Critique de film

Temptation of St. Tony (The)

"Püha Tõnu kiusamine"
affiche du film
  • Genre : Drame, Fantastique
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Veiko Ounpuu
  • Pays d'origine : Estonie, Finlande, Suède
  • Durée : 1h50
  • Budget : 1.000.000 d'Euros
  • Scénariste : Veiko Ounpuu
  • Musique : Ülo Krigul
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  • Bande annonce
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  • Casting : Taavi Eelmaa, Ravshana Kurkova, Tiina Tauraite, Sten Ljunggren, Denis Lavant
  • Récompenses : Prix du 7ème parallèle au BIFFF 2011

The Temptation of St. Tony, notamment inspiré de grandes oeuvres surréalistes, met en scène l’histoire d’un homme d’âge mûr qui se retrouve dans le même genre de forêt obscure que celle que décrit Dante. Un problème inhabituel s’immisce dans sa vie calme et modérément aisée : une question de morale. Est-il possible d’être une bonne personne ? Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce qu’on y gagne ? Dans son parcours vers une conscience plus tranquille mais dans une réalité de plus en plus compliquée, Tony rencontre des spécimens typiques de la société estonienne actuelle et vit des aventures excitantes et amusantes. Lentement et comme inévitablement, il perd son emploi, sa famille, son sens de la réalité, et se perd lui-même.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The temptation of St Tony - Kusturica meets Maddin
Par : Damien Taymans


Assez des vulgarisations d’André Comte-Sponville et de Luc Ferry, du style "L’existentialisme pour les nullards" ou "Comment expliquer Nietszche avec le vocabulaire d’Eve Angeli" ? Lassé par le moralisme abusif de La philo selon Philippe, sitcom incontournable de l’adulescence névrosée, et les maximes naïves proférées par Joséphine, la trublionne mi-ange, mi-ange de TF1 ? The temptation of St Tony est taillé pour vous. Une fable surréaliste (la quête de moralité d’un quadra en pleine reconstruction) teintée d’un formalisme à la croisée du cinéma de Luis Bunuel, Andrei Tarkovsky et Guy Maddin (Brand upon the brain a d’ailleurs remporté la compétition 7è parallèle en 2007) où se mélangent des airs de bandonéon et autres compositions synthétisées, des flicaillons pervers et des culs-terreux dégénérescents, humour noir et discours métaphysique. Tout un programme...

Envoyée à la commission de présélection des Oscars du Meilleur film étranger pour représenter l’Estonie, cette co-production estonienne (Homeless Bob Production), suédoise (Atmo) et finlandaise (Bronson Club) est le deuxième long métrage de Veiko Ounpuu, multi-couronné (notamment au festival de Venise) pour son précédent Autumn ball. Tandis que Scorsese subissait le soleil de plomb marocain pour dépeindre la traversée du désert du Christ, Ounpuu reste tranquillement dans les alentours de Tallinn, lieu de pèlerinage inédit pour le chemin de croix de son anti-héros. En sept tableaux (chiffre sacré évoquant les péchés capitaux, les cercles de l’Enfer de Dante ou les gnomes de Walt Disney), The temptation of St Tony retrace cette recherche d’humanité menée par un pauvre hère perdu dans une communauté aussi déshumanisée que les paysages dans lesquels ils vivotent, avec un gros coup de panard dans les valseuses de la religion en prime. Miné par des interrogations aussi essentielles que "Ce van existe-t-il ?", ’Suis-je un homme bon ?" ou encore "Que fait ce chien dans mon salon ?" (sic), Tony cherche d’improbables réponses et une rémission forcément absurde.

Parfaite illustration des doctrines existentielles de Kierkegaard et Sartre, The temptation of St Tony distille sur un rythme proche de l’immobilisme une série de questionnements ontologiques indispensables à tout dépressif en mal de doutes et propose même quelques séquences savoureuses d’absurdité. Un outsider du 7ème parallèle, quoi !


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