Critique de film

The Girl with All the Gifts

"The Girl with All the Gifts"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Angleterre, USA
  • Durée : 1h52
  • Musique : Cristobal Tapia de Veer
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un petit groupe d’enfants, immunisés contre un terrible virus qui risque de décimer l’humanité, est détenu dans un camp militaire. Bien qu’ils se nourrissent eux aussi de viande humaine, les enfants sont encore capables d’éprouver des sentiments. Ils sont donc essentiels à la recherche menée par docteur Caldwell, biologiste, pour trouver un vaccin capable de sauver l’espèce humaine. Parmi les enfants, une petite fille, Melanie, sort du lot: dotée d’un esprit brillant, elle est très liée à la maîtresse, Miss Justiniau. Quand le camp est attaqué par les zombies, le petit groupe entame une terrible odyssée dans une Grande-Bretagne en ruine. Melanie, l’ancienne prisonnière, devient un précieux guide…

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Girl with All the Gifts - It’s Alive !
Par : Damien Taymans


Mélanie mène une existence propice à l’épanouissement physique et moral, une vie dont rêveraient indubitablement toutes les petites filles de son âge. Réveil à l’aube par quelques coups dans une porte, sanglage à une chaise roulante par des militaires armés jusqu’aux dents, accompagné de quelques flots de mots doux tels que "foutu avorton", éducation scolaire en compagnie de ses congénères à roulettes pour y apprendre l’entièreté du tableau périodique des éléments et repas composé d’asticots vivants. Du Club Merde en boîte. Pourtant, Mélanie ne se laisse pas démonter parce qu’elle a une raison de vivre : sa magnifique instructrice semble nourrir quelques émotions à son égard et lui a même caressé les cheveux. Mélanie est une privilégiée. Surtout pour une zombie dont le cerveau est bouffé par un champignon et qui s’agite comme un chien fou dès qu’elle sent de la chair fraîche...

Le Britannique Mike Carey, auteur de quelques arcs narratifs de séries comics telles que Ultimate Fantastic Four et X-men, compose de ses mimines The Girl with All the Gifts, petite révolution littéraire qui entrevoit l’apocalypse zombie à travers les yeux d’une mioche aussi attachante que monstrueuse. C’est ce qui fait le sel de l’oeuvre originelle et de son adaptation cinématographique, scénarisée par l’auteur, placer l’enfant au centre de ses préoccupations, dans un monde qui perd ses repères et voit doucement l’humanité remplacée par une espèce bestiale qui ne répond qu’à des instincts alimentaires. D’emblée, le spectateur est, à l’instar de la préceptrice incarnée par Gemma Arterton (Quantum of Solace, Hansel & Gretel : Witch Hunters), amadoué par le joli minois de la petite Mélanie (Sennia Nanua) et se laisse davantage guider par cet être en apparence frêle et innocent qu’il ne se préoccupe des enjeux apocalyptiques dépeints comme toile de fond.

En somme, le script ferre le spectateur et le contraint à s’attacher à une créature hybride, potentiellement dangereuse, qui quitte progressivement ses sourires enjôleurs pour revêtir les frusques de la chef de meute, de la prédatrice capable de tout pour protéger les siens. Mais à se focaliser par trop sur ce personnage et sur les interactions avec les membres de son convoi de survivants (deux militaires, une scientifique (Glenn Close) obnubilée par son désir de créer un vaccin et la gentille instructrice), le récit en oublie constamment les autres enjeux dramatiques mis en place et se perd dans ses banlieues londoniennes dévastées d’autant plus évocatrices des paysages ukrainiens post-Tchernobyl que les prises de vue y ont été réalisées. Naïvement, pour donner du corps à son oeuvre et atteindre son objectif, le scénar’ accumule dans sa dernière partie une série de faux pas qui amenuisent la crédibilité du récit pour s’enfoncer un peu dans le terreau traditionnel des attaques zombiesques.

Auréolé du Prix du public à Gerardmer, The Girl with All the Gifts constitue une proposition rafraîchissante dans un sous-genre si (mal) exploité qu’il en devient désolant. En s’attachant au regard de l’héroïne haute comme trois pommes, McCarthy (Outcast) et Carey composent une peinture intimiste prenante mais négligent les autres aspects du scénar’ en multipliant les enjeux (la nature fongique de l’épidémie, la survie de l’humanité, la cohabitation, le vaccin) dans une dernière partie trop étirée.


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