Critique de film

Man from Earth (The)

"The Man from Earth"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h27
  • Musique : Mark Hinton Stewart
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

Un scientifique à l'aube de la retraite dévoile sa véritable identité : il est un immortel âgé de plus de 14 000 ans. Une révélation qui va remettre en cause toutes les croyances de son assistance...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The man from earth - L’homme sans âge
Par : Chroniqueurs

Par Nicolas Szafranski

C’est alité, sur son lit d’hôpital, que Jerome Bixby écrivit les dernières rides de ce qui va devenir son ultime scénario. Son fils, Emerson Bixby, scénariste à qui il dicta ses dernières lignes, finalisa le projet comme pour rendre hommage à son père, un des meilleurs scénariste que la S.F. ai porté. C’est ainsi qu’est né The Man From Earth, long-métrage modestement distribué mais qui est devenu, en quatre ans, une des dernières pierres angulaires du cinéma de science-fiction.

Il ne faut cependant pas s’arrêter à la facture technique de The Man From Earth pour pouvoir en apprécier tous les délicieux rouages. Certes, le manque évident de moyens transpire à l’écran qui, couplé à une photographie des plus quelconque et un accompagnement musical des plus curieux, composent un emballage assez peu avenant. Son destin, qui l’a malheureusement conduit vers les bacs de films direct-to-video, s’avère donc être assez peu étonnant compte tenu de sa robe visuelle, qui n’est sûrement pas celle dont rêvait Emerson Bixby, et encore moins son défunt père. Cependant, ce n’est pas avec les yeux que le film, et a fortiori le scénario de Jerome Bixby, se déguste, mais bien avec les oreilles. C’est donc ici que l’on pénètre le génie de son scénariste, un des principaux artisans de la réussite de séries telles que La Quatrième Dimension ou Star Trek, et également auteur du cultissime Voyage Fantastique de Richard Fleischer. Il reprend le thème du voyage qui lui est cher en lui donnant une forme plus cérébrale, celle d’un « courtroom movie » (dont l’un des plus brillants représentant demeure encore aujourd’hui le Douze Hommes en Colère de Sidney Lumet), le métrage tournant donc entièrement autour de la figure de John Oldman et de sa plaidoirie pour convaincre ses anciens collègues professeurs qu’il est âgé de 14 000 ans. La tâche sera donc aussi difficile que son concept l’est à avaler.

Alimenté par ses dialogues, le film nous livre constamment des éléments d’interrogations concernant l’identité de John Oldman. Est-il vraiment l’immortel qu’il prétend être ? Ou est-ce juste un fabulateur illuminé ? Durant toute l’œuvre, au rythme d’arguments aux raisonnements résolument logiques et de dialogues brillamment écrits, le scénariste et le réalisateur Robert S. construisent un suspens efficace, montant crescendo dans l’irréel jusqu’à remettre en cause l’existence et les préceptes philosophiques d’une des figures théologiques les plus adulées de notre humanité. Jamais pédant et se positionnant toujours à hauteur d’homme, le personnage principal n’hésite pas à avouer ses lacunes en ce qui concerne son incroyable existence, démystifiant ainsi totalement la figure préconçue d’un être immortel omniscient et supérieurement intelligent. A ses cotés, ses collègues composent un large panel, chacun d’eux recevant différemment ces arguments de façon à alimenter fiévreusement le débat. Une tension dramatique palpable jusqu’à son final qui, malheureusement (ou heureusement, c’est selon !) nous livre les clés de cette fameuse énigme.

C’est donc grâce à une science accrue du dialogue et une belle distribution que The Man From Earth parvient à briller et à se distinguer du tout venant, nous faisant alors presque oublier sa laideur technique.


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