Critique de film

The Children

"The children"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tom Shankland
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h24
  • Scénariste : Tom Shankland, Paul Andrew Williams (nouvelle)
  • Musique : Stephen Hilton
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Rachel Shelley, Stephen Campbell Moore, Eva Birthistle, Jeremy Sheffield, Hannah Tointon
  • Récompenses : Aucune

Deux soeurs se retrouvent avec leurs maris et leurs enfants pour passer le réveillon du Nouvel An dans un cottage isolé. Mais la fête dégénère lorsque l’un des enfants commence à présenter des signes de maladie. Il ne tarde pas à contaminer les autres gamins qui se mettent à sauvagement attaquer leurs parents…

Les critiques à propos de ce film

Critique de The children - Attention, enfants !
Par : Damien Taymans


Afin de célébrer en famille le réveillon, deux sœurs se rendent, avec maris, enfants et bagages, dans un petit cottage isolé. Sorties en luge, édification de bonshommes de neige, repas conviviaux, tout est en place pour passer des fêtes de la meilleure manière qui soit. Malheureusement, cette situation idyllique dégénère : l’un des moutards présente des signes de maladie et contamine ses congénères hauts comme trois pommes…

Réalisé par Tom Shankland, auteur de l’intéressant polar noir Waz, et adapté d’une nouvelle de Paul Andrew Williams, The children semble s’inscrire dans la continuité d’Eden Lake, survival britannique dans lequel des ados en déroute menaient la vie dure à un couple d’étrangers venus passer un week-end paradisiaque sur les rives d’un splendide lac. Parallèle d’autant plus aisé que les deux produits émanent de la même patrie et possèdent, sur le papier du moins, un pitch quasiment similaire. Pourtant, les écarts entre l’œuvre de Watkins et celle de Shankland sont nombreux. The children s’enfonce plus profondément dans le politiquement incorrect en optant pour de plus jeunes enfants, censés symboliser l’innocence et en recourant à un resserrement du cadre puisque la violence se manifeste à l’encontre des membres du noyau familial direct (et plus vis-à-vis d’étrangers, émanant de la grande ville de surcroît). A cet égard, la péloche de Shankland renvoie davantage aux Révoltés de l’an 2000 (dont le problème substantiel était formulé plus précisément dans le titre original, ¿Quién puede matar a un niño ?) qu’aux nombreuses autres créations se centrant sur les exactions d’enfants maléfiques prétendument guidés par la volonté de Satan ou par une force extraterrestre.

Lentement, insidieusement, le réalisateur installe son cadre et prend du coup le contrepied des productions actuelles qui enquillent dès les premières minutes une série de meurtres et négligent la tension pure et simple au profit de l’hyper-tension. Chaque séquence est ponctuée de faits en apparence anodins qui contribuent à l’instauration une atmosphère dense, malsaine. Un climax encore renforcé par les vomissements des enfants et par leurs airs aussi troublants qu’ingénus. Puis survient l’apothéose suite au premier accident. La tension devient hystérique, le brouhaha des gamins qui pleurent de concert ruinent les tympans et mènent à un chaos sonore qui mène à la démence. A partir de cette scène charnière extrêmement graphique, le rythme accélère considérablement jusqu’à provoquer l’essoufflement du spectateur qui ne dispose d’aucun temps mort pour reprendre sa respiration. Ereintant et flippant, The children se dote en outre d’une véritable caractérisation de ses personnages qui ne se résument pas à de vagues clichés mais possèdent une aura résolument réaliste. Les adultes, à mille lieues des modèles d’autorité et d’éducation, luttent pour le maintien de l’ordre et laissent éclater au grand jour leurs failles face à une situation dont ils n’ont plus la maîtrise. Bloquée entre des parents déboussolés et une troupe d’enfants maléfique, la jeune Casey, sous ses allures d’ado rebelle, paraît pourtant être la plus saine d’esprit et la plus à même d’enrayer le carnage.

The children ne se contente nullement de reprendre une trame élimée mais réinvente relativement la thématique. En plus d’être irrévérencieuse et de mettre une bonne mandale à la bienséance (les gamins meurent sous l’œil de la caméra notamment), la péloche de Shankland s’avère être l’une des plus flippantes de ces dernières années. Une efficacité telle qu’on pardonnera les quelques approximations qui surviennent ponctuellement çà et là.


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