Critique de film

The Thing

"The thing"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Science-fiction
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Matthijs van Heijningen Jr.
  • Pays d'origine : USA, Canada
  • Durée : 1h43
  • Scénariste : John W. Campbell Jr., Eric Heisserer, Ronald D. Moore
  • Musique : Marco Beltrami
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

La paléontologue Kate Lloyd part en Antarctique rejoindre une équipe de scientifiques norvégiens qui a localisé un vaisseau extraterrestre emprisonné dans la glace. Elle y découvre un organisme qui semble s'être éteint au moment du crash, de multiples années auparavant. Mais une manipulation élémentaire libère accidentellement la créature de sa prison glacée. Capable de reproduire à la perfection tout organisme vivant, elle s'abat sur les membres de l'expédition, les décimant un à un. Kate s'allie au pilote américain Carter pour tenter de mettre fin au carnage. Aux confins d’un continent aussi fascinant qu’hostile, le prédateur protéiforme venu d’un autre monde tente de survivre et de prospérer aux dépens d’humains terrorisés qu’il infecte et pousse à s’entre-tuer. The Thing sert de prélude au film culte de 1982, réalisé par John Carpenter, dont il reprend le titre.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The thing - A cause des glaçons...
Par : Damien Taymans


Difficile de croire une seconde à ce nouveau jalon du cycle tridécennal qui frappe les adaptations cinématographiques de l’œuvre de John W. Campbell. Déjà contestée en son temps, la version de John Carpenter, remake de La Chose d’un autre monde de Christian Nyby initié par Howard Hawks, bénéficiait du climat redoutable et paranoïaque de l’ère Reagan dont elle se faisait à l’écran le porte-parole. Trente ans plus tard, nouvelle étape au sein du cyle : Matthijs van Heijningen Jr., néophyte issu de la pub, atterrit sur cette piste casse-gueule avec, à ses côtés, le scénariste Eric Heisserer, coupable des scripts de A nightmare on Elm street nouveau millésime et Destination finale 5, et un joli casting dominé par Mary Elizabeth Winstead (hum !) et Joel Edgerton (re-hum !) et complété par une pléiade de Norvégiens. Et pour ajouter encore un peu de plomb dans l’aile du réalisateur, il reste seul responsable dans le cockpit à assumer les ornières dressées par les hordes de fans et les critiques montrant déjà les crocs du haut de leur mirador tagué, en lettres capitales, de l’inscription "no more remake". A juste titre puisque cette première décennie du XXIème siècle a déjà vu débouler les nouveaux millésimes de classiques comme Massacre à la tronçonneuse, Dawn of the dead, Amityville, Fog, La dernière maison sur la gauche, La malédiction, La colline a des yeux, Le jour des morts-vivants, Piranha, Fright night et Les griffes de la nuit, pour ne citer que ceux-là.

Permettez que je reprenne ma respiration... Sur papier, disais-je, l’entreprise ne tenait en haleine que les détracteurs, peu nombreux, de l’œuvre de Carpenter ou les frileux peu engageants quand il s’agit de se geler les gonades sur la banquise. Et encore. Que les premiers se rassurent (mais pas trop) : The thing 2011 est un prequel de l’œuvre carpentérienne dans la mesure où le film conte les mésaventures de l’équipée de Norvégiens qui, les premiers, entrent en contact avec le roi des transformistes. Les seconds, quant à eux, ne bouderont pas leur plaisir non plus puisque en sus de conserver le thermostat sur -30°, le script prévoit quelques lignes de dialogue en norvégien, histoire de souligner encore davantage l’exotisme réfrigérant de l’ensemble.

A la fois vrai prequel et faux remake (de nombreuses idées du film de 1982 sont régurgitées telles quelles), The thing est plus à proprement parler un film-hommage qu’une nouvelle étape dans la progression de ladite chose. Ambiance eighties reproduite à la perfection, quantité de références promptes à provoquer la jouissance chez les aficionados (avec, pour cerise sur le gâteau, le lance-flammes), fidélité totale envers l’œuvre de Carpenter voire même retour aux sources du texte originel, recours aux effets de plateau prosthétiques plutôt qu’au tout-numérique. Pourtant, ce qui constitue la meilleure arme de cette fournée de Matthijs van Heijningen Jr. devient vite son plus gros défaut : à force de coller au plus près de son modèle, l’histoire n’apporte aucun bloc de glace à l’igloo. Pire, en pénétrant tôt dans le vif du sujet, Eric Heisserer se cantonne par la suite à reproduire une mécanique sinusoïdale avec alternance de temps forts et temps morts jusqu’à ce que l’encéphalogramme devienne irrémédiablement plat (transformations et hurlements à gogo, au détriment de la tension).

Souffrant de la comparaison évidente avec ses glorieux modèles, The thing dernière mouture s’il parvient à singer ne parvient jamais à retranscrire l’atmosphère glaciale et parano de l’œuvre de Carpenter. L’excès de effets plastico-gore appuyé par un traitement sonore assourdissant engourdit le spectateur insensible à l’ambiance anxiogène et polaire qui peine à nimber l’ensemble.


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