Critique de film

Sandman (The)

"Der Sandmann"
affiche du film
  • Genre : Fntastique, Surréalisme
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Peter Luisi
  • Pays d'origine : Suisse
  • Durée : 1h28
  • Scénariste : Peter Luisi
  • Musique : Michael Duss, Christian Schlumpf, Martin Skalsky
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  • Bande annonce
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  • Casting : Fabian Krüger, Irene Brügger, Beat Schlatter, Florine Deplazes
  • Récompenses : Meilleur acteur (Fabien Krüger), Meilleure comédie, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario au Breckenridge Festival of Film 2011
    Meilleur acteur (Fabian Krüger) et Meilleur actrice de second rôle (Florine Elena Deplazes) au Buffalo Niagara Film Festival 2011
    Grand Prix au Cape Fear Independent Film Festival 2011
    Meilleur réalisateur au Hoboken International Film Festival 2011
    Meilleur film au Jackson Crossroads Film Festival 2011
    Prix du public au Max Ophüls Festival 2011
    Grand Prix au New Jersey International Festival 2011
    Meilleur film au Riverside Film Festival 2011
    Meilleur comédie au Route 66 Film Festival 2011
    Meilleur film au Seattle True Independent Film Festival 2011

Benno est un gars à la vie monotone, qui, du jour au lendemain, voit ses nuit peuplées de rêves étranges et ses réveils englués... dans du sable.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The sandman - Marchand de sable
Par : Damien Taymans


Durant ses études de cinéma aux States, Peter Luisi est mis à l’épreuve avec une création sans dialogues, où l’image doit régner en maître et se montrer suffisamment porteuse de sens. C’est dans ce contexte que germe en lui l’idée d’utiliser le sable comme élément de métaphore : des années plus tard, The Sandman naît dans lequel la métaphore est filée sur une heure et demie. Et l’argument, qui semblait parti pour s’essouffler au fil des minutes qui s’égrainent, constitue au contraire la pierre angulaire de ce conte de fées moderne où tragédie et surréalisme se disputent la vedette. De par son détournement habile du marchand de sable et son implication dans le domaine de l’onirisme le plus pur, la pellicule multi-primée (déjà une dizaine de prix à l’international) de Luisi rappelle La Science des rêves de Michel Gondry puis bifurque vers la comédie légère avec une teinte de Menteur, menteur de Tom Shadyac avant de se métamorphoser complètement en tragicomédie surréelle dans son dernier tableau.

Mais la force principale de The sandman vient de son obstination à ne pas céder aux facilités de la sur-explication ou de la caractérisation la plus grossière. La désagrégation progressive de Benno (Fabian Krüger) ne prend sens que dans le dernier tiers de l’œuvre quand le flou cultivé par Peter Luisi ne s’efface que partiellement pour laisser une part d’interprétation au spectateur. De son côté, la relation des protagonistes se révèle aussi brouillonne que délicate : à mille lieues du romantisme tiède conventionnel, apanage de la grande majorité des œuvrettes pro-ados qui inondent les multiplexes de cinéma, The Sandman se refuse à simplifier les rapports entre les personnages. En vrai conteur, le cinéaste force le trait de son héros, misanthrope patenté, pour ne dévoiler ses faiblesses qu’au gré de son ensablement croissant. En découle un manichéisme lourdaud, presque puéril, qui s’évente au fur et à mesure, sans connaître les affres d’un final rose bonbon à destination des accros du Miel et les abeilles.

Construit sur deux tons (le Tango Plagööri et la 9ème du grand Ludwig van) et en autant de temps, The Sandman est une opérette surréelle totalement envoûtante.

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