Critique de film

The Tattooist

"Ta-tu-i seu-teu"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 1h32
  • Musique : Kim Min-tae, Song Jun-suk
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Soo-na est une véritable artiste en matière de tatouages. Pourtant, un de ses clients, Ji-soo, adepte d’une technique de tatouage révolue, insiste pour se faire coudre le visage de Médusa entre les omoplates, obligeant Soo-na à revenir régulièrement afin qu’il rajoute une tête de serpent à la fois. Les appels de ce client tombent à chaque fois qu’une jeune fille disparaît dans les environs…

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Tattooist - Tatoue-moi sur tes saints
Par : Damien Taymans


Considérée comme la De Vinci du tattoo dans toute la Corée du Sud, Soo-na est une véritable artiste à pigments colorés : tous ses clients l’ont dans la peau et sont prêts à payer une petite fortune afin d’avoir l’un de ses crobards sur l’épiderme. Pourtant, il y a un zigue dans son carnet d’adresse que Soo-na a du mal à encadrer : il s’appelle Ji-soo, la paie grassement pour se faire poinçonner le dos à domicile et la reluque systématiquement comme un marin aux abois qui n’a plus foulé de gazon depuis perpète. Adepte d’une technique de tatouage révolue (because ça fait un mal de gueux), Ji-soo insiste pour se faire coudre le visage de Médusa entre les omoplates, obligeant Soo-na à revenir régulièrement afin qu’il rajoute une tête de serpent à la fois. Mais ce qui fait vraiment baliser notre tatoueuse, c’est que Ji-soon l’appelle pour une nouvelle gueule de reptile à chaque fois qu’une jeune fille disparaît dans les environs…

L’évocation du pitch de ce Tattooist laissait présager un thriller sud-coréen vicieux, aussi torturé que ses personnages, saupoudré de quelques épanchements érotiques, possiblement bandulatoires. Hélas, le caleçon ne connaîtra aucun tressaillement devant ces séquences d’un érotisme fadasse et frileux. Fonctionnant à contre-courant du polar sadique Les Nuits rouges du bourreau de Jade, le film de Lee Seo (The Missing Person) se contente d’effleurer les penchants masochistes du tueur, accro aux tatouages cousus pour sentir jusqu’à l’ivresse cette destruction dermique. Lee Seo laisse désirer un assassin iconique et tourmenté, shooté à l’adrénaline de la souffrance et dépeint au final une brute sans charisme ni relief interprétée tièdement par Song Il-guk. A ses côtés, une tatoueuse à la main baladeuse et aux motivations étranges qui prend plaisir à incorporer à son encre du venin pour enhardir ses clients sitôt qu’ils passent au pieu, les poussant même à le prendre pour défoncer le partenaire. En guise de satellite, un flicaillon gravite autour de ces deux acharnés de la couture pour faire la peau (décidément) à ce mystérieux assassin qui aime répandre l’hémoglobine.

A mesure que le scénario progresse et tente de développer ce trio de personnages, il se lézarde, découvrant de nombreuses impasses narratives que l’auteur tente de calfeutrer pour revenir continuellement à sa sainte trinité. The Tattooist est un exercice raté, qui se veut stylisé mais se montre trop académique, dont le scénario est censé explorer les délices de la souffrance mais se contente d’une caresse anodine et d’un érotisme inoffensif. Il arrive parfois aux Coréens de bander mou : The Tattooist en est la parfaite illustration.


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