Critique de film

The Marriage of Reason & Squalor

"The Marriage of Reason & Squalor"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Fantastique
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Angleterre, Barbade
  • Durée : 1h27
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Une jeune femme visite l'île que son fiancé lui a offert comme cadeau de mariage et découvre qu'elle est remplie de surprises...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Marriage of Reason and Squalor - Drôles de noces
Par : Damien Taymans


Chladmydia Love est une fille chanceuse : à un anneau près, elle est l’épouse d’un chirurgien doté de doigts en or massif capables de vous transformer les Bogdanov en délicieux éphèbes. Pas pingre pour un sou, le futur mari offre en sus dans le package mariage parfait rien de moins qu’une île tropicale à Chlamydia. En attendant que le prince charmant veuille bien montrer le bout de sa truffe, la donzelle écume les plages de sable fin et découvre les autochtones qui crèchent dans ce paradis. Et il y a du lourd : un génie au bulbe astronomique, un conducteur de charrette sans la moindre énergie et une kyrielle de fleurs et d’animaux exotiques...

Logiquement versé dans la compétition 7ème parallèle au BIFFF, The Marriage of Reason and Squalour (soit de la raison et de la crasse) se pose d’emblée comme un OFNI, une œuvrette marginale qui augmente constamment le curseur de l’approximation en réclamant de ses comédiens qu’ils cabotinent à outrance et en composant des tableaux surchargés aux agencements chromatiques douteux. Le scénariste-réalisateur Jake Chapman adapte pour le coup l’un de ses propres romans, le dotant d’une mise en image très bédéesque pour renforcer le surréalisme de cette fresque parfumée à l’eau de rose sous un épais vernis de causticité. Car, à mesure que le scénario se déroule, l’eau de rose se dissipe, corrodée par des bouilloires entières d’humour noir minant chacun des "freaks" qui déambule dans ce décor enchanteur.

Bien que... Même la nature semble faire défaut : l’île en question compte un volcan prêt à entrer en éruption et s’avère bien moins paradisiaque qu’il n’y paraissait. Peu à peu, le conte de fées se délite et Alice se retrouve perdue dans un pays des merveilles rempli de personnages secoués du bulbe. Une faune dominée par un étrange savant plagiocéphale qui trône dans une immense tour au milieu de l’île et pour lequel l’héroïne semble nourrir quelque désir, en dépit de son apparence. Alice au pays des merveilles verse lentement dans La Belle (encore que) et la Bête tandis que le conteur dessine sans cesse des ponts narratifs vers une autre dimension, une autre réalité, sans pour autant que cela soit bénéfique pour une intrigue bordélique qui évolue fébrilement tel un funambule entre la mièvrerie dont elle est censée se moquer et le sarcasme qui de temps à autre semble se dissiper.

Totalement "autre", The Marriage of Reason and Squalour est une fable qui tourne en rond au risque de se mordre la queue et cultive le flou quant à ses intentions pour mieux balader le spectateur. Hélas, au premier port, ce dernier a déjà embarqué pour d’autres contrées plus pittoresques. Un coup dans l’eau malgré l’investissement du tandem de comédiens Rhys Ifans (le coloc lourdingue de Notting Hill) et Sophie Kennedy Clark (la B du dyptique Nymphomaniac).


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