Critique de film

The Door

"The Other Side of the Door"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Angleterre, Inde
  • Durée : 1h36
  • Musique : Joseph Bishara
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu'à ce qu'un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils. La mère, inconsolable, apprend qu'un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu. Elle voyage alors jusqu'à un ancien temple, où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts. Mais quand elle désobéit à l'avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte, elle bouleverse alors l'équilibre entre les deux mondes.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Door - Notre belle famille
Par : Seb Lecocq

Petit à petit, Alexandre Aja est en train d’épuiser tout le crédit qui était le sien après Haute Tension et La Colline a des yeux. Que ce soit en tant que réalisateur ou en tant que producteur, aucun de ses projets récents n’a vraiment convaincu. The Door, nouvelle production horrifique estampillée Aja, si elle n’est pas honteuse, ne risque pas de remonter la côte du fiston d’Alexandre Arcady dont l’adaptation de Cobra se fait toujours grandement attendre.

Détail qui n’est pas des moindres : l’histoire de The Door se déroule en Inde. L’exotisme est toujours une bonne occasion pour les scénaristes médiocres en mal d’inspiration de balancer tout un tas de clichés sur ces étranges contrées non hollywoodiennes encore un peu sauvages et reculées. Il suffit de se souvenir de The Green Inferno pour s’en convaincre. Pour un Européen, l’Inde est un étrange pays, encore très arriéré, pétri de traditions et de coutumes ancestrales et occultes. Un peu comme si nos grands-mères, ici, en banlieue, pratiquaient encore couramment l’alchimie dans leurs buanderies, entre deux préparations de confiture de fraises. Voilà qui pose le background de cette série B sans grand intérêt, disons-le tout net.

Notre belle famille, à peine installée, va être confrontée au drame avec la mort de leur enfant. Dévastés, les jeunes parents vont tout tenter pour ramener leur enfant et forcément, tout ça ne va pas bien se terminer. Johannes Roberts tire profit du folklore local pour ramener l’esprit du défunt et son film, qui s’enlise déjà dans l’ennui poli, à la vie et confronter son couple d’occidentaux aux mystères et à l’occultisme indien. Dans les faits, on est face à une trame qui n’est pas sans rappeler celle de Wake Wood, solide production Hammer sortie en 2011 qui parvenait à se démarquer par son atmosphère païenne et une vision de la parentalité assez intéressante. C’est un peu le cas ici aussi, grâce à la relation à la fois étrange et malsaine qui naît entre la mère et son enfant. Un rapport mère/fille qui nourrit le récit bien plus que les scènes horrifiques balisées qui ne semblent même pas convaincre le metteur en scène lui-même alors qu’il se montre capable de shooter quelques jolis plans et d’emballer le tout très correctement. Aucun génie certes mais un professionnalisme efficace de bon yes-man de la série B car, malgré un budget confortable et une sortie en salles en France, The Door n’est rien d’autre qu’une série B calibrée pour le marché du dtv et de la location.

Le métrage, s’il reste cohérent en termes de mise en scène et d’esthétique, hésite entre plusieurs genres, plusieurs styles horrifiques. Horreur psychologique, ghost story, films de possession, l’amateur y trouvera forcément son compte à un moment ou à un autre, concernant la cohérence globale de l’ensemble beaucoup moins. Si la réalisation tient la route, le bât blesse au niveau de l’intrigue dépeint dans un scénario plus prompt à enfiler les perles et les clichés que les vraies bonnes idées. Dans ce gloubi-boulga se dépatouille un casting qui fait ce qu’il peut, correct et juste mais là encore sans aucun génie ni vraie bonne idée de jeu.

The Door est une série B de plus qui vient occuper les salles de cinéma pendant une semaine ou deux, profitant de l’absence momentanée de grosses machines pour engranger quelques entrées. C’est toujours bien pour le cinéma d’horreur même si dans les faits et malgré les efforts de Johannes Roberts, son film n’offre rien de plus qu’un cahier des charges respecté à la virgule près. Une œuvre où tout est dans la moyenne, rien de fabuleux, rien de honteux. Vite consommé, vite oublié. Pour une soirée horreur parents/enfants, on préférera Mister Babadook ou Citadel.


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