Critique de film

Reef (The)

"The reef"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Andrew Traucki
  • Pays d'origine : Australie
  • Durée : 1h34
  • Scénariste : Andrew Traucki
  • Musique : Rafael May
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Damian Walshe-Howling Gyton Grantley Adrienne Pickering Zoe Naylor Kieran Darcy-Smith
  • Récompenses : --

L'équipage d'un voilier naviguant le long de la Grande Barrière de Corail se retrouve traqué par un grand requin.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The reef - Black Open water 2
Par : Fred Pizzoferrato


En 2007, le cinéaste débutant Andrew Traucki livrait son premier long-métrage, Black water, dans lequel il confrontait une bande de naufragés perdus dans le bayou australien à un crocodile géant. Trois ans plus tard, Traucki revient avec The reef… dans lequel il confronte une bande de naufragés perdus dans l’océan au large de l’Australie à un requin géant. Bon, au vu du scénario difficile de ne pas accuser le cinéaste de surfer sur la vague du succès en essayant de réitérer la réussite commerciale et critique de Black water. Une affirmation malheureusement confirmée par la vision d’un film languissant et manquant cruellement de tension, l’intrigue minimaliste se contentant de reprendre la trame de Black water en la mélangeant avec celle de Open water.

En Australie, Luke accueille ses amis londoniens Matt et Suzie venus passer quelques jours de vacances aux antipodes. Le trio, accompagné de l’ex petite amie de Matt, Kate, part en ballade maritime, guidé par un certain Warren. En pleine mer, leur bateau heurte un rocher et se retourne, la coque perforée, et menace de couler. Selon Luke, la seule chance du petit groupe est de nager vers le Nord pour atteindre l’Ile de la Tortue, distante d’une vingtaine de kilomètres. Warren refuse, prétextant que cette expédition s’avère trop risquée à cause des requins infestant l’océan. Cependant, Luke affirme que leurs chances d’être secourus avant le naufrage du bateau sont infimes. Après une longue discussion, Warren préfère rester sur l’épave tandis que les quatre autres débutent leur long périple vers la terre ferme.

Malheureusement, après quelques kilomètres de nage, Matt est attaqué par un grand requin blanc qui lui dévore la jambe. A partir de ce moment, les trois survivants s’engagent dans une véritable course contre la montre pour rejoindre l’Ile de la Tortue, pourchassés par le squale mangeur d’hommes.

The reef débute par le traditionnel « basé sur des faits réels » et se conclut par un petit texte explicatif relatant les événements s’étant déroulés après la fin du métrage. Cependant l’affirmation « faits réels » doit être, une fois de plus, prise avec des pincettes car le scénario s’inspire simplement de la mort de deux naufragés, tués par un requin tigre en 1983. The reef va ajouter trois protagonistes supplémentaires, étoffer l’intrigue et remplacer le requin tigre par le plus classique Grand Blanc bien connu des amateurs de « sharksploitations ». Le résultat ? Pas très convaincant !

En dépit des efforts de Andrew Traucki, dont la mise en scène se révèle soignée, The reef s’avère malheureusement ennuyeux et d’une prévisibilité rédhibitoire. Laissant peu de place au questionnement ou aux dialogues, le métrage embarque rapidement ses « héros » dans une course effrénée pour la survie, entrecoupée d’attaques du squale. Ces dernières sont rapides, brutales et efficaces, Andrew Traucki refusant les effets numériques miteux au profit d’un animal authentique et privilégiant les réactions des témoins terrifiés plutôt que les plans sanglants sur les blessures causées par les redoutables mâchoires. The reef choisit ainsi la voie du réalisme et refuse la surenchère stérile des « sharksploitations » récentes virant de plus en plus au portnawak complet comme en témoignent Megalodon, Mega shark vs Giant octopus ou Sharktopus. Salutaire sans doute même si le divertissement manque de punch et que le scénario tient sur un ticket de métro. Le métrage repose donc entièrement sur les épaules des jeunes interprètes, lesquels se révèlent doués et crédibles, communiquant efficacement leurs craintes sans sombrer dans l’hystérie même si leurs rôles sont à peine développés.

Les images, elles, sont souvent très belles et les plans sous-marins adroitement filmés, permettant au spectateur de ressentir l’angoisse de ces personnages ignorant ce qui se cache sous leurs pieds, dans ces millions de litres d’eaux. Les plans larges, filmés le plus souvent de manière aérienne, transcrivent à merveille la solitude écrasant les naufragés, isolés et oubliés de tous, sans espoir d’être secourus.

Malgré ces indéniables qualités, The reef ne fonctionne pourtant pas vraiment, se contentant de reprendre des éléments balisés sans se donner la peine de les développer. Le minimalisme pessimiste d’Open water se révélait poignant et l’énergie brute de Black water générait des séquences prenantes et angoissantes mais, assis entre ces deux chaises, The reef s’apparente rapidement à une aventure sans surprise. Seule la perspective de savoir qui va survivre et qui va finir croquer motive le spectateur à regarder le métrage jusqu’au bout. Hélas, étant donné le peu d’attachement éprouvé pour les personnages, The reef provoque plus d’ennui que de frissons et, en dépit d’une durée très courte (à peine plus d’une heure et quinze minutes hors générique), le métrage tourne rapidement en rond.

Sans être réellement mauvais, The reef déçoit et donne souvent l’impression d’étirer sur une durée indécente une idée de court métrage. Dommage.


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