Critique de film

The Neon Demon

"The Neon Demon"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Epouvante
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA, France, Danemark
  • Durée : 1h57
  • Musique : Cliff Martinez
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d'autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Neon Demon - Fashion victim
Par : Samuel Tubez

A l’image du décevant Only God Forgives, The Neon Demon a reçu les sifflets des festivaliers à Cannes. Ce qui est parfois bon signe. Parfois seulement…

Nicolas Winding Refn (qui pose désormais sa signature tel un génie de la haute couture : NWR) a donc, sous la pression de son épouse Liv Corfixen, finalement tourné son nouveau film à Los Angeles plutôt qu’à Tokyo (cfr. Le documentaire My Life directed by Nicolas Winding Refn pour plus de détails). Un cadre qui sied à merveille au culte de la beauté et de la perfection que le réalisateur de Drive pousse ici jusqu’au paroxysme. Toute la superficialité et la convoitise véhiculée par l’univers de la mode entourent l’ascension de la nouvelle-venue Jesse (Elle Fanning) qui va très vite goûter à l’écœurante jalousie de ses rivales.

Dès l’entame, NWR enchaîne les images sophistiquées et figées, faisant ainsi écho aux photographies de mode et autres publicités glamour. Il nous y plonge à coups de stroboscopes et de lumières hyper contrastées avec une netteté clinique qui ne fait que renforcer la froideur d’un univers qu’il a décidé de nous rendre une fois de plus cauchemardesque. Poussé à l’extrême et tournant à vide, le formalisme radical de NWR s’auto-dévore dans The Neon Demon, ne laissant que trop peu de place au développement, quasi inexistant, des personnages et ne servant que la noirceur voire le mauvais goût que le réalisateur a choisi d’illustrer de la façon la plus poseuse qui soit. Difficile d’être absorbé par cet objet arty aussi séduisant que le Diable en personne mais qui ne raconte malheureusement pas grand-chose, et prend en outre bien trop de temps à le faire. Un court métrage sur le sujet ou plutôt un clip, puisque l’image et l’excellente bande son signée une fois de plus Cliff Martinez y font penser, aurait amplement suffit…. Las, on finit par n’avoir cure du destin cannibalisé de Jesse (dommage, Elle Fanning parvient à être aussi convaincante quand il s’agit d’incarner la pureté absolue que lorsqu’elle se transforme en objet de tous les désirs) et, entre la fascination et l’ennui que suscite désormais chacune de ses œuvres, on optera cette fois franchement pour la seconde option. RDV manqué NWR !

Pas loin d’être aussi beau et vide qu’une pub pour un parfum (NWR s’était entraîné pour Gucci, faut dire), The Neon Demon a beau adopter le ton de la métaphore extrêmement satirique aux somptueux contours cauchemardesques, il nous laisse totalement hermétique et indifférent face à l’univers et aux personnages qu’il dépeint. La virtuosité ainsi que l’exigence du réalisateur forcent toujours le respect mais pourraient très vite devenir difficile à digérer à force d’excès.


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