Critique de film

The Human Centipede II : Full Sequence

"The Human Centipede II : Full Sequence"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tom Six
  • Pays d'origine : Pays-Bas, Angleterre, USA
  • Scénariste : Tom Six
  • Musique : James Edward Barker
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  • Bande annonce
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  • Casting : Laurence R. Harvey, Ashlynn Yennie, Dominic Borrelli, Georgia Goodrick, Lucas Hansen, Emma Lock, Dan Burman
  • Récompenses : --

The Human Centipede 2 raconte l'histoire d'un homme s'éveillant sexuellement à un fantasme nouveau pour lui, basé sur la dégradation, la torture, la mutilation et le meurtre de ses victimes.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The human centipede : Full Sequence - Des pieds et des mains
Par : Damien Taymans

Au lendemain de la projection de son The Human centipede : First Sequence, Tom Six promettait un second opus plus trash mettant en scène un mille-pattes composé de douze humains. Tout semblait pourtant dit dans le premier épisode : le docteur Heiter (Dieter Laser), descendant lointain de Mengele, transformait trois bipèdes, à grands renforts de coupures et de boutures orchestrées avec minutie, en un myriapode à douze pieds. Que fallait-il donc attendre de la multiplication des pattes sinon une livraison stérile amputée du moindre effet de surprise ?

La stérilité, cheval de bataille du savant fou Heiter dont la maison transpirait le Dethol, est au contraire la grande absente de The Human centipede : Full Sequence. Tom Six, afin de ne pas provoquer l’emmêlement des jambes de son nouveau centipède, prend le contrepied complet de sa précédente œuvre. Pieds adéquatement coincés dans les étriers, le réalisateur abandonne les opérations proprettes reléguées hors-champ par un chirurgien confirmé pour leur préférer des séquences glauques abordant frontalement dissections et charcutages opérés par un amateur emmanché adepte du matériel de cuisine. Quand le premier film était en couleurs et d’une propreté impeccable, celui-ci bénéficie d’un noir et blanc en phase avec le sordide entrepôt où le maboul Martin perpétue ses exactions. Alors que la première séquence renforçait l’aspect fictif du récit, cette seconde partie opte pour un réalisme dérangeant au prix d’une mise en abyme des plus réussie.

Martin (Laurence R. Harvey), gardien de parking obèse et demeuré, est l’antithèse de celui qu’il prétend imiter. De son fétichisme du premier film et des mille-pattes en général naît l’horreur pure dont il semble être lui-même la victime depuis des années dans un cadre familial qui l’ostracise et le manipule. La garantie médicale totale affichée par le film de Tom Six attire ce nouveau cobaye dans une folie dévastatrice stigmatisée par de nombreux passages évocateurs. En quelque sorte, Martin coupe l’herbe sous les pieds de Tom Six en devançant sa démarche créative et en sacrifiant une douzaine d’hominidés primaires (dont l’une des actrices du premier film, Ashlynn Yennie, à qui il offre le rôle de sa vie) à ses obsessions plus artistiques que carnassières. Cette schizophrénie constitue un bouleversant et écœurant plaidoyer en faveur du travail du cinéaste qui semble régler ses comptes avec une certaine critique frigide à l’expérimentation sitôt qu’elle dépasse le cadre de la bienséance.

En définitive, Tom Six prouve qu’il se situe bien en marge des rouages de l’industrie cinématographique traditionnelle, effectuant au passage un pied-de-nez aux censeurs de tous horizons désireux de bannir cette deuxième fournée résolument plus caustique. The Human centipede : Full Sequence se montre tantôt plus gratuitement glauque et morbide tantôt plus intrigant et intéressant que son prédécesseur. C’est là tout le talent du Néerlandais qui adresse avec cette seconde livraison un croche-pied à ses détracteurs.


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