Critique de film

The Phone

"Deo Pon"
affiche du film
  • Genre : Action, Thriller, Fantastique
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 1h54
  • Musique : Juno Lee
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Un homme a le coeur brisé depuis le décès de sa femme. Une anomalie du champ magnétique lui permet de discuter avec sa femme depuis le passé. Peut-il prévenir son meurtre ?

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Phone - Phone Game
Par : Damien Taymans


"Ecoute, maman est près de toi ?

Tu peux lui dire maman, c’est quelqu’un pour toi ?

D’accord monsieur, mais ma maman est coincée dans une autre dimension temporelle, ça ne vous gêne pas ?"

Avec de tels échanges, peu de chance que le classique de Claude François passe à la postérité. Pourtant, le couplet colle à merveille pour résumer l’histoire de Dong-ho. Avocat à deux doigts de se reconvertir dans le milieu pharmaceutique, il fête ce virage carriériste avec quelques-uns de ses ex-collègues. Pendant ce temps, sa femme se fait tranquillement trucider à la maison. Un an plus tard, son téléphone sonne : sa femme est au bout du fil et lui récite tous les dialogues qu’elle avait proféré un an plus tôt : Dong-ho voit là l’occasion de lui sauver la vie...

Après Vétéran, une autre péloche sud-coréenne remet tout le monde au même diapason dans les travées du BIFFF : The Phone est déjà une seconde preuve dans cette cuvée que le Pays du Matin calme reste l’eldorado du thriller. Pour son premier film, Kim Bong-joo reprend les codes du genre et les mâtine d’un zeste de fantastique en permettant aux protagonistes, chacun coincés dans des années différentes, de cohabiter par le truchement d’un smartphone. Ces petits bijoux qui ont totalement changé la face du monde et de la communication deviennent ici le tremplin pour qu’un couple, séparés par la mort, se retrouvent virtuellement et se montrent proactifs pour changer le cours des événements qui se sont déroulés. Dong-ho guide son épouse afin d’éviter le meurtre et lui dicte les comportements à adopter, tandis que le présent se trouve directement influencé par ces modifications.

Une reproduction de la trame narrative de Fréquence Interdite aromatisée d’un brin de The Caller et d’une pincée de The Chaser font de ce The Phone une œuvre survitaminée, naviguant avec aisance et clarté entre les différentes strates temporelles que nécessite le scénario. Avec habileté, Kim Bong-joo évite soigneusement les incohérences et pièges liés à l’effet papillon ainsi que les paradoxes de ces expéditions temporelles. C’est cette écriture soignée qui fait la grande force de l’œuvre : aucune tergiversation en sous-intrigues infécondes, le script s’il englobe une pluralité de personnages et s’attache à décrire la destinée de chacun, file droit. La course contre le temps a beau être multi-strates, elle demeure haletante en collant aux basques de ses protagonistes qui s’évertuent à accomplir leur mission (sauver l’épouse ou l’assassiner).

The Phone est l’une des belles surprises de ce millésime 2016. Un thriller prenant qui vous prend à la gorge pour ne vous lâcher qu’au générique de fin. De quoi terminer à bout de souffle

Concours

Sondage