Critique de film

The Visit

"The Visit"
affiche du film
  • Genre : Epouvante, Horreur
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h34
  • Budget : 5 millions de dollars
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Deux enfants sont envoyés passer une semaine en Pennsylvanie, dans la ferme de leurs grands-parents. Mais lorsque l'un d'eux découvre qu'ils sont impliqués dans quelque chose de profondément dérangeant, leurs chances de retour s'amenuisent de jour en jour.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Visit - Week-end en famille
Par : Seb Lecocq


Il y a quelque chose d’infiniment triste dans le fait de voir M. Night Shyamalan s’associer avec l’escogriffe Jason Blum et sa boite de production. Il est accablant aussi de voir le réalisateur de Sixième Sens se lancer, un peu par dépit, dans le found footage, genre ultra rentable au box-office de l’horreur grâce à son très faible coût de production. Deux éléments qui règnent en maître sur le box-office de l’horreur mais qui ne garantissent pas, loin de là, la qualité artistique minimale à ses spectateurs.

La carrière de Shyamalan est éminemment cinématographique. Elle suit à la lettre le canevas du « Rise and Fall » à la Rocky. Un homme parti de rien ou presque, qui s’installe tout en haut du système hollywoodien avant de lentement régresser jusqu’à chuter violemment suite à ses deux derniers films. S’il n’est aujourd’hui pas un paria, l’étoile du cinéaste d’origine indienne a clairement cessé de briller. Il y a quelque chose de triste mais aussi de beau, à le voir repartir presque de zéro avec un petit budget et une poignée d’acteur. Shyamalan qui dirige un found footage ou un film en caméra subjective est une hérésie absolue tant son style de mise en scène ne s’accorde en rien à ce format. Il est un homme qui cadre au millimètre, qui installe une atmosphère par sa mise en scène et ses très légers mouvements d’appareil. C’est surtout quelqu’un qui maitrise le hors champ comme personne. Ici, rien de tout cela n’est maitrisé et The Visit est totalement bancal, trop bien filmé que pour être crédible une seconde en tant que first person movie et pas assez mis en scène que pour faire honneur à son immense talent. D’emblée, le film diffère du tout-venant par ses cadres et sa lumière. Le film est plus beau et propre que 99% des autres œuvres du genre, ce qui paradoxalement joue contre lui car il perd en crédibilité d’entrée de jeu. Le format est bâtard et le réalisateur ne sait point trop comment s’en dépatouiller et adopte, certainement contre son gré, les codes du genre, à savoir des digressions sur l’intrigue, des personnages qui font les idiots devant la caméra, de nombreux temps morts et une répétition de l’action vite rébarbative. Il est très difficile, pratiquement impossible même, d’innover dans cette configuration et Shyamalan, s’il réussit imposer par moment son style, n’y parvient pas lui non plus.

The Visit tient plus ou moins la route grâce à ses personnages réussis et attachants. C’est dans l’écriture que l’on retrouve le metteur en scène que l’on a aimé : des personnages crédibles avec leurs failles, leurs secrets et leur humanité. On le retrouve aussi dans le background, le contexte du film : une grande maison isolée, la campagne américaine, l’américain moyen et la famille monoparentale/recomposée. Les grandes thématiques de son cinéma sont présentes mais le format ne lui permet pas de les exploiter à sa guise, ce qui donne un film très frustrant. Si on ne frissonne pas un seul instant, on ne s’ennuie pas non plus, on suit ça d’un œil distrait, sans vraiment se prendre au jeu mais sans non plus rejeter tout en bloc.
Pendant longtemps, Shyamalan a rimé avec twist et comme pour symboliser ce retour aux sources, The Visit possède lui aussi son petit twist sympathique. Pas de quoi se relever la nuit mais cet ultime retournement permet d’apporter un regard un peu différent, un peu plus effrayant sur l’histoire.

Dans les faits, The Visit se place dans le très haut du panier du found footage mais Shyamalan vaut mieux que ça, mieux qu’un Jason Blum, mieux qu’un film en caméra subjective, mieux que The Visit qui ressemble plus à un ersatz de son début de carrière qu’à autre chose. Il reste de l’espoir, il n’a que 45ans, Rocky Balboa à lui attendu d’avoir 59 ans avant de remonter vraiment sur le ring.


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