Critique de film

Sorcerer and the White Snake (The)

"Bai she chuan shuo"
affiche du film
  • Genre : Arts-Martiaux, Action, Fantastique
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tony Ching Siu-Tung
  • Pays d'origine : Chine, Hong-Kong
  • Durée : 1h40
  • Budget : 200 millions de HK dollars
  • Scénariste : Tan Zhang
  • Musique : Mark Lui
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jet Li, Eva Huang, Raymond Lam, Charlene Choi, Wen Zhang, Jiang Wu
  • Récompenses : --

Un herboriste tombe amoureux d’un serpent vieux de cent ans déguisé sous les traits d’une femme. C’est alors qu’un sorcier découvre la supercherie et se bat pour sauver l’âme du vieil homme.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The sorcerer and the white snake - Serpent à sornettes
Par : Damien Taymans


Ching Siu-Tung plonge à son tour les mains au cœur de l’un des plus fabuleux récits mythologiques chinois une décennie après le Green Snake de Tsui Hark. Le Serpent Blanc retrouve le devant de la scène, le récit originel reprend ses droits. Superproduction bourrée d’effets spéciaux et de chorégraphies épiques, The Sorcerer and the White Snake restitue la part du lion à la romance tourmentée que vivent l’herboriste Xu Xian et le Serpent Blanc, qui troque les écailles pour une jolie robe immaculée et les affres de sa vie de démone pour celles, tout aussi déprimantes, de l’existence humaine. Mais le moine bouddhiste FaHai (le vieillissant Jet Li) ne voit pas cette relation d’un très bon œil et, en grand exorciseur, met tout en œuvre pour que la bougresse révèle son identité à son bien-aimé...

Dès l’entame, le décor est planté. FaHai et son disciple font mu-muse avec une démone sur fond de glace : la lutte est aussi rude que le climat, les effets spéciaux aussi désolants que les répliques sentencieuses professées par la Voix du Sage. The Sorcerer and the White Snake trouve dans cette introduction la synthèse de ses maladresses : le culte de la pureté, ressassé à grands renforts de métaphores et d’allégories niaises promptes à faire passer les roucoulades des tourtereaux de Twilight pour d’agréables chants d’oiseaux, est souillé des impuretés récurrentes du cinéma HK. Le jeu des acteurs souvent limite et les défaillances des sfx (on raconte même que les démons-serpents seraient réutilisés pour le futur Mega-Snake de Nu Images) suffiraient presque à enterrer la pellicule, sans autre forme de procès, dans les oubliettes d’une industrie HK qui recycle à l’envi les mêmes effets tape-à-l’œil pour camoufler l’indigence de ses essais. Et pourtant...

Pourtant, le film de Tony Ching mérite plus d’égards que ces considérations purement techniques. C’est que l’exhumation de ce conte vieux d’un demi-millénaire n’a pas supporté la modernité, du moins en surface. Avec son lot de bagarres high-tech gangrénés par des touches numériques des plus faiblardes, l’œuvre joue dans la cour de la fantasy modélisée qui s’acoquine non sans difficulté avec des thèmes si universalistes qu’ils ne souffrent pas, eux, du changement d’ère. En collant au plus près du récit d’origine, Tony Ching et ses scénaristes assènent un violent coup de pied à la tradition manichéenne et restituent ses lettres de noblesse à l’une des plus prodigieuses épopées romantico-mythologiques orientales. Et le nappage pro-adolescents procure a contrario un rafraîchissement des plus salvateur dans cette obscure tragédie peuplée de démons en tous genres et de prêtres plus couillus et fun que les dézingueurs de vampires de Scott Charles Stewart.

Victime d’une modernisation technique outrancière et plutôt mal foutue et d’une mise en scène navigant entre excès et paresse, The Sorcerer and the White Snake compense par son rythme prenant et son infantilisation (très Disney dans l’esprit, le manichéisme fiévreux en moins) d’une légende héritée de la Dynastie Ming. A la fois loufoque et désolant, cette énième transposition constitue un divertissement tout au moins recommandable.


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