Critique de film

The Forest

"The Forest"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h33
  • Budget : 10 millions de dollars
  • Musique : Bear McCreary
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un jeune américain enquête sur la disparition mystérieuse de ses sœurs jumelles. Il est bientôt amené à entrer dans la forêt d'Aokigahara, au Japon, celle où les gens partent finir leurs vies...

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Forest - Perdu dans les bois
Par : Nicolas Hainaut




Après s’être fait remarquer par l’inventivité de son application horrifique Take This Lollipop, sensibilisant les utilisateurs des réseaux sociaux sur la divulgation de données personnelles, Jason Zada se fourvoie avec The Forest dans une aventure mortifère où s’entremêlent forces fantomatiques et balades en forêt.

La mise en place du pitch se résume à quelques séquences débridées – souper de famille, coup de téléphone, départ en avion, visite d’une chambre – qui intègrent Sara au cœur de la célèbre forêt nippone des suicides (Aokigahara). Incarné par Natalie Dormer (Game of Thrones, Hunger Games), le personnage central ne semble jamais en mesure d’assumer la direction d’une histoire symptomatiquement balisée. Sa psychologie oscille constamment entre une assurance maladroite et une hystérie peu affûtée, laissant le spectateur sur la touche quant à une éventuelle implication émotionnelle. Etant marquées par la disparition de sa sœur, les intentions de Sara en deviennent instantanément identifiables sans jamais s’éloigner d’une logique évidente. Cette mise en situation archétypale ne tient pas la route et l’apport du personnage interprété par Taylor Kinney, Aiden, ne fait que conforter ce sentiment.

Les deux personnages sont donc incrustés dans une mécanique trop bien rodée, qui laisse transparaître allègrement les références cinéphiliques de Zada. Le survival (le double jeu supposé d’Aiden) ; le film de fantôme (l’esprit de The Ring n’est jamais loin), de cabane dans les bois (apparaissant soudainement sans utilité apparente), s’entrechoquent dans un patchwork peu gracieux des codes emblématiques du cinéma d’horreur. Pas de renouvellement proposé, d’interrogations offertes. The Forest se limite à une galerie de motifs horrifiques ne guidant vers aucune issue. La référence ultime à l’univers de Sam Raimi résume symboliquement l’incompréhension qui entoure la démarche de Zada. Chez Raimi, la destinée des protagonistes s’inscrivait dans l’ordre naturel de récits assumés et particulièrement exaltants. Mais chez Zada, qu’adviennent finalement ces personnages ? Leur utilité elle-même semble, dans cette optique, logiquement remise en cause (les hallucinations de Sara n’entravent jamais la résolution d’une énigme fantasmagorique beaucoup trop lourde).

A l’image de ses personnages, pourchassés par les âmes névrosées de fantômes, les intentions de Zada semblent hantées par les démons du cinéma d’horreur. Où est passée l’intrépide originalité qui l’habitait jusqu’ici ? Espérons que l’artiste américain parviendra à redresser la tendance, en proposant des œuvres novatrices et inspirées. Laissons The Forest là où il mérite sa place, dans les tréfonds accablants d’un imaginaire pourtant prometteur.


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