ce type de film pour adolescents boutonneux. Bien plus, rappelons que Scream se faisait le porte-parole parodiques des contenus inévitables des films d’horreur, déstructurant chacun d’entre eux et en reproduisant les artifices les plus savoureux pour les besoins de la cause. En matière d’armes, on ne pouvait donc faire mieux. The tripper se ressent d’ailleurs de cette influence, arborant un style gentillet et jouant de manière abondante avec les codes du slasher inflexible.

De manière abondante mais pas irréfléchie puisque si la forme classique des films dont s’inspire The tripper est reproduite, elle l’est de manière décalée et tout à fait originale. Déplaçant quelque peu ses propos, Arquette nous sert son métrage dans une ambiance psychédélique, reproduisant à merveille les bad trips que subissent ces jeunes hippies écervelés. Une idée opportuniste qui permet au réalisateur de bâtir sur de sérieuses assises immuables une œuvre originale et comportant un certain intérêt, ne serait-ce que par l’utilisation très mouvementée de sa caméra qui nous emporte rapidement dans un ciel étoilé de couleur mauve, pourpre et bleu à la fois. De même, l’essai politique auquel s’essaie Arquette est une entreprise honorable, permettant de faire passer certaines allusions assez grossières sur les républicains et témoignant avec de gros sabots du danger imminent que représentent les personnes omnipotentes avides de guerre et de suprématie territoriale.

Cependant, si ces qualités sont indéniables, elles ne parviennent pas à faire complètement digérer un métrage trop inégal pour être réellement bandant. Les propos politiques peuvent aisément être balancés d’un tournemain tant ils ne respirent pas l’intellectualisme qu’ont pu insuffler à leurs œuvres des gens comme Romero et autres Cohen. Brossé à la va-vite, expédié en deux coups de cuillères à pots, ce traitement stratégique ne comporte finalement pas plus de fond qu’il n’y paraît et tombe très vite à plat. Une idée sympa qui se change en franche comédie rigolarde baignée dans une foule de distractions.

Peinant à se tenir à son film rouge, The tripper égare ses spectateurs par la multiplicité de ses propos. Des hippies en nombre, une fête étrange et un organisateur avide de blé, un shériff trop sérieux et son adjoint ridicule, un vieux garde forestier, l’ex de l’héroïne, le tueur au visage de Reagan, c’est un peu beaucoup pour un seul film. On sent alors que le seul but d’Arquette était d’offrir au public assoiffé de sang son lot d’hémoglobine. Contrat pleinement réussi au détriment d’une véritable histoire. Pari mal dosé puisque, à force d’en avoir trop dans la vue, le public ne parvient plus à suivre un scénario bien trop complexe pour être honnête.

Reste en définitive que ce métrage bouclé en 21 jours pour une poignée de dollars est rempli de bonnes intentions. Mais, comme tout le monde le sait, l’enfer en est pavé… Des choix sympathiques mais mal négociés, une idée brillante péniblement exploitée. Nul doute cependant qu’Arquette ne se dégonflera pas avec pareille mésaventure et que ses réalisations ne feront que se bonifier avec le temps…


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