Critique de film

Instinct de survie

"The Shallows"
affiche du film

Nancy part surfer en solitaire. Alors qu’elle est dans une zone particulièrement isolée, elle se retrouve coincée sur un minuscule récif, alors qu’un énorme requin blanc évolue entre elle et le rivage le plus proche...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Shallows - Les dents de la vague
Par : Samuel Tubez




Les requins ont la dent (de la mer) dure au cinéma : gavés aux envahissants Sharknado ces dernières années, on avait presque oublié qu’être confronté à un grand blanc dans son milieu naturel, ça pouvait être sacrément angoissant. Heureusement, Jaume Collet-Serra est là pour nous faire reprendre notre sérieux.

Pour ce faire, le réalisateur, que l’on préfère voir aux commandes de thrillers horrifiques plutôt qu’à ses actioners interchangeables mettant en scène Liam Neeson, prend des ingrédients très basiques : une plage paradisiaque, une surfeuse sexy et un requin blanc lui suffisent à livrer un survival efficace parfaitement digne du sous-genre qu’il représente. Il agrémente le scénario d’Anthony Jaswinski (L’empire des ombres) d’une pincée de trauma par le biais des résonnances sur l’héroïne du deuil de sa mère, et le tour est joué ! Le parallèle, facile, avec le futur combat pour la survie de notre surfeuse Nancy est obtenu. Classique. La construction du récit et les événements survenant au fil de l’intrigue sont du même acabit : d’abord notre sportive de l’extrême s’éclate sur les vagues, ensuite elle est immobilisée sur un rocher suite à une sérieuse blessure à la jambe provoquée par le squale et elle se rend vite compte qu’elle ne pourra compter que sur sa détermination et son instinct de survie (une fois de plus brillant, le titre français !) pour se tirer d’affaire. Déjà vu et revu.
N’empêche, à l’aide de son très bon directeur photo Flavio Martinez Labiano (Le jour de la bête, Timecrimes), Jaume Collet-Serra emballe le tout dans un écrin de toute beauté et avec une belle efficacité. Sa mise en scène maintient le juste niveau de tension et, au détour de l’une ou l’autre séquence, il fait même preuve d’un réel talent pour procurer au spectateur quelques images marquantes qui le poursuivront au-delà de la séance (la première attaque qui submerge notre héroïne dans une eau qui devient progressivement rouge sang, un demi-corps rampant sur la plage,…). De plus, il a la bonne idée de dévoiler parcimonieusement son impressionnant requin (entièrement numérique, joli exploit de l’équipe Scanline VFX) et de ne jamais en faire trop, du moins jusqu’à un final un chouia démonstratif mais somme toute assez jouissif. En mode survie, Blake Lively se mouille volontiers, assurément sculpturale mais aussi très impliquée dans un rôle physique qui lui permet de prouver qu’elle a les épaules pour endosser d’autres premiers rôles d’envergure.

The Shallows est donc un digne représentant de la sharksploitation qui nous change agréablement des nanars putassiers produits à la chaîne par The Asylum et SyFy. Il ne réinvente certes rien mais forme un survival aquatique suffisamment efficace pour assurer le spectacle et maintenir la tension durant 85 minutes serrées aux côtés d’une Blake Lively aussi battante qu’affriolante.


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