Critique de film

Presseuse diabolique (La)

"The Mangler"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Objets tueurs
  • Année de production : 1995
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tobe Hooper
  • Pays d'origine : USA, Australie, Afrique du Sud
  • Durée : 1h46
  • Scénariste : Stephen King (nouvelle) / Tobe Hooper, Stephen David Brooks, Harry Alan Towers (scénario)
  • Musique : Barrington Pheloung
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Robert Englund, Ted Levine, Daniel Matmor, Jeremy Crutchley
  • Récompenses : Prix du Meilleur acteur (Robert Englund) au Fantasfestival en 1995

Une ouvrière tuée par une gigantesque presse à linge - Un banal accident de travail ? Mais lorsque la monstrueuse machine récidive, tue et tue encore...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The mangler - Du Hooper tout craché
Par : Damien Taymans






Depuis son fameux Massacre à la tronçonneuse et sa co-réalisation réussie sur Poltergeist, Tobe Hooper a bien du mal à trouver à nouveau le succès. Surtout depuis le début des années 90, période noire pour le réalisateur qui n’enchaîne que les succès mineurs (Spontaneous combustion, Night terrors) et dont la seule éclaircie au tableau reste le délirant Body bags conjointement créé avec John Carpenter.

The mangler apparaît donc comme une occasion unique pour le réal de se refaire une santé et, du même coup, de faire oublier l’échec cuisant que constitua son adaptation des Vampires de Salem d’après une histoire de Stephen King. Et histoire de tout faire en famille, l’un des rôles principaux est attribué à Robert Englund, le Freddy Krueger national. L’association des ces trois grands noms des films d’horreur prédit d’emblée un succès immédiat…

Pourtant, il n’en est rien. Il faut dire que le pitch de base est assez casse-gueule et que, à moins de s’y prendre adéquatement, il prête davantage à rire qu’à sursauter. Une presseuse diabolique hantée depuis des générations qui se nourrit du sang des vierges et tue quiconque s’en approche, c’est quand même pas commun. Mais le métrage l’est encore moins lorsqu’on constate que les objets mis en contact avec ladite repasseuse sont victimes de possession et tentent eux aussi d’assassiner maintes victimes (comme ce frigo démoniaque tout à fait inutile au sein de l’intrigue).

Côté personnages, ce n’est pas vraiment la joie non plus. Un flic ultra stéréotypé qui semble débouler des polars noirs du début du siècle (cigarette au bec, il est un justicier à la grande gueule sans charisme) entiché de son acolyte hippie sur les bords et gugus dans le centre qui n’a de cesse de revenir toutes les cinq minutes avec ses préceptes religieux et ses versets bibliques. A côté des deux enquêteurs, la jeune Sherry apeurée pour un rien, un journaliste qui traine son cancer de morgue en lieu du crime et une demoiselle draguée par William Gartley (Robert Englund) qui scellera avec lui un pacte démoniaque avant de … disparaître entre deux lignes de scénar. Reste juste ce bon vieux Englund qui excelle comme à son habitude dans son rôle de sadique despotique qui passe tout son temps à gueuler sur ses employés et prier pour que ceux-ci soient engloutis par la machine infernale.

Dresser un tel tableau est quelque peu subjectif et il convient de signaler les efforts produits par Hooper pour ne pas tomber dans le nanar désolant. La machine est assez bien rendue et se situe dans un cadre extrêmement réaliste, celui des entreprises campagnardes vieillissantes avec son lot de machines ringardes et d’employés noyés sous le travail qui tiennent plus des esclaves antiques que des fonctionnaires des 35 heures. Cadre sale, fumées omniprésentes, tenues antédiluviennes : Hooper a réussi à faire évoluer son action dans une atmosphère rappelant la poix qui collait à celle du domaine de Leatherface. Le réalisateur sauve également la mise grâce aux constantes exagérations qu’il assène à l’intrigue : le patron de la blanchisserie est un personnage hors du commun tant physiquement que mentalement, la ville est un patelin de bouseux maintenus dans la misère par des politiques à la solde du patron de l’entreprise et tous les personnages (ou presque) sont frappés par cette imbécillité présumée chez toute bonne personne de province (comme l’ont récemment rappelé les dégénérés du PSG en arborant une banderole fustigeant les Nordistes en utilisant des lieux communs des abrutis nazis). La cérémonie destinée à démantibuler la machine en fin de métrage plaide en la faveur de cet humour absurde qui donne au métrage un ton plus léger et amenuisent du même coup les reproches qu’on pourrait formuler à son encontre.

La presseuse diabolique (titre peu excitant) ne marque pas un tournant décisif dans la carrière de Hooper et ajoute son nom à la liste des adaptateurs ratés de Stephen King. Le traitement absurde des propos et le charisme d’Englund ne suffisent pas à sauver un film sitôt vu sitôt oublié…

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage